Six mois, à peine, après la clôture de la seconde session du synode sur la famille en octobre 2015, le pape François divulgue son exhortation apostolique sous le signe de la joie et de l'amour. Voici Amoris laetitia, promulguée le 8 avril 2016. Et le pape de prévenir : il faut lire cette exhortation "avec patience". A découvrir ci-dessous.

Lu le 8 avril 2016 aur News.va:

« Répéter avec force non pas l’"idéal" de la famille, mais sa réalité riche et complexe » pour réfléchir « sur l’amour dans la famille » avec les femmes et les hommes de notre temps. C’est dans ce but que le Pape François a signé, le 19 mars dernier, solennité de saint Joseph, l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia . Présenté ce matin, vendredi 8 avril, à la salle de presse du Saint-Siège, le document très attendu utilise le langage de l’expérience en offrant un regard ouvert, profondément positif, qui se nourrit non pas d’abstractions ou de projections idéales, mais d’une attention pastorale à la réalité. Lecture riche de points de réflexion spirituelle et de sagesse pratique utile à tout couple ou à des personnes qui désirent fonder une famille, l’exhortation est le fruit d’une expérience concrète avec des personnes qui savent par expérience ce qu’est la famille et ce que signifie vivre ensemble pendant de nombreuses années.

Ample et structurée, l’exhortation est divisée en neuf chapitres, et plus de trois cents paragraphes, dans lesquels sont rassemblés les résultats des deux synodes sur la famille proclamés par le Pape Fraçois en 2014 et en 2015. Les relations conclusives des deux assemblées sont en effet largement citées, ainsi que des documents et des enseignements de ses prédécesseurs et de nombreuses catéchèses sur la famille du Pape lui-même. Et, comme cela avait également été le cas dans d’autres circonstances, le Pape puise également aux contributions de diverses conférences épiscopales – du Kenya, à l’Australie et à l’Argentine – et à des citations de personnalités comme Martin Luther King ou Erich Fromm, jusqu’au monde du cinéma, comme lorsque François évoque Le festin de Babette pour expliquer le concept de gratuité.

Le préambule d’ Amoris laetitia, expliqué dans les sept paragraphes d’introduction, est particulièrement significatif et met en lumière la conscience de la complexité du thème et l’approfondissement que celui-ci exige. Il est en effet le fruit des interventions des Pères au synode, qui ont composé un « précieux polyèdre » qui doit être préservé. Et à ce propos, le Pape explique que « tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles ». Ainsi, pour certaines questions, « dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux. Car "les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général […] a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué" ». Mais François invite surtout dès le début à sortir de l’opposition stérile entre la frénésie du changement et la simple application de normes abstraites. « Les débats qui se déroulent dans les moyens de communication ou bien dans les publications et même entre les ministres de l’Eglise – écrit-il – vont d’un désir effréné de tout changer sans une réflexion suffisante ou sans fondement, à la prétention de tout résoudre en appliquant des normes générales ou bien en tirant des conclusions excessives à partir de certaines réflexions théologiques ».

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