Couv supp692 Echos

Voilà l'été! Ses va-et-vient entre farniente et travail, ses transhumances humaines qui parfois annoncent des changements de cap plus profonds. Ce sera le cas pour Luc Ruedin sj qui, dès le mois de juillet, s'en va à Nuremberg où il prendra de nouvelles fonctions: socius du noviciat qui accueille les postulants jésuites des provinces de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche et de Lituanie. En Bavière, le jésuite suisse aura également un rôle à jouer dans le diocèse. Enfin, il donnera diverses retraites (Jalics et ignatiennes) et approfondira le dialogue interreligieux Orient-Occident. Son rôle de socius étant agendé jusqu’en septembre 2020, date à laquelle l’équipe du noviciat sera restructurée, Luc Ruedin pourrait être de retour en Suisse en automne 2020.

Le second article du numéro des Échos des jésuites de Suisse de l'été revient sur la conférence donnée en mai par jésuite syrien Ziad Hillal autour de son dernier ouvrage: Homs, l’espérance obstinée (Paris, Bayard 2019). Ce livre est un témoignage exceptionnel sur les trois années de guerre civile qui ont ensanglanté Homs entre 2011 et juin 2014. Comptant environ 750'000 habitants, située à mi-chemin entre Damas et Alep, la ville a connu de violentes manifestations contre le gouvernement de Bashar al-Assad. Elles se sont dès 2012 transformées en insurrection générale. «Le père Ziad, gardant toujours une parfaite impartialité, raconte au fil des mois, les conflits, les destructions, les drames qui ont transformé la ville en un grand champ de bataille», commente le Père Joseph Hug sj. Tout au long du récit surgit cette question, sans réponse: «Comment est-il possible de voir se répandre l’esprit de vengeance au sein de notre peuple? Des Syriens massacrant d’autre Syriens: c’est le visage désolant de ce conflit.»

Enfin, un troisième article fait écho du travail mené par le Pascal Meyer sj au sein de Jesuit Worldwide Learning (JWL) où il poursuit sa formation de jésuite: «Il y a six ans, quand j’ai entendu pour la première fois le mot magistère, on aurait dit un mélange de magie et de ministère. En réalité, il s’agit du volet pratique de la formation jésuite: le scolastique travaille deux à trois ans dans un ministère de la Compagnie, apprend à le connaître de l’intérieur et acquiert de nouvelles compétences. Depuis l’automne 2018, je fais mon magistère à Genève, au sein de JWL, en tant que Global Student Services & Alumni Manager.» Le jeune zurichois se rend ainsi dans des régions en crise, comme à Kakuma, au Kenya, où il a rencontré la Sud-Soudanaise Keth. Il témoigne.

Redevenir des enfants

Couv supp692 JWW«Expulsés du Myanmar, échoués dans la baie du Bengale: le sort des Rohingyas a ému l’opinion publique mondiale en 2017 - et il n’est toujours pas clair près de trois ans après», note Tony Kurmann sj, président de la Fondation Jésuites International, dans le cahier réservé à l’organisation caritative des jésuites suisses. «Le Myanmar ne veut pas reprendre le million de réfugiés, le Bangladesh veut s’en débarrasser. Les enfants ne sont donc pas autorisés à aller à l’école, ni les parents à travailler. Pour la première fois cependant, une lueur d’espoir apparaît: le gouvernement du Bangladesh envoie des signaux indiquant qu’il autoriserait l’éducation dans les camps de réfugiés rohingyas, rapporte Stan Fernandes sj, directeur du JRS Asie du Sud.»

Steffen Windschall, de la Fondation Jésuites international, s’est rendu dans la région côtière du Bangladesh où sont bloqués, depuis 2017, 700’000 Rohingyas ayant fui le Myanmar. Il témoigne du quotidien des camps où des huttes misérables, faites de bambous et de bâches en plastique, traversent le paysage montagneux. Certaines de ces constructions de fortune font office d’école, mais sans que ce mot n’apparaisse sur une pancarte. Chacune accueille vingt enfants et leurs instituteurs bengalis. Condamnés à ne rien faire, leurs parents apprécient que les ONG leur confient de menus travaux qui tranchent avec leur quotidien terne. À l'image de Nazir Amad, gardien de nuit et père de six enfants, qui témoigne fièrement: «J’aide à rendre la vie dans le camp plus sûre.» Ou Nurbahar, enseignante assistante: «Dès que j’ai commencé, mon mari est revenu vers moi.»

Quant à Stan Fernandes sj, directeur du JRS Asie du Sud, il revient sur la détresse des boat-people, ces réfugiés qui fuyaient, à la fin des années 70, le Viêt Nam par voie maritime. Le 14 novembre 1980, le supérieur généra des jésuites, le Père Pedro Arrupe sj, fondait le Service jésuite des réfugiés (JRS). Il pensait que la crise des réfugiés prendrait bientôt fin et que d’autres défis les attendaient...

À lire: Echo_692_complet.pdf