George DSouza sj web 2013Le Père George D'Souza sj a rejoint le Seigneur ce mardi 16 octobre, vers 19h, après une courte hospitalisation aux soins intensifs de l’Hôpital cantonal de Genève. Il est parti sereinement, à l’âge de 80 ans, entouré de proches et de membres de la Communauté jésuite de Genève. Nous le confions, ainsi que ses proches en Suisse et en Inde, à l’amour du Seigneur.
Le Père D’Souza sj a été actif au sein de la communauté internationale de Genève, notamment comme professeur invité à l’Institut universitaire d’études du développement (IUED) de l’UNIGE (1986-1991), puis comme observateurs accrédité à l’ONU. Il aura également collaboré avec la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse sur des projets de microcrédits au Bangladesh et au Sénégal.

George D’Souza sj avait intégré la Province des jésuites de Suisse en 2004, et rejoint la Communauté de Genève quelques années plus tôt.

Le Père George D'Souza est né le 3 avril 1938 à Pune (Poona), en Inde. Son père était avocat et il avait deux sœurs, Maureen et Sandra. Après avoir terminé ses études secondaires, il rejoint la mission jésuite de Bombay en 1955. Il a étudié la philosophie et la théologie dans les années 1959-68 au Collège De Nobili à Pune, interrompu par 2 ans Interstiz comme préfet à l'école secondaire de Sangamner. Ordonné prêtre le 17 mars 1967 à Pune par Mgr Andrew D'Souza, il étudie de 1969 à 1971 la sociologie du développement à la School of Economics de New Delhi, où il obtient son M.A. Son Magister tertiaire en 1972/73 est Anthony D'Mello.


Jeunesse indienne
George D’Souza sj était issu d’une famille de la caste des brahmanes (regroupant notamment les prêtres, les sacrificateurs, les professeurs et les hommes de loi – ou plus largement les enseignants des textes sacrés). Pourtant, il aura passé une partie de sa vie à venir en aide aux Dalits, ou Intouchables, les plus pauvres parmi les plus pauvres, exclus du système des castes parce qu’ils exercent des métiers impurs et/ou dégradants comme les bouchers ou les sage-femmes qui sont en contact direct avec le sang. On y retrouve aussi les mendiants, les chasseurs, les pêcheurs, les vidangeurs, les gardiens de cimetière…
George D’Souza sj a œuvré aux côtés de missionnaires jésuites venus de Suisse alémanique pour aider les exclus d’Inde et les convertir au christianisme. Ce sont eux qui sont à l’origine de sa vocation de jésuite. «Nous étions une centaine dont 40% d’autochtones. Nous étions très respectés pour notre travail qui, pour ma part, consistait à mettre en place des coopératives d’irrigation au profit des intouchables, dans une région très aride mais au sol volcanique riche sur lequel tout pousse quand le sol est irrigué», confiait-il lors d’une interview réalisée il y a quelques temps.

Jésuite indien issu de la région de Goa, un État de l'ouest de l'Inde dont les côtes s'étirent le long de la mer d'Arabie, George a grandi en Inde Britannique, -la partie du sous-continent indien placée sous la domination britannique de 1757 à 1947- à Pune (Poona alors) exactement, ville industrielle, «la seule région où étaient construites des Mercedes en dehors de l’Allemagne. Une région proche de Bombay, ville aux inégalités criantes avec 60% de la population vivant dans les bidonvilles.» Il a fait ses études dans une école gérée par des jésuites suisse allemands, «l’une des meilleurs en Inde», disait-il. Après deux ans d’études supérieures au Chili, il rejoint la Compagnie de jésus en 1955. Il effectue alors l’entier de ses études théologiques en Inde. Puis, il étudie la sociologie du développement à New Dehli entre 1969 et 1971.

Bombay-Genève
Le Père George sj est resté en Inde jusqu’en 1986. Mais il était déjà venu en Suisse une première fois en 1981 et avait fait un court séjour de trois mois en Afrique, au Sénégal, à la demande d’une ONG française qui souhaitait réaliser une étude sur les différences entre les sociétés africaines et les sociétés indiennes, c’est-à-dire sur le système de tribus et celle des castes. C’est lors de cette mission qu’il entre en contact avec plusieurs membres de la DDC, avec qui il collaborera par la suite.

En 1984, lors de sa deuxième visite en Suisse, il fait la connaissance du directeur de l’Institut universitaire d’étude du développement (IUED) de l’Université de Genève (devenu l’Institut des hautes études internationales et du développement – IHEID) qui lui proposera un poste de professeur invité, poste qu’il occupera de 1986 à 1991.

Durant les années 80, le Père George D’Souza est mandaté par la DDC pour évaluer une ONG de développement du Bangladesh, la «Bangladesh Rural Advancement Committee» (BRAC). Il collabore également avec la DDC à l’évaluation de stratégies de microcrédits au Bangladesh et au Sénégal dans le but de trouver des moyens d’alléger la pauvreté de masse.

Par ailleurs, il assistera de nombreuses années durant aux réunions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU comme observateur accrédité, son intérêt se portant plus particulièrement sur le statut et le traitement des populations les plus pauvres en Inde, notamment des Dalits, et sur les relations entre l’Inde et le Pakistan.