Au moment de quitter ses disciples, Jésus ne veut pas les abandonner. Il prie pour eux. Surtout: qu’ils restent unis entre eux, malgré les tensions qui menacent le groupe, les jalousies, la concurrence et la lutte pour les premières places qui les ont souvent opposés. Ils vont vivre dans le monde, dans un environnement hostile, un lieu de luttes et de combats, dominé par l’esprit du Mauvais, qui exacerbera encore plus leurs conflits. Qu’ils ne rêvent pas de vivre ailleurs, dans un milieu plus porteur, où l’enseignement du Maître serait plus aisé à mettre en pratique. Leur place est dans le monde, mais qu'ils soient sur leur garde, car le monde peut les contaminer.
Qui n’a pas rêver un jour d’un autre monde, plus juste, plus fraternel, une sorte de paradis où tout le monde il est beau et il est gentil? Rêve d’un ailleurs meilleurs, qui hante l’imaginaire des disciples comme de tous ceux et celles qui se trouvent écartelés entre l’enseignement du Christ et les séductions du monde ambiant. Leur place est bien dans ce monde. Mais Jésus leur laisse un vaccin contre les influences délétères, la Parole transmise au cours de trois ans d’enseignement, de leçons de choses et d’exercices de discernement. «Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.» Qu’ils les gardent comme une réserve d’oxygène pour ne pas se laisser étouffer par l’air vicié de l’environnement dans lequel il leur faut bien vivre. Elles seront une lumière dans les situations embrouillées, une aide pour faire des choix raisonnables, un encouragement dans la peine, le fortifiant de leur fidélité et le ressort de leur capacité de résilience.
Jésus sait bien que, dans le monde, ses disciples ne sont pas à l’abri de toute contamination. Il les a prévenus. Le risque de contamination est bien réel. Mais pour peu qu’ils reviennent à sa parole ils rebondiront. Ils retrouveront la joie de vivre.