• «Ce que les yeux sont pour le monde extérieur, le jeûne l’est pour le monde intérieur.» Mahatma Gandhi

Comment avez-vous vécu le début du Carême ?

«Avez-vous pris des résolutions pour traverser ce temps particulier de l’année avec davantage de présence et de vigilance intérieure?» Questionne Mathias Werflei sj dans un billet spirituel paru dans la newsletter de la province en allemand Ignatianische NachbarschaftsHilfe

Depuis toujours, trois chemins aident à revenir à l’essentiel: le jeûne, la prière et l’aumône. Le jeûne nous apprend le détachement et nous libère du superflu. La prière nourrit notre relation à Dieu, mais aussi avec nos semblables lorsque nous prions pour eux. Quant à l’aumône, elle nous rappelle que le don de soi ne nous appauvrit pas, mais qu’il est possible de partager tout en recevant encore ce qui est nécessaire pour vivre.

Si je me fixe ces trois objectifs en même temps, et que s’y ajoute une envie de performance qui me pousse à vouloir tout faire parfaitement, le risque est grand d’abandonner après une semaine, simplement parce que tout devient trop lourd. C’est pourquoi je choisis de me concentrer sur une seule pratique, et de la vivre avec pleinement.

Un second point me paraît tout aussi important : entrer lentement et progressivement dans le Carême. Le chemin qui mène à Pâques appelle un véritable changement, une transformation de nos habitudes, et cela demande du temps. Dans l’Église ukrainienne –comme au sein des autres Églises orientales de tradition byzantine– cette progression s’inscrite dans la liturgie elle-même. Nous vivons un temps de pré-Carême, durant lequel nous renonçons déjà à certaines choses afin de nous préparer, en conscience et pas à pas, au Carême proprement dit.

Il y a deux semaines, nous avons célébré le dimanche du renoncement à la viande (М’ясопусна – M’yasopusna). À partir de ce jour, la viande a disparu de nos assiettes, tandis que le lait et les produits laitiers restaient encore permis. Une semaine plus tard, nous célébrions le dimanche du renoncement au fromage (Сиропусна – Syropusna), marquant également l’abandon de tout produit laitier comme du lait en lui-même.

Aujourd’hui, alors que l’agriculture n’occupe plus la place prépondérante qu’elle avait autrefois et que nous sommes happés par des besoins et envies plus chronophages que le simple fait de se nourrir, nous pouvons élargir notre regard et nous exercer à d’autres formes de renoncement et de préparation. À quoi pourriez-vous renoncer pour vivre ce temps avec davantage de conscience et de profondeur? 

Je vous souhaite un Carême béni et enrichissant.

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