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Prions pour l’accueil généreux des victimes de la traite des personnes, de la prostitution forcée et de la violence.

Il y a des sujets sur lesquels il faut prendre parti, comme la traite des personnes. On ne peut pas être neutre, si tu ne t’y opposes pas, si tu ne fais pas quelque chose pour t’y opposer, tu contribues à ce que cette terrible injustice continue d’exister. Ouvre les yeux sur la réalité. Ouvre ton cœur aux victimes.

Pape François – Février 2019

Bien que nous tentions de l’ignorer, l’esclavage n’est pas quelque chose d’une autre époque.
Face à cette réalité tragique, personne ne peut se laver les mains sans être, d’une certaine manière, complice de ce crime contre l’humanité.
Nous ne pouvons pas ignorer que l’esclavage existe dans le monde, autant ou peut-être plus qu’auparavant.
Prions pour l’accueil généreux des victimes de la traite des personnes, de la prostitution forcée et de la violence.

Le mot du Père Daniel Régent sj, directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape pour la France

La traite des personnes commence là où un homme profite de la vulnérabilité de son voisin et organise un système lucratif ou de pouvoir au mépris de sa dignité. Après le trafic des armes et de la drogue, la traite des personnes est la troisième source financière occulte dans le monde. C’est dire l’ampleur du phénomène.

L’histoire de l’esclavage montre que la tentation d’y céder est forte au point que des théories philosophiques voire religieuses ont été élaborées pour permettre sa pratique au grand jour pendant des siècles. Des villes ont fait leur richesse de ce commerce. L’esclavage est aboli en droit; sa pratique occulte actuelle se nomme traite. Organisée en système, elle existe dans le monde, pas seulement comme groupes mafieux. Certaines pratiques économiques s’apparentent à une sorte de traite. Le travail des enfants, les conditions indignes d’emploi, les risques pris avec la santé ou la vie des ouvriers, des clients ou des populations, etc. Le pillage de la nature que le pape dénonce également, s’inscrit dans cette perspective d’irrespect. Il concerne les générations futures et déjà la nôtre. Nous sentons alors davantage l’enjeu crucial de ces réalités interdépendantes.

Le pape ne dénonce pas d’abord les réseaux mafieux – il l’a fait dans d’autres occasions il se tourne vers les victimes et prie pour qu’elles puissent être accueillies avec générosité. En tombant dans des griffes sans pitié, des personnes ont été et sont brisées. Si elles échappent, la peur d’être reprises ou mises à mort est là. Elles ont besoin d’un secours prudent et compétent.

La violence est partout. Qui n’a jamais été blessé; qui n’a jamais été blessant? C’est à partir de ce que nous avons pu éprouver comme agressé et agresseur, que nous pouvons entrer dans l’intention du pape. Allant plus loin, en nous invitant à nous tourner vers les victimes, il nous met du côté de ceux qui blessent, sans oublier la douleur d’avoir été blessés. Il nous empêche de nous identifier seulement aux victimes pour réclamer justice ou nourrir la haine. Il nous aide à nous tourner vers le Cœur du crucifié, où victimes et bourreaux ont une place.

«Madame, y m’traite» se plaint l’écolier à sa maîtresse. Peut-être même qu’apeuré ou menacé, il supportera les vexations en silence. Ce qui se passe dans le monde se vit aussi en petit dans la cour de l’école. Les ressorts sont semblables. «L’homme est un loup pour l’homme»; «la raison du plus fort est toujours la meilleure». Dictons et fables sont appris à l’école, mais celle-ci est faite pour apprendre un vivre ensemble respectueux.

Sommes-nous devant une fatalité? «La traite a toujours existé. Il serait étonnant qu’elle soit un jour éradiquée.» Penser ainsi serait capituler. La mort et la résurrection de Jésus révèlent la victoire de la vie. Les temps nouveaux sont commencés en nous et dans le monde. Notre prière pour l’intention que le pape nous propose ne sera pas un cri désespéré mais un appel confiant en la victoire de Celui qui a donné sa vie pour nous. Qu’en nous transformant, la prière nous dispose à l’action.

Nous n’oublierons pas le 8 février en la fête de sainte Bakhita, la journée mondiale de réflexion et de prière pour la traite des personnes.

Daniel Régent sj
Directeur RMPP France