Jésus rappelle à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager. Il faut croire que pour eux comme pour nous la prière faisait problème. Durer dans la prière n’est jamais évident, pour personne !
Le juge de la parabole est l’antithèse de Dieu. Alors que son rôle est de rendre justice il refuse d’écouter une pauvre femme, et s’il finit par l’entendre c’est uniquement pour qu’elle lui fiche la paix. En contraste, Jésus explique que Dieu est bienveillant et juste, qu’il prend à cœur les demandes de ceux et celles qui s’adressent à lui, qu’il leur rend «justice». Le mot revient cinq fois dans ces quelques versets, pour souligner que pour Dieu il ne s’agit pas de répondre à un simple caprice, mais d’accorder à chaque personne ce qu’elle est en droit d’attendre.
Une remarque de Jésus fait tout de même problème: il fera «bien vite» justice à ceux qui se tournent vers lui. Dieu ne ferait donc pas attendre ses élus? À première vue, la promesse semble en contradiction avec l’expérience quotidienne. Que de demandes lancées vers le ciel sans être exaucées, que de cierges consumés en vain dans nos sanctuaires, que de neuvaines bredouilles. Jésus lui-même en a fait l’amère expérience lorsque, au jardin de l’agonie, il suppliait en vain le Père de lui épargner le calice de la Passion. Entre sa prière angoissée et le moment où le Père lui a rendu justice trois jours plus tard à la Résurrection il y a eu le temps de l’obscurité, la nuit de la foi, l’abandon et la confiance envers et contre tout.
Jésus prévient ses disciples: qu’ils ne confondent pas la prière avec un automate à gourmandises qui distribue des solutions toutes faites. Il les renvoie à l’obscurité de la foi. Prier c’est avant tout poser un acte de confiance aveugle, s’abandonner entre les mains de Dieu. Mais, commente-t-il réaliste, encore faut-il qu’il y ait un reste de foi.
La prière n’est pas un automate (Lc 18,1-8) - La méditation de Pierre Emonet sj pour ce dimanche 19 octobre 2025