Qu'est-ce qu'un objet sacré? Cela existe-t-il vraiment? Et si oui, de quoi pourrait-il s'agir?
Pour nous, êtres humains, il y a toujours eu des lieux, des personnes, des moments et même des objets sacrés. Le «sacré» n'est pas seulement «spécial» ou «extraordinaire», mais bien plus encore: c'est quelque chose qui nous concerne ou nous interpelle dans notre existence même. Le «sacré» est également lié à la notion de tabou: le sacré attire et effraie à la fois. Il nous invite tout en nous maintenant à une distance respectueuse.
Se rapprocher du sacré
Les objets sacrés l’illustrent à merveille. Il y a les objets liturgiques, comme le calice et la patène, que nous n’utiliserions jamais à une table de repas ordinaire. Mais il y a aussi les reliques de contact, qui ont été en contact d’une manière ou d’une autre avec une personne sainte.
D’une part, elles répondent à notre besoin de voir, de toucher, voire de sentir concrètement le sacré, par exemple l’huile qui s’écoule du tombeau de saint Nicolas de Myre. Ainsi, nous sommes tout près du sacré – et donc du salut. Mais, à l'inverse, le simple contact avec le vêtement d'une sainte risquerait de l'endommager; c'est pourquoi nous nous en approchons avec la plus grande prudence et que de nombreuses reliques sont conservées derrière une vitre ou une grille.
Marie – notre protection et notre abri
Le 2 juillet, l'Église orientale a célébré une fête en l'honneur d'un objet: la «Déposition de la vénérable robe de la Très Sainte Mère de Dieu dans l'église des Blachernes». Selon la tradition, en 452, les vêtements retrouvés dans le tombeau de Marie à Nazareth furent transférés à Constantinople, à l'endroit où s'éleva plus tard le palais des Blachernes des empereurs byzantins.
Cette robe devint le symbole de l'intercession de Marie et de la protection divine accordée à la ville et à ses habitants. On lui attribua la protection contre les Arabes aux VIIe et VIIIe siècles, ainsi que la défense contre les peuples slaves en 860. C'est ainsi qu'est née une fête propre, Marie, Protection et Refuge (en slave: Pokrov), comparable à notre Vierge au manteau. Elle demeure aujourd'hui encore l'une des plus grandes fêtes mariales.
Je vous souhaite donc un été ensoleillé, pas trop chaud et bien à l’abri, sous la protection et l’ombre bienveillante de la Sainte Vierge.