• L'équipe des enseignants de l'AOT dont fait partie le Père Bruno Fuglistaller sj (premier à gauche)
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Qu’est-ce que l’AOT apporte à la culture à Genève?

Il y a 50 ans bientôt, à la suite du Concile Vatican II, un groupe de pasteurs et de jésuites a souhaité réfléchir et dialoguer: faire atelier (lire à ce propos le reflet historique de la naissance de l'AOT par Jean-Bernard Livio sj) De là est né l’AOT: l'Atelier oecuménique de théologie. Les débats étaient animés, il a fallu surmonter pas mal d’idées reçues pour commencer à se comprendre et chercher un langage commun. Un dialogue œcuménique nouveau était né, riche, constructif, passionnant et illimité. Il était temps de s’ouvrir et de le partager avec d’autres personnes intéressées par ces questions. La première volée de l’AOT a débuté en septembre 1973, dans le but de rendre la théologie au Peuple de Dieu.

Aujourd’hui, plus de 2000 personnes ont suivi cette formation de deux ans et l’AOT est devenu un lieu incontournable pour la réflexion théologique et œcuménique à Genève. Une équipe de théologiens catholiques, protestants et orthodoxes travaille à proposer cette formation. Faisant atelier déjà entre eux, réfléchissant ensemble à toutes les questions liées à la théologie et à l’œcuménisme, ils acceptent de se remettre en permanence en question.

Qui suis-je?

Nombreuses sont les personnes qui viennent à l’AOT pour trouver des réponses à leur questions, faire le point sur leur foi et leurs doutes, découvrir la Bible, chercher la présence de Dieu dans leur propre vie, comprendre leur tradition ecclésiale et celle des autres. Elles y trouvent principalement la réflexion théologique, la liberté de croire et d’avoir une parole personnelle. En effet, l’AOT n’est pas un lieu de réponses toutes faites mais de questionnement… Au fil des années, tous ces questionnements ont permis aux Genevois de modifier leur regard sur le christianisme. Certains murs entre les Églises ont rétréci, d’autres ont pratiquement disparu, et un profond respect réciproque a permis un vrai dialogue, riche, constructif et sincère ainsi qu’une belle collaboration dans des missions communes.

Mais alors, quel est l’apport de l’AOT à la culture genevoise?

L’apport culturel à notre avis se situe principalement dans la culture du débat, de l’écoute et de la reconnaissance réciproque, notamment par cet œcuménisme genevois - qu’on pourrait appeler une genferei -  qui est représentatif du monde culturel d’aujourd’hui dans notre canton où tout cohabite sans trop de difficultés ni de heurts. L’ouverture, l’écoute et l’échange permettent à chacun de s’exprimer sur son art, sa foi, ses valeurs, sa culture, ses idéaux etc. et bien souvent il est possible de se rejoindre. La richesse de l’œcuménisme à Genève, amène un dialogue possible qui se veut constructif et respectueux. Nous retrouvons cette ouverture dans de nombreux autres aspects de la vie genevoise , qu’elle soit familiale, scolaire, politique, artistique, culinaire, musicale, etc.

À sa manière, l’AOT a posé quelques pavés sur ce chemin d’ouverture qui contribue à la particularité et la richesse du canton de Genève.

Catherine Morin, secrétaire, et Anne Deshusses-Raemy, co-directrice catholique de l'AOT

Auteur:

Né en 1963, entré chez les Jésuites en 1990, il collabore à l'Atelier œcuménique de théologie (AOT) et au département de la formation de l’Église catholique à Genève. Il est chargé par les Jésuites de faire connaître et d’enseigner les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola à Genève. Il est membre du comité de rédaction de la revue choisir.

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