primopiano fides«Donnez un poisson à un homme, vous le nourrirez pendant une journée. Enseignez-lui à pêcher et vous le nourrirez pour toute sa vie». Les Jésuites d’Afrique occidentale ont pris à la lettre cet antique proverbe et, face à la situation des jeunes non scolarisés et au chômage du Cameroun, ils ont conçu un projet leur enseignant à élever des poissons et à les vendre.

En Afrique, l’abandon scolaire constitue un problème significatif. Sur le continent, plus de 3 millions de jeunes ne parviennent pas au niveau minimum de formation scolaire. Au Cameroun, 70% des jeunes filles sont analphabètes. Ce phénomène est particulièrement visible dans les régions du nord du pays, où il concerne plus d’un million de jeunes filles de 10 à 19 ans, représentant 31,9% de l’ensemble des jeunes filles de la région.

Les Jésuites ont décidé d’affronter le problème au travers d’une initiative entrepreneuriale qui, dans la tradition de la Compagnie de Jésus, s’associe à un parcours éducatif. C’est ainsi qu’est né le projet de formation à la pisciculture, à savoir l’élevage du poisson.

Le travail de préparation a été long. En 2007, ont été installées sur un terrain de 7 ha appartenant à la Compagnie de Jésus, les structures nécessaires pour lancer l’initiative: bassins, panneaux solaires pour produire de l’électricité et une installation de potabilisation de l’eau. En parallèle, les Jésuites ont sélectionné 165 jeunes au sein d’un groupe de chômeurs provenant des strates les plus marginalisées de la population.

A la fin de 2017, le projet est entré dans le vif du sujet. Des agronomes et experts en pisciculture ont tenu un cycle de rencontres portant sur l’élevage des poissons. Outre à la formation relative aux techniques et pratiques, les jeunes se sont vus enseigner les principes de base de la mercatique -dans les moyens de communication, sur les réseaux sociaux etc.- afin de pouvoir faire face par eux-mêmes non seulement aux problèmes de production mais également à ceux que présente la vente des produits. En janvier dernier, a débuté la phase opérationnelle du projet. Les jeunes ont appliqué les enseignements et dès la fin de février, ils ont enregistré les premiers résultats au travers de la production d’un premier lot de poissons d’eau douce.

«Le projet -soulignent les Jésuites locaux- veut offrir aux jeunes des connaissances techniques de base afin qu’ils puissent s’intégrer au contexte social et professionnel de la province de Douala. Il s’agit d’une première contribution visant à faire face au drame du chômage des jeunes, une authentique situation d’urgence nationale, qui est dictée par le manque ou l’absence de formation scolaire. Le nôtre est un projet qui parie sur les jeunes et leur volonté de rachat». (Agence Fides/réd.)