ArturoSosaSJIl est le Père Général de la Compagnie de Jésus, à la tête d’un Ordre de 15 000 jésuites dans le monde. Le Père Arturo Sosa sj est en Suisse du 19 au 22 septembre. Une première pour le Vénézuélien. Ce jeudi, il renconte les jésuites qui travaillent avec les institutions internationales, les jésuites de la communauté de Genève et leurs collaborateurs. Vendredi, il rejoint Zurich où il s'adresse à tous les jésuites des communautés suisses et leur collaborateurs, avant de rejoindre le Centre spirituel de Lassalle-Haus (Zug) le samedi et d'animer une messe le dimanche à l’Église jésuite de Lucerne.

Le Père Arturo Sosa sj aura également l’occasion de s'adresser à un plus large public à deux occasions :

- une Table ronde (en anglais) organisée à l’Université de Zurich le vendredi 20 septembre à 17h sur le thème «Être chrétien aujourd'hui - Quel chemin pour L'Église?» Avec la participation de Mgr Felix Gmür, évêque du diocèse de Bâle; Gottfried Locher, président de la Fédération des Églises protestantes de Suisse; Daniel Kosch, secrétaire général de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ); Barbara Hallensleben, professeur de théologie dogmatique et de théologie de l'œcuménisme de l’Université de Fribourg; le journaliste Daniel Foppa. Plus d’infos ici
- la célébration d'une messe le dimanche 22 septembre à 10h à l’Église jésuite de Lucerne par le Père Général, accompagnée de la musique du Père missionnaire jésuite Martin Schmid sj (1649-1772) composée pour les Réductions boliviennes.

«Nos maisons n'avaient pas de clôtures»

Qui est Arturo Sosa sj, prêtre vénézuélien qui a rejoint à la veille de ses 18 ans la Compagnie de Jésus et qui dirige depuis 2016 le plus grand des ordres religieux de l’Église catholique romaine?

«Je suis né au Venezuela, à Caracas, le 12 novembre 1948, juste avant le coup d'État du 24 novembre contre le premier président démocratiquement élu du pays», telle est la première réponse donnée par Père Arturo Sosa sj juste après son élection en 2016 comme Supérieur Général de la Compagnie de Jésus. Ce qu'il confie le même jours à un confrère jésuite est également significatif de sa personnalité: «Mes grands-parents étaient très pauvres, mais mon père appartenait à la génération qui a bâti le pays. Nous étions une grande famille au sein de laquelle les générations vivaient ensemble, et c’était une vraie source de bonheur. Nos maisons n'avaient pas de clôtures.» Il poursuit: «Ma famille était "très catholique" mais ne vivait pas sa foi publiquement. J'ai appris à cette occasion que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent.»

Arturo Sosa grandit au sein d’un foyer privilégié. «Enfant, mon père m’emmenait souvent avec lui dans ses voyages. Il était avocat et économiste, un entrepreneur entré en politique qui, pendant un an, a été ministre des finances dans un gouvernement de transition après la fin de la dictature de Marcos Pérez Jiménez. Au vingtième siècle, le Venezuela a traversé de nombreuses dictatures. À la fin des années 1950, l’engagement de mon père visait à créer des espaces démocratiques. Il disait: «Quand un pays ne fonctionne pas et qu’on ne fait rien pour que cela change, il est impossible de se sentir bien.» Autrement dit, pas de paix et ni salut sans contribution au bien-être du pays.

Se consacrer aux autres

Pour comprendre qui est le général des jésuites, il faut tenir compte de deux de ses sources identitaires fortes: «ma famille et le collège Saint-Ignace de Caracas que j’ai fréquenté des classes élémentaires au lycée, soit de mes cinq ans à mes dix-sept ans!»
Sa deuxième maison comme il l’appelle.

«Il y avait beaucoup de jeunes jésuites et nous étions sur place du matin au soir, du lundi au samedi. Après l’école, on nous emmenaient visiter des hôpitaux, ou à la campagne parler avec les paysans. Je me souviens de ces années comme d’un environnement très créatif. Je faisais aussi partie d’une congrégation mariale et je jouais, à la vérité plutôt mal, au football, au baseball et au basket. Après le lycée, j’ai senti que, pour mieux contribuer au bien de tous, je devais entrer chez les jésuites et c’est ce que j’ai fait le 14 septembre 1966, peu de temps avant mes dix-huit ans.»
Arturo Sosa sj est diplômé en philosophie, en théologie et possède un doctorat en sciences politiques. Ses amis sont devenus médecins, avocats, sont partis pratiquer en Amazonie. «Nous avions tous le sens aigu des responsabilités. Nous étions tous conscient du besoin de transformer la société et la nation.»

Le Père Sosa a suivi les étapes habituelles de la formation des jésuites: Noviciat, études de philosophie à l’Université catholique Andrés Bello de Caracas, un experiment dans le groupe du Centre Gumilla, tenu par les jésuites qui vise à soutenir des coopératives pour l’épargne et le crédit dans le centre du pays, et enfin la théologie à Rome, au collège du Gesù et à la Grégorienne, entre 1974 et 1977, année où il est ordonné prêtre.

Le Père Sosa sj dirige durant une vingtaine d’année la revue des jésuites vénézuélienne «Sic», avant d’exercer la fonction de provincial des jésuites du Venezuela de 1996 à 2004.Il est ensuite nommé recteur de l'Université catholique de l'État de Tachira, dans l'ouest du Venezuela, puis est rappelé à Rome par le Père Général (le père Adolfo Nicolas).
En 2008, à l'occasion de la 35e congrégation générale de l'Ordre, il est nommé conseiller général puis, en 2014, délégué pour les maisons et les œuvres interprovinciales à la Curie jésuite par le Père Nicolás sj.

Le Père Général sj est «un homme expérimenté, qui sait écouter et ose prendre des décisions audacieuses», dit de lui le provincial des jésuites de suisse, le Père Christian Rutishauser sj.

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