«Les églises ne peuvent pas se contenter d'atténuer les dommages sociaux de la politique par la diaconie. Une démocratie qui fonctionne n'est pas encore une garantie qu'une société évoluera vers plus de justice et de vérité», écrit Christian M. Rutishauser sj sur le site de la NZZ alors que la cérémonie d'investiture de Joe Biden, sous haute surveillance, se tient ce 20 janvier 2021.

«La séparation de la politique et de la religion est une réalisation de la culture européenne. La sécularisation a mis les églises hors jeu, même si les partis à motivation religieuse ont leur justification. De plus, en Europe occidentale, où l'église légitimait autrefois la monarchie, la religion a été complètement repoussée dans la sphère privée. Ce n'est pas le cas aux États-Unis, où la foi chrétienne a jeté les bases mêmes de la démocratie», note le provincial des jésuites des Suisse.

"La masse pour la démocratie"

En Suisse, par exemple, les églises ont été accusées de trop s'immiscer dans la politique en soutenant l'initiative Pour des entreprioses responsables, tandis qu'aux États-Unis, l'investiture du 46e président est célébrée lors d'une cérémonie qualifiée à juste titre de "messe pour la démocratie" (Johanna Roth): Divers membres du clergé prendront la parole ce 20 janvier 2020. Des prières seront dites, et la Bible ne manquera pas à la cérémonie d'assermentation. Les "salles sacrées" profanées par la prise d'assaut du Capitole seront en quelque sorte re-consacrées. Aucun pouvoir politique, qu'il soit légitimé par le peuple, ne peut se passer d'une cérémonie et d'une sorte de liturgie. Le sacré ne peut jamais être complètement absent. Après tout, la démocratie directe populaire de la Suisse a aussi ses robes et ses tapis rouges.

Lorsque le jésuite Leo O'Donovan prononcera l'"Invocation" lors de l'investiture de Biden, cela pourrait susciter aux États-Unis des théories de conspiration mondiale. Le Vatican et Washington sous l'influence des Jésuites... Cependant, la politique américaine sera plutôt façonnée par une forme de christianisme différente de celle de Donald Trump. Trump, qui était en effet également soutenu par les catholiques parce qu'il est contre l'avortement, montre cependant une fois de plus son attitude anti-catholique dans les derniers jours de son mandat alors qu'il laisse s'exécuter le plus grand nombre possible de condamnations à mort au niveau fédéral. C'est précisément contre la peine de mort, qui entre-temps perd de plus en plus de sa crédibilité aux États-Unis, que le pape François a mis un pied dans le plat sans équivoque. Avec O'Donovan, qui est directeur du Service jésuite des réfugiés (JRS) aux États-Unis, le Pontife est favorable à une politique diamétralement opposée à un président dont les partisans crient "Jésus notre Sauveur et écrase notre président". Joe Biden n'est pas mis à proximité du Sauveur. Il est simplement un président catholique et connaît les enseignements sociaux de son église. Ainsi, il représente une foi chrétienne qui soutient la structure du pouvoir démocratique parce qu'elle cherche à créer des structures qui soient justes pour le plus grand nombre.

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