Jésuite, responsable du département Éthique biomédicale du Centre Sèvres à Paris, le Père Bruno Saintôt sj revient sur la décision de la Cour de cassation ouvrant la voie à un nouvel arrêt des traitements prodigués à Vincent Lambert (1) plongé depuis 10 ans dans un coma profond. «La décision de la Cour de cassation suit scrupuleusement la logique juridique de répartition des attributions et des pouvoirs entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif. Cette décision était attendue et n’a rien de surprenant. Ces clarifications juridiques ne peuvent cependant mettre fin au questionnement #éthique», déclare-t-il dans un article publié par le journal La Croix​.

«Conformément à une longue tradition malheureusement ignorée du grand public, l’#Église de France a réaffirmé qu’elle ne pouvait ni ne voulait se substituer à la conscience de ceux à qui il appartient de prendre la décision mais qu’elle désirait contribuer à éclairer les consciences." (...) "à partir du moment où le cas de Monsieur Vincent Lambert est devenu une cause, c’est-à-dire l’objet d’un affrontement pour ou contre impliquant la cause euthanasique, l’Église a voulu rappeler vigoureusement son opposition à cette pratique. Attribuer, comme le font beaucoup de médias, l’origine du conflit et du problème au fait que les parents sont de fervents catholiques est à la fois injuste et insultant. Les questions éthiques concernant l’évaluation de l’obstination déraisonnable seraient les mêmes s’ils étaient athées».

Quand le journaliste de La Croix lui demande si, comme l’Église de France, sa position allait dans le sens d’un refus de l’arrêt des traitements, il répond: «À quoi bon soigner ces personnes si l’ensemble de la société se met à juger globalement que leur vie ne mérite pas d’être vécue, qu’ils ne sont plus vraiment humains ou que leur soin coûte trop cher ? Derrière la polémique, c’est la place du soin dans notre société, qui est interrogée.»

Lire l'article dans son intégralité sr le site de La Croix: Vincent Lambert, «Le plus dangereux serait que le juridique parvienne à étouffer l’éthique»

 

(1) L'affaire Vincent Lambert est une affaire très médiatisée depuis 10 ans, liée aux questions sur l'acharnement thérapeutique, le droit des handicapés et l'euthanasie en France.  À la suite d'un accident de la route survenu en 2008, Vincent Lambert, né en 1976, plonge dans un état végétatif chronique dit syndrome d'éveil non-répondant. Les membres de sa famille sont en conflit concernant les suites à donner, soit le maintient ou à l'arrêt du traitement qui mettrait fin à ses jours.