«Si Isaïe pouvait nous interpeller aujourd’hui, il nous demanderait sans doute pourquoi nous continuons à consacrer des milliards de dollars aux armes et aux baisses d’impôts, tout en réduisant l’aide destinée aux personnes qui souffrent de la faim, aux malades, aux chômeurs, ainsi qu’aux victimes des guerres et des catastrophes climatiques», estime le père Thomas Reese sj dans un article paru sur le site de l’agence américaine Religion News Service.
Le prophète Isaïe avait des positions très claires sur les enjeux politiques de son époque. Et ses paroles, que les catholiques et d’autres Églises entendent chaque année durant les quatre dimanches de l’Avent à travers le lectionnaire commun, sont impossibles à écouter sans les relier à la situation politique actuelle, commente le jésuite américain.
Isaïe a commencé à prêcher environ 750 ans avant la naissance du Christ, à une époque où le peuple juif était divisé en deux royaumes: Israël au nord et Juda au sud. Issu d’une famille aisée de Jérusalem, capitale de Juda, Isaïe a vécu dans un contexte de conflits internationaux et d’alliances instables. L’Assyrie, correspondant en grande partie à l’Irak actuel, était alors la grande puissance régionale.
Face aux pressions militaires et diplomatiques, Isaïe a pris position. Il affirmait que les relations internationales devaient être guidées par la volonté de Dieu, et non par des calculs politiques à court terme. Il s’opposa aussi bien aux alliances qu’aux révoltes mal inspirées, mettant en garde les rois contre une confiance excessive dans les puissances étrangères. Ses avertissements lui valurent d’être considéré comme naïf, voire comme un traître — un sort familier à ceux qui critiquent le pouvoir.
Comme au temps d’Isaïe, notre monde est marqué par les conflits, les inégalités et la corruption. Face à ces réalités, Isaïe nous inviterait à ne pas céder aux solutions faciles ni à la confiance aveugle dans les experts autoproclamés, mais à rechercher un ordre politique fondé sur la justice et la paix.
Pendant l’Avent, Jean-Baptiste reprend cet appel: le règne de Dieu est proche, et il suppose une conversion non seulement personnelle, mais aussi collective. Préparer le chemin du Seigneur, aujourd’hui encore, signifie œuvrer concrètement pour la justice et la paix.
Lire l'article complet du Père Reese dans sa version anglaise sur Religion News Service.