Angelo Secchi sjLe père jésuite Angelo Secchi (1818-1878), brillant astronome et astrophysicien italien, «était toujours animé d’un grand amour de la vérité, recherchée avec ténacité par les moyens de la science et les principes de la foi», déclare Mgr Luis Ladaria Ferre sj, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi: «Il a toujours été soutenu par la certitude que les visions du monde, que la foi et la science fournissent à l’homme, sont harmonieuses et complémentaires.» Mgr Luis Ladaria Ferrer s'est exprimé ainsi lors de l’homélie prononcée à la messe célébrée en mémoire du père Angelo Secchi sj et des 200 ans de sa naissance dans l’église de Saint-Ignace-de-Loyola à Campo Marzio (Rome), le 26 février 2018, indique L’Osservatore Romano.

Parmi les concélébrants se trouvaient le recteur de l’Université grégorienne, le Père Nuno da Silva Gonçalves, le supérieur de la communauté, le Père Massimo Nevola, et le recteur de l’église, le Père Savio Vitale. Le «témoignage» du Père Secchi, a expliqué le préfet, est «pleinement inséré dans la tradition de l’Église selon laquelle "la lumière de la raison et celle de la foi viennent toutes deux de Dieu"; c’est pourquoi elles ne peuvent se contredire», comme l’écrivait le pape Jean-Paul II dans l’encyclique Fides et Ratio.

Né à Reggio Emilia (Italie) le 28 juin 1818, le Père Secchi est entré chez les jésuites à l’âge de 15 ans. «La spiritualité de saint Ignace de Loyola, a expliqué le préfet, qui l’avait amené à «chercher et trouver Dieu en toutes choses», a fait découvrir en lui «une synergie naturelle avec ses dons intellectuels et la rigueur scientifique sur son chemin de religieux et de scientifique».

En tant qu’homme de science, le P. Secchi «a été un grand médiateur entre la culture catholique et la culture laïque-libérale dans le moment historique où l’affrontement entre l’Église et le nouvel État du Risorgimento en Italie était très difficile», a souligné Mgr Ladaria Ferrer. Jusqu’à sa mort, a-t-il poursuivi, il est «resté fidèle à sa double vocation de prêtre et de scientifique, dans le lien profond avec l’Église et dans la fidélité au pape».

Ses intérêts étaient nombreux: en plus de l’astronomie, il s’intéressait à l’archéologie, à la géodésie, à la géophysique et à la météorologie. «Il était également très attentif au développement d’applications pratiques des résultats scientifiques, a noté le préfet, dans le but précis d’améliorer la vie des gens ordinaires.»

A cet effet, a expliqué Mgr Ladaria Ferrer, «il a supervisé la création du premier réseau météorologique italien, la détermination du premier méridien de l’Italie, et pour le gouvernement du pape, les précautions générales contre les incendies et l’emplacement des paratonnerres dans les principaux monuments et bâtiments publics de la capitale».

Le père Secchi, a-t-il ajouté, a défini la science applicative comme «science utile»: «Pour cette raison, il est devenu un point de référence à la fois pour le pape Pie IX et pour les autorités de la ville».

Il a participé à de nombreuses expéditions scientifiques nationales et internationales pour l’observation des éclipses solaires totales. Dans le domaine de la climatologie et de la météorologie, il a été très apprécié pour son météorographe (la première station météorologique automatique) qui lui a valu le Grand Prix à l’exposition universelle de Paris en 1867 et l’attribution de la Légion d’Honneur.

Nommé directeur de l’Observatoire astronomique du Vatican, le père Secchi a été le premier à classifier des étoiles sur la base de leurs spectres. «En quelques années, a dit le préfet, il a réussi à observer et à cataloguer plus de quatre mille spectres stellaires, introduisant l’une des premières classifications des étoiles, point de référence indispensable pour les études ultérieures dans ce domaine scientifique. Le père Secchi est également considéré parmi les initiateurs de la physique solaire, à laquelle est dédié son traité Le soleil (1870).»

Le Père Secchi, a conclu le préfet, a pu «montrer que la vraie foi interroge profondément les raisons de l’existence, du cosmos et de tout l’être».

Mgr Ladaria Ferrer
pour l'agence Zenit