Le confinement lié à la pandémie de la Covid-19 a provoqué une nette recrudescence des abus sur mineurs via internet, a constaté, le 18 juin 2020, le Père Hans Zollner sj. Pour le directeur du Centre pour la protection de l’enfance de l’Université pontificale grégorienne de Rome, l’Église doit renforcer son effort d’éducation dans les familles comme dans les séminaires ou couvents.

Lors d’une conférence en ligne organisée par le Conseil pontifical pour la protection des mineurs, le jésuite a relevé la corrélation entre le confinement, période de grande utilisation d’Internet, et l’augmentation des abus sexuels en ligne.

Augmentation des abus sur internet

Rien qu’au Royaume-Uni, note le prêtre, on recense pour le mois d’avril 9 millions de tentatives de connexion à des sites permettant d’abuser d’enfants. En Espagne, le nombre de vidéos à caractère sexuel impliquant des enfants a augmenté de 20%. Aux États-Unis, le Centre national pour les enfants disparus ou exploités relève une augmentation des signalements d’abus sexuels sur des enfants de 106% en mars.

L’augmentation de l’utilisation d’internet durant le confinement, doit être couplé avec le fait que les enfants ont été moins surveillés et donc plus exposés à des dangers. Les abus en ligne sont multiples, a illustré le prêtre: grooming (stratégie de sollicitation d’un mineur par un adulte, qui s’efforce d’affaiblir la résistance et les inhibitions du jeune à des fins sexuelles), sextortion (extorsion d’images à caractère sexuel suivie de menaces), revenge porn (contenu sexuellement explicite mis en ligne par un ex-partenaire dans un but de vengeance), ou encore sextape (vidéo érotique de célébrités).

La tranche d’âge la plus touchée par les abus en ligne, a par ailleurs relevé ce spécialiste de la lutte contre ce fléau est celle des enfants entre 7 et 13 ans. Ce type d’abus concernent majoritairement des filles (à hauteur de 90%) et commence dès l’âge de deux ans.

L’Église doit éduquer

Cette utilisation croissante d’internet doit pousser l’Église à éduquer à son usage au sein des familles comme des séminaires ou couvents, a demandé le Père Zollner sj, les religieux pouvant aussi être la cible de telles menaces.

Bien que nécessaire, limiter le temps passé sur la toile pour les enfants n’est pas suffisant. Il faut apprendre à connaître les applications que les enfants utilisent, les placer dans un lieu sous surveillance, ou encore utiliser un logiciel de contrôle.

Changer la culture de l’abus sexuel

Aux participants à la conférence en ligne, laïcs, prêtres et religieux du monde entier, le Père Zollner sj a demandé de s’impliquer en ne sous-estimant pas leur action. «Chacun de nous peut faire quelque chose pour changer la culture des abus sexuels». Il a en outre rappelé que de tels abus devaient en premier lieu être signalés à la police.

Si, à cause de la crise sanitaire mondiale, la protection des mineurs a été renvoyée au bas de la liste des priorités, il s’agit de remettre ce thème sur le devant de a scène, a appelé le prêtre. Même si de nombreuses personnes ne souhaitent pas en savoir plus sur cette réalité. (cath.ch/imedia/cg/mp)