Au cours de ces derniers mois, les religieuses missionnaires de l’Équateur, qui résident à Haïti, membres de la Communauté intercongrégationnelle missionnaire (CIM) ont dû intensifier leur action d’accueil des migrants qui sont rapatriés à Haïti et s’adressent au Service des Jésuites pour les réfugiés sur le territoire de la localité de Fonds Parisiens

Au cours du seul mois de décembre, 794 personnes ont été rapatriées , arrivées par la proche frontière de la République dominicaine au poste de Malpas. En 2017, le nombre des rapatriements de pays limitrophes a été de 40 212 et selon des données fournies par l’ONG Groupe de soutien aux rapatriés et réfugiés (GARR), 31 601 personnes sont en outre revenues volontairement à Haïti parce qu’elles n’ont pas trouvé hors des frontières ce qu’elles espéraient.

«Les récits de la manière dont ils ont été arrêtés pour être ensuite expulsés sont dramatiques» confient les religieuses de la CIM dans une note transmise à l’Agence Fides. «La majorité d’entre eux a été surprise par la police dominicaine alors qu’elle revenait du travail ou qu’elle s’y rendait. Cela signifie -soulignent-elles- que ces personnes sont expulsées avec seulement les vêtements qu’elles portent». Elles sont ramenées à Haïti en journée ou, plus souvent, après plusieurs jours passés en détention. Elle arrivent au Service des Jésuites pour les réfugiés dans des conditions déplorables et y reçoivent des vêtements, de la nourriture et la possibilité de faire une douche chaude. Elles perçoivent également de l’argent pour payer le transport jusqu’au domicile de quelque membre de leur famille et ce grâce à des donations d’institutions comme l’UNICEF ou de particuliers. La création de la CIM a été décidée par la Conférence des Religieux d’Équateur quelques jours après le séisme apocalyptique de 2010. Elle est présente à Haïti depuis quelques années et y restera «jusqu’à ce que le processus de reconstruction de ce peuple frère se poursuivra. Les religieuses entendent par là une reconstruction «non seulement immobilière mais également du tissus social et civil local».

Au cours de ces dernières années, la vague endémique de migration haïtienne en direction de la moitié la plus prospère de l’île – la République dominicaine – et dans une moindre mesure en direction de Cuba, de la France et des États-Unis, a changé de direction et s’est dirigée jusqu’au lointain Chili où, au cours de la seule année 2017, sont arrivés quelques 105 000 haïtiens selon les données officielles. Outre les majeures possibilités sociales et économiques offertes par le Chili, l’une des raisons de ce choix est l’exemption de visa dont bénéficient les haïtiens. (fides/réd.)