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La transformation écologique par la rencontre avec soi-même et les autres

Nous vivons une époque où l'homme est devenu le principal facteur influençant les processus biologiques, géologiques et atmosphériques sur terre. À aucune autre époque de l'histoire de l'humanité, l'homme n'a influencé son environnement aussi massivement qu'au cours des deux derniers siècles. Ce qui ne va pas sans questionner sur son avenir. Valerio Ciriello sj est l'un des initiateurs du Camp écologique pour jeunes adultes qui se tiendra du 22 au 28 août dans le canton de Zoug, à la Lassalle-Haus Bad Schönbrunn. Il dépeint le tableau et explique ce qui se trame derrière cette proposition de retraite.

La destruction de l'environnement par l'homme a des conséquences dévastatrices. Le changement climatique, l'extinction de la flore et de la faune, l'exploitation des océans sont les «effets secondaires» les plus flagrants de l'activité humaine. La politique, l'économie et la science sont appelées à emprunter de nouvelles voies. Mais nous devons aussi prendre conscience que l'avenir de l'humanité, voire sa survie, ne peut être délégué aux seuls politiciens et entrepreneurs. En tant qu'individus, nous devons aussi apporter une contribution essentielle à la coexistence. Comme l'a dit John F. Kennedy: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous - demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. Mes chers concitoyens du monde, ne demandez pas ce que l'Amérique fera pour vous, mais ce qu'ensemble nous pouvons faire pour la liberté de l'homme.» Cet appel est toujours d'actualité et peut s'appliquer à toute l'humanité et ses responsabilités.

Notre comportement de consommateur décide

Le «changement de système» ne viendra pas d'en haut si nous, en bas, ne sommes pas prêts. Il est temps de nous changer nous-mêmes, en tant qu'individus et en tant que société! Plus nous nous comprenons comme faisant partie d'un tout, plus nous prenons conscience de la force des liens et des réseaux qui nous unissent sur notre planète bleue. Le pape François l'a résumé en quelques mots dans son encyclique Laudato Si': «Dans le monde, tout est interconnecté» (cf. 16). Par conséquent, ce serait une illusion dévastatrice de penser que les problèmes environnementaux ne touchent que les «autres». Ils nous affectent aussi, nous et nos vies florissantes sous des latitudes privilégiées et douillettes. Nous devons désormais prendre conscience que notre attitude à l'égard des questions environnementales a une conséquence directe sur les autres pays. Notre comportement en matière de consommation détermine par exemple si la forêt amazonienne sera transformée en une zone de pâturage toujours plus grande pour le bétail de boucherie ou en gigantesques plantations de soja pour engraisser les animaux de ferme à l'autre bout du monde.

Défendre la jeune génération

Aujourd'hui, l'humanité entière est confrontée à des défis presque insurmontables. Ceux-ci n'ont probablement jamais été aussi immenses à aucun moment de l'histoire de l'humanité. Nous avons besoin d'esprits jeunes et frais, prêts à emprunter des voies nouvelles qui n'ont jamais été foulées auparavant. En particulier, nous avons besoin des jeunes de notre époque. Ils ne sont pas seulement ceux dont l'avenir est en jeu. Ils sont aussi ceux qui ne cessent de demander aux dirigeants actuels d'en faire plus pour protéger notre terre.

Comment pouvons-nous offrir aux jeunes un espace de changement? Comment pouvons-nous les aider à devenir de plus en plus connectés localement et mondialement? Comment pouvons-nous les soutenir pour que leur cohésion ne reste pas une simple poignée de main, mais se développe comme une chaîne d'acier contre l'indifférence?

Les progrès de la numérisation offrent de nombreuses possibilités de rencontres et d'échanges dans des espaces virtuels. Néanmoins, la véritable rencontre ne naît que dans le vécu d'une expérience partagée. Les relations qui touchent les recoins les plus profonds de notre âme et se transforment en énergie vitale transformatrice se construisent sur cette base. Cependant, la transition écologique tant attendue ne doit pas s'étioler en un mouvement «idéologique». Elle doit avoir le courage de se remettre constamment en question et de dialoguer avec ceux qui pensent différemment. Car dans la vie -que ce soit dans le domaine humain, animal ou végétal- personne n'est superflu, tous sont indispensables pour construire un avenir meilleur!

Camp d'été, à la Lassalle-Haus, du 22 - 28 août 2021

Auteur:

Valerio Ciriello SJ

Valerio Ciriello sj est né à Baden (AG) le 23 août 1975. Jusqu’en 1990, il vie à Bad Zurzach, puis avec sa famille à Teano, la ville natale de son père près de Naples. En 2000, il retourne en Suisse pour ses études à l’Université de Zurich dans le cadre du programme Erasmus. Il est titulaire d’un diplôme en droit de la Seconda Università di Napoli (2002). Il approfondit ensuite ses études à l’University of California à Berkeley (2004) en Refugee Law, International Environmental Law et International Relations Theory. Il détient un Master en études européennes interdisciplinaires du Collège d’Europe (2007).
Valério Ciriello sj a débuté sa carrière dans différents métiers (université, organisations internationales, syndicat, banque). En 2007, il commence à travailler auprès de l'ancienne Autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et, de 2009 à 2014, pour l'organisme qui lui succède, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA.
Valerio Ciriello sj a été actif politiquement, en Suisse, pour le PDC (Parti démocrate-chrétien) et, en Italie, chez les Verts (Verdi) puis au sein d’«Italia dei Valori». En septembre 2014, il rejoint la Compagnie de Jésus, en Suisse. Après avoir prononcé ses vœux au noviciat de Nuremberg en 2016, il a étudie la philosophie et la théologie au Centre Sèvres à Paris. Aujour'hui, il est de retour en Suisse, et travaille comme aumônier universitaire à l'Université de Lucerne.