À une époque où plus de 117 millions de personnes sont déplacées de force dans le monde, l’accès à l’éducation ouvre des perspectives vers la dignité, la confiance en soi et un avenir meilleur. L’apprentissage de l’anglais en constitue souvent la première étape.
Genève, le 19 juin 2026 – Depuis dix ans, JWL – Jesuit Worldwide Learning œuvre depuis Genève pour faciliter l’accès à l’enseignement supérieur de jeunes vivant en marge de nos sociétés à travers le monde, notamment dans les camps de réfugiés. A cette fin, l’organisation a développé un partenariat solide avec Cambridge University Press & Assessment afin de faciliter l’accès à l’apprentissage de la langue anglaise qui constituent bien souvent un point de départ et un tremplin. Et ce dans le but de favoriser un meilleur avenir pour les réfugiées.
Depuis Genève, Jesuit Worldwide Learning soutient celles et ceux dont l’accès aux études est compromis par des situations de crise grâce à des programmes d’enseignement supérieur de qualité, proposés en formation hybride dans des régions touchées par des conflits, des déplacements forcés ou d’autres contextes fragiles. L’apprentissage de l’anglais y joue un rôle central, car il facilite l’accès à l’enseignement supérieur, élargit les perspectives professionnelles et favorise les échanges interculturels à l’échelle locale comme internationale.
À l’approche de la Journée mondiale des réfugiés du 20 juin, un nouveau rapport publié par Cambridge University Press & Assessment et Jesuit Worldwide Learning met en lumière les différentes façons dont l’anglais aide les réfugiés et d’autres communautés marginalisées à se relever et à reconstruire leur avenir. Le rapport s’appuie sur une évaluation du programme Global English Language (GEL) de JWL.
Cette étude montre en effet comment l’apprentissage de l’anglais aide les personnes déplacées à reconstruire leur vie, à renforcer leurs communautés et à accéder à davantage d’opportunités en matière de formation et d’emploi.
Parmi les principales conclusions de l’étude :
- Neuf apprenants sur dix déclarent que l'apprentissage de l'anglais a amélioré leur vie, et plus de la moitié d'entre eux font état d'un impact positif significatif sur leur parcours personnel et leurs perspectives professionnelles,
- 81 % des apprenants considèrent que l’apprentissage de l’anglais a également eu des effets bénéfiques sur la vie des membres de leur communauté,
- Plus de sept apprenants sur dix indiquent que les cours ont contribué à améliorer leurs perspectives d’emploi ou leur développement professionnel,
- 90 % des apprenants affirment que l’apprentissage de l’anglais avait renforcé leur confiance dans leur capacité à interagir avec d’autres personnes en anglais.
- Au Kenya, bien qu’elles représentent 51 % des personnes inscrites au programme, les étudiantes étaient deux fois moins susceptibles que les étudiants de terminer les trois niveaux du programme GEL.
- Face à ce constat, JWL s’efforce d’élargir l’accès au programme GEL auprès des jeunes filles scolarisées dans le secondaire (lycéennes) et a recruté davantage d’enseignantes afin d’améliorer les taux de rétention et de réussite.
Le Dr Brigita Séguis, responsable de l’évaluation d’impact chez Cambridge University Press & Assessment, déclare :
«Ce qui m’a le plus marquée au cours de cette étude, ce sont les efforts extraordinaires que ces personnes déploient et les risques qu’elles prennent simplement pour assister à un cours d’anglais. Les participants ont raconté avoir marché pendant des heures sous une chaleur accablante, fait de l’auto-stop ou traversé des montagnes à pied, souvent au péril de leur sécurité. Malgré ces difficultés, beaucoup ont confié qu’ils referaient le même choix en raison des perspectives qu’offre la maîtrise de l’anglais. Bien que les besoins essentiels tels que la nourriture, l’eau et la sécurité demeurent prioritaires, les apprenants ont également confié l’importance de l’éducation, qui leur permet de se préparer à l’avenir et d’envisager de nouvelles opportunités.»
Francesca Woodward, directrice générale mondiale de l’anglais chez Cambridge University Press & Assessment, ajoute :
«Nous constatons une augmentation préoccupante des perturbations dans le domaine de l’éducation en raison des conflits et de l’instabilité. Soutenir l’accès à l’éducation des personnes déplacées doit constituer une priorité mondiale. La résilience et la détermination dont font preuve ces apprenants d’anglais dans des circonstances aussi difficiles sont une véritable source d’inspiration. L’apprentissage de l’anglais va bien au-delà de la maîtrise d’une langue : il ouvre des perspectives, crée des liens et permet aux individus de façonner leur propre avenir. Chacun devrait avoir accès à cette opportunité. C’est un privilège pour Cambridge de contribuer à cet effort et d’apporter son soutien à une cause aussi essentielle.»
Susanna Ablewhite, directrice du programme Global English Language de Jesuit Worldwide Learning, déclare:
« Dans le contexte mondial actuel, des partenariats solides sont plus essentiels que jamais pour garantir un accès à une éducation de qualité pour tous, et non pour une minorité privilégiée. Pour les personnes déplacées, et en particulier pour les femmes, le programme Global English Language de JWL constitue une véritable bouée de sauvetage. Il leur apporte de l’espoir et leur ouvre la perspective d’un avenir meilleur. Nous sommes extrêmement reconnaissants envers Cambridge University Press & Assessment pour sa contribution essentielle qui contribue à faire entendre la voix des exclus et à contribuer à bâtir un monde plus juste. »
Des vies transformées
Depuis son lancement en 2017, quelque 32’000 étudiants – dont une majorité de femmes et de jeunes filles – ont suivi le programme Global English Language (GEL) dans une centaine de centres d’apprentissage répartis dans plus de 30 pays. Ce programme bénéficie du soutien de Cambridge University Press & Assessment en matière de formation des enseignants, de ressources pédagogiques et d’évaluation des compétences en anglais.
Lorsque Panique est arrivé au camp de réfugiés de Kakuma, la langue a été l’un des premiers obstacles auxquels il a été confronté. «Je pense que l’anglais peut aider les gens à guérir et à surmonter les traumatisants du passé», explique-t-il. Son inscription au programme Global English Language (GEL) lui a permis non seulement d’améliorer son anglais, mais aussi à se tourner avec confiance vers l’avenir.
L’objectif du programme ne se limite pas à la réussite individuelle. Il vise également à renforcer les communautés locales. Les étudiantes et étudiants acquièrent des compétences qui leur permettent de reconstruire leur vie tout en contribuant au développement de leur communauté.
«Trouver un emploi est difficile, surtout pour les femmes», témoigne Sarah, qui vit elle aussi à Kakuma avec ses deux enfants. « Beaucoup de femmes, comme moi, sont mères célibataires. Là d’où je viens, on considère qu’une mère ne devrait pas aller à l’école. Elle est censée rester à la maison pour s’occuper de ses enfants. Mais pour me construire une vie meilleure, j’ai dû concilier les deux.» Aujourd’hui, Sarah est animatrice du programme GEL et sert de modèle au quotidien à d’autres femmes et jeunes filles de sa communauté.
Faire entendre sa voix
L’étude met également en lumière les témoignages de membres de la communauté yézidie du nord de l’Irak. Dans un contexte marqué par le génocide et les déplacements forcés de population, les apprenant(e)s décrivent l’anglais non seulement comme un outil favorisant l’accès à l’éducation et à l’emploi, mais aussi comme un moyen de faire entendre leur voix et d’entrer directement en contact avec un public international.
«Je me souviens de l’époque où je voulais partager mes idées et mes réflexions, sans y parvenir parce que mon niveau d’anglais n’était pas suffisant», raconte Dalwaz, étudiante du programme GEL à Sinjar. «J’avais l’impression d’être réduite au silence, comme si j’avais une voix, mais que je ne pouvais pas m’en servir.» Aujourd’hui, l’un de ses plus grands rêves est d’obtenir une bourse pour étudier à l’étranger, découvrir de nouvelles opportunités de formation et construire l’avenir auquel elle aspire.
Un espace pour apprendre et se reconstruire
Un environnement sûr et bienveillant est d’une importance particulière pour les étudiant(e)s qui s'identifient comme yézidis. L’évaluation a montré que les animateurs du programme avaient délibérément créé des espaces d’apprentissage sécurisants, permettant aux membres de la communauté de se retrouver, de guérir et de se reconstruire.
Alors que le nombre de personnes déplacées de force dans le monde atteint des niveaux sans précédent, le message porté par cette étude est clair: l’éducation donne de l’espoir. La langue ouvre des portes. Et chaque personne vivant en marge de la société mérite la possibilité de contribuer à façonner son avenir