Provincial des jésuites d’Autriche et futur Provincial de la province d’Europe centrale, le Père Bernhard Bürgler se trouvait hier à proximité immédiate de l'événement terroriste qui a endeuillé le cœur de Vienne. Il témoigne et tient à exprimer un message essentiel à ses yeux -message qui fut rendu célèbre par Antoine Leiris après la mort de l'amour de sa vie survenu lors des attaques terroristes de 2015: «Vous n'aurez pas ma haine»! Car la mission de tout religieux est tournée vers la compréhension des personnes, de toutes les personnes, et vers le dialogue entre les religions.

Des images et du bruit

Au moment même du drame, le Père provincial Bürgler se trouvait dans un taxi qui le menait de la gare centrale au provincialat des jésuites dans le 1er arrondissement de Vienne. Au cours du trajet, au niveau de la Rotenturmstraße, la circulation s'est soudainement ralentie et la voiture a dû stopper sa course. Devant le taxi, plusieurs véhicules étaient déjà à l'arrêt: «Le chauffeur de taxi et moi nous sommes demandés ce qui se passait. Mous ne percevions alors qu'une lumière bleutée. Nous avons attendu un instant essayant de comprendre. Et quand le chauffeur de taxi a dit qu'il ne pouvait pas aller plus loin, je lui ai simplement répondu: «Eh bien alors je vais payer et rentrer à pied».

Le Père Bürgler a donc payé le chauffeur, a ouvert la porte de son taxi, mais alors qu'il se préparait à se diriger vers la Bäckerstraße, il entendit soudainement des coups de feu et du bruit: «Je suis remonté dans le taxi. Nous nous sommes remis à rouler et j'ai pu rentrer chez moi. En chemin, j'ai pris connaissance du drame sur mon téléphone portable, et ce n'est qu'ensuite que j'ai vraiment réalisé ce qui venait de se dérouler".

Ma première pensée a été qu'il y avait eu un accident

Le provincial des jésuites a certes entendu les coups de feu à bout portant, mais il n'a pris conscience du danger qu'après: «C'était très proche, oui! Mais à ce moment-là, je ne pensais pas qu'il s’agissait d'un événement si dramatique. J‘étais juste interloqué. Ce qui m'impressionnait, c’était la masse de jeunes gens qui affluaient de la Schwedenplatz vers la Rotenturmstraße. J’ai imaginé qu’il devait y avoir eu un accident.»

La violence n'a pas sa place dans la religion

Ce mardi, au lendemain de cet acte terrifiant, Bernhard Bürgler sj exprime son effroi face à cette escalade de violence à l'encontre de personnes qui se trouvaient simplement là. En ce lundi d'avant confinement, tant de personnes s’étaient simplement donné rendez-vous pour se voir une dernière fois avant plusieurs semaines. Il tient à relever: «La violence n'a pas sa place dans la religion, dans aucune religion!» et tient à rappeler la phrase rendue célèbre par Antoine Leiris, «Vous n'aurez pas ma haine», qui a perdu l'amour de sa vie lors des attaques terroristes de 2015.

Le Père Bürgler tient à souligner et saluer le courage des forces de sécurité, des sauveteurs et des politiciens qui ont géré cette situation difficile de manière très professionnelle: «Pour nous, religieux, notre mission reste de garder et favoriser le dialogue entre tous et toutes les religions. C'est ce pour quoi nous vivons et travaillons, et c'est ce à quoi nous nous efforcerons toujours. Dans la pensée et la prière, nous sommes avec toutes les victimes et leurs familles».