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«Le jésuite se fait pauvre pour se rapprocher du style de vie de Jésus»

Le Père Arturo Sosa, en tant que Supérieur Général, a écrit à tous ses confrères jésuites le 27 septembre 2021 dernier pour les inviter à un cheminement personnel et communautaire sur leur vœu de pauvreté. Nous l’avons interviewé à ce sujet.

Père Général, le contexte de l’Année ignatienne colore-t-il la réflexion sur la pauvreté religieuse à laquelle vous appelez les jésuites?
Arturo Sosa sj: Le point de départ de cette démarche que je propose est antérieure à l’Année ignatienne. La 36e Congrégation générale a demandé au Général de faire une révision des Statuts de la pauvreté et de l’Instruction sur l’administration des biens. J’ai institué un comité qui travaille là-dessus. Mais cette préoccupation sur la manière de vivre le vœu de pauvreté, non seulement au niveau personnel mais au niveau de la Compagnie elle-même est très ancienne. Je propose donc de ne pas faire de cette réflexion une question de règles, mais d’aller au fond des choses.

Un lien avec l’Année ignatienne qui commémore la conversion d’Ignace?
On doit se rappeler que la première chose qu’Ignace a faite après avoir pris la décision de changer de vie a été de se faire pauvre, radicalement. Symboliquement, il a donné ses vêtements, a remis son épée. Puis il a fait un cheminement très long pour arriver, des décennies plus tard, à préciser ce que serait la pauvreté religieuse dans la Compagnie.
En fait, le thème de la pauvreté est une dimension fondamentale de la vie chrétienne car Jésus s’est fait humble et pauvre. Le point de départ de la rédemption du genre humain, c’est Jésus qui se fait pauvre. Ainsi, être chrétien à la suite de Jésus, mais plus encore faire un vœu de pauvreté pour les religieux, c’est se faire pauvre pour se rapprocher du style de vie de Jésus.

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