spiritualité

  • A l’école de la patience

    par Pierre Emonet sj - Loin d’identifier ses auditeurs avec une terre ingrate, Jésus les encourage à travailler leurs champs pour qu’ils deviennent productifs. Le paysan qui a hérité une mauvaise parcelle sait bien que tout terrain peut être assaini à condition d’y mettre le prix. Épierrer, débroussailler, labourer, épandre le fumier, la tâche est ardue, elle exige beaucoup de patience et une bonne dose d’endurance, mais peu à peu elle transforme le sol en une meilleure terre. Joie de la patience et de la persévérance!

  • Deviens ce que tu manges

    «Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; le pain que je donnerai, c’est ma chair.» Seule la routine nous permet d’entendre de tels propos sans nous émouvoir ou protester, estime Pierre Emonet sj dans son commentairede dimanche 14 juin. «Car ils résonnent comme une provocation, et on comprend la perplexité de des auditeurs de Jésus.»

  • Entrée dans l’arche - Figures d’Ancien Testament

    C’est une affaire de famille, les uns après les autres, ils montent dans l’arche. Noé, le père, accueille ses enfants; après les couples d’animaux, sa femme les lui fait passer. Il n’est pas loin le temps où il faudra partir voguer, et attendre le retour du corbeau, puis de la colombe.
    Après Vézelay, nous sommes ici à Autun, mais le motif est presque identique. La scène se situe quelques versets plus loin dans le récit. Après le moment de la construction, c'est celui où chacun prend place. Les uns après les autres, ils seront là. Mais auparavant, l’arche a été bien construite. L’entrée se trouve sur le côté, l’arche se termine par un pignon. Tous les détails parlent au sculpteur qui fait le récit de la scène.

  • La main de l’Ange - Figures d’Ancien Testament

    À l’ombre de la promesse, rien n’est dû, tout est don. À marcher avec le Seigneur, Abraham et Sara apprennent un nouveau rythme. Il y a les ruses et les subterfuges, les combats et les compromissions, et puis ces étoiles du ciel, tout dépend du fils venu tardivement quoique annoncé. Tout dépend de Dieu, jusqu’au bout.
    Nous sommes à Souillac. Sur une autre face de ce trumeau, il y avait Adam et Eve expulsés du paradis. Là Abraham, Isaac, le bélier -sans ses cornes prises dans un buisson- et la main de l’Ange: tout y est. Dans un entremêlement de corps et d’animaux, le sacrifice et le don, tout ensemble, point de départ qui résume toute la promesse faite à Abraham.

  • Le courage de ses convictions

    «La peur ne doit pas vous rendre muets ni vous empêcher de parler. Exprimez publiquement vos convictions profondes. Proclamez sur les toits ce que vous avez appris à l’école du Christ», s'exclame Pierre Emonet sj qui rappelle pour ce dimanche 21 juin, que l’encouragement de Jésus -«Ne craignez pas»- reste d’une actualité cuisante! Une chronique à lire en intégralité ci-après.

  • Solos Dios basta - Dieu seul suffit

    En ces temps chahutés par le coronavirus, Luc Ruedin sj propose de cheminer aux côtés de Thérèse d'Avila en prêtant l'oreille aux voix des frères de Taizé pour éclairer notre route! À chaque phrase, son commentaire à méditer.
    Aujourd’hui: Solos Dios basta! - Dieu seul suffit!

  • Vivant - Dimanche de la Résurrection

    Un visage, des mains, une présence. La pierre trace un mouvement. Le Vivant ne se laisse pas contenir ou retenir. Il est devant, il est ailleurs. Sa voix et sa capacité au dialogue, ses mains et ses blessures, le font reconnaître. Il est là. Déjà, la rumeur enfle, il est ici, il est Vivant.
    Ici, à Saulieu, il est au cœur de l’une des scènes d’apparition. D’ordinaire, celles-ci appartiennent au chœur et dialoguent de vive voix avec les scènes de l’enfance. Ici, elle est dans la nef. À gauche, je crois. Elle est là. Près du peuple, près de nous.

  • « J’ai un rêve »

    par Mathias Werfeli sj - Les rêves sont trompeurs. Pas pour Jésus qui, dans le Sermon sur la Montagne, invite ses disciples et les autres auditeurs à suivre son rêve et le faire devenir réalité. Son rêve est plus que jamais d’actualité: il nous guide vers une nouvelle ère de coopération et de la solidarité.

  • «Parce que tu m’as vu, tu crois», 2e Dimanche de Pâques

    Une semaine depuis que la pierre du tombeau est roulée. Tout est changé, tout demeure. Certains encore, tel Thomas, ne peuvent croire sans voir, sans toucher, sans mettre leur main dans son côté. Il en va de la foi, il en va aussi de la blessure, de son sens, et de ce qu’elle signifie dans la durée. La blessure devient reconnaissance.
    Ici, presque en majesté, voici le Christ au milieu de ses disciples. Les scènes sont parallèles. Avant-hier, presque analogue, le Christ se tenait entre un homme, Pierre, et sans doute une femme, peut-être Marie-Madeleine. Il est sur ce chapiteau dans la cathédrale de Vienne (France). Scène forte, de présence, de témoignage.

  • A propos de solidarité et d'obéissance

    Conversations avec le Père Général de la Compagnie de Jésus

    Chaque mois, Patrick Mulemi sj, directeur du Bureau des Communications et Relations Publiques de la Curie Généralice de Rome, s’entretient avec le Père Général Adolfo Nicolás sj sur les principales missions, préoccupations et positionnements de la Compagnie en ce XXIe siècle. En ce mois d’avril, suite aux séismes au nord-ouest de l’Equateur et au Japon, leur conversation s’est portée sur les notions de Pauvreté et de Solidarité, mais aussi d’Obéissance, de Volonté de Dieu et de Processus.

  • Abraham et Lazare - Figures d’Ancien Testament

    De l’Évangile de Luc:

    «Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux.
    Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères.
    Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
    Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra.

  • Abraham et Sara -Figures d’Ancien Testament

    Tour à tour selon les moments du récit, ils sont mari et femme, frère et sœur; l’un et l’autre cheminent ensemble jusqu’à un âge avancé. La promesse se précise, se renouvelle, elle tarde à s’accomplir. Tous deux, Abraham et Sara, en partagent les péripéties, d’abord en Égypte, en Canaan, vers Damas, à combattre Sodome, dans le pays du Néguev, enfin. Ici pour Israël, il s’agit de fondation, il n’y a rien de simple.
    Nous voilà de retour dans le cloitre de Saint-Trophime à Arles. Aujourd’hui et demain, nous faisons le tour d’un unique chapiteau, à trois faces. Aujourd’hui, le mari et la femme ensemble, proches, semblant marcher de concert. Demain, ce sera la première annonciation de l’Ancien Testament, promesse concrète que Abraham aura une descendance. La troisième partie, trop endommagée pour être montrée, présente le veau tué pour les hôtes de passage.

  • Aimer, un verbe ambigu

    Aimer! Qu'est-ce qui se cache au juste derrière ce verbe qui sonne si doux à nos oreilles? Une ambigüité, celle de la langue française qui n’a que ce seul mot «pour traduire deux expressions grecques antagonistes qui signifient l’amour narcissique et l’amour oblatif», note Pierre Emonet sj, expliquant ainsi la demande du Christ de l'aimer plus que notre mère, plus que notre père, notre fils ou notre fille! Une chronique à lire en intégralité ci-après.

  • Aimer: passion ou action?

    Luc Ruedin sj - Chacun d'entre nous le sait bien: vivre vraiment, vivre pleinement c'est aimer, et c'est aimer vraiment. Pourtant, chacun le sait aussi, et c'est l'évidence: aimer ne se commande pas; aimer ne se dicte pas; aimer n'est pas un acte de volonté pure: «L'amour ne se commande pas, puisque c'est l'amour qui commande», comme l'écrit André Compte-Sponsville dans son Petit traité des grandes vertus (LGF/Le Livre de Poche 2018).

    La preuve? L'épreuve! Tomber amoureux s'éprouve! Être endeuillé d'un être cher s'éprouve! Ce sont passions, sentiments, états intérieurs de joies trop grandes, de tristesses trop pleines. Avant tout et d'abord aimer est donc passivité. Passion souvent qui nous déborde: «elle est tombée amoureuse» indique bien que... quelqu'un l'a fait tomber! «Il est affecté par la perte d'une épouse», dit bien que l'émotion bouleverse ce qui ne peut encore se réfléchir, se mettre en paroles, être fruit d'une activité. Un équilibre est rompu; une force nous atteint plus profond que notre conscience: explosion de vie inconnue, jouissive, savoureuse ou implosion d'une relation aimée, chérie qui semble disparaitre dans les pleurs du deuil...

    Aimer d'action vient après ou peut-être en même temps. Quelque chose en nous a été touché. Épris ou meurtris nous avons, à notre rythme, à conjuguer cette passivité. Nous avons à lui donner, grâce à notre liberté, une forme, une durée, une vie propre et unique. Nous avons à la transformer en respectant ses lenteurs, ses résistances. Si aimer est un sentiment, il se conjugue dans l'action. Là est le champ de notre liberté. Là s'éprouvent ses effets.

    Ainsi, c'est passer des flammes et éblouissements de la première rencontre à l'engendrement heureux et serein d'une amitié amoureuse: le feu aura su devenir foyer, l'éblouissement lumière... C'est, en ces durs chemins de séparation, de pleurs et de douleurs, trouver peu à peu, petit à petit, la présence intériorisée de celui ou de celle qui nous a quitté; de celui ou de celle qui vit en nous, présence enfouie mystérieusement. Présence au cœur de notre cœur que les oublis de notre mémoire et les rides du temps ne peuvent altérer.

    Aimer est passion et action. Aimer conjugue les deux dans ce subtil équilibre que l'Esprit-Saint peut nous donner de percevoir si nous nous disposons à l'écouter. Subtil équilibre que Son action nous donne de sentir dans notre existence dans la mesure où notre liberté croît. Pour cela, il importe que nous lui laissions la place. Il importe que nous soyons justement passifs à Son action pour que notre activité libérée puisse faire fructifier les fruits de Sa passion.

    Luc Ruedin sj

    Nature pxhere© pxhere 

  • Aveugle ou borné? Un choix cornélien

    Par Pierre Emonet sj - Ce dimanche 22 mars 2020 sera une nouvelle fois sans messe publique, mais pas sans Évangile! Pierre Emonet sj propose sa réflexion autour de «Ceux qui savent ou ceux qui croient?» Un texte bien à propos en ces temps de consignes étatiques édictées pour protéger la population de la pandémie qui s'est abattue sur elle, qu'il sera bon de méditer:
    Un grand débat pour savoir qui voit clair. Ceux qui savent ou ceux qui croient? Voilà une question à laquelle personne n’échappe.

  • Baumes et aromates - Mardi de Pâques

    Quelques femmes, une fois de plus, les bras chargés de parfums et d’aromates. Les voila se préparant à aller vers le tombeau, il sera vide. Animées, portées par le désir d’aller jusqu’à l’extrême de la vie, elles vont aux portes du jardin. La paix triomphe de la violence. La vie plus forte que la mort.
    Nous sommes à Mozac. Le chapiteau est à terre. Il est puissant. On en mesure la taille impressionnante. S’il était en haut des colonnes, il paraîtrait plus fragile, plus faible. Des femmes, le regard est assuré, la main ferme. Force de la coutume, de l’être qui ne renonce pas à la vie.

  • Bienvenue chez les lions - Jour 6

    Moitié lions, moitiés chats, sympathiques mais aussi bien méchants. Félins puissants, forts, chasseurs et tueurs. Se tenir au milieu d’eux, c’est résister, mais aussi découvrir une présence.
    Ce chapiteau du narthex de Saint Benoît sur Loire n’a guère vraiment de titre: il est le chapiteau «aux lions». Sa présence signe l’entrée d’une abbaye influente. Lisons simplement la pierre.

  • Brebis heureuses ou moutons d’abattoir?

    Par Pierre Emonet sj - Ce dimanche 3 mai sera une fois encore un dimanche sans messe publique, mais pas sans Évangile! Pierre Emonet sj se demande si nous sommes «Brebis heureuses ou moutons d’abattoir» (Jn 10,1-10): Les brebis suivent-elle la voix du berger? ou, sacrifiées aux intérêts de ceux qui leur ont volé leur vie, ne sont-elles plus que des moutons destinés à l’abattoir?

  • Caïn meurt - Figures d’Ancien Testament

    Nulle part il est dit que Caïn meurt, bien au contraire, mais en art roman, le voilà tué. Imagination, la Bible plus loin que la Bible. Le sculpteur échappe à la tutelle des moines et des théologiens, le voilà auteur, compositeur, inventeur. La mort échappe au texte, elle s’échappe du regard de Dieu qui protège. Elle est dissimulée cachée, derrière les feuillages.
    La chapiteau appartient à la série fascinante de Vézelay. Elle est aussi à Autun. Les deux églises ont une étonnante proximité thématique, culturelle, et esthétique. Le thème y est abordé pratiquement de la même manière. Connivence bourguignonne.

  • Chrétienté et franc-maçonnerie

    Le Père Étienne Perrot sj, chroniqueur sur notre site jesuites.ch et membre du comité de rédaction de la revue culturelle jésuite choisir, participait le 2 mars 2019 dernier au débat qui a suivi la diffusion du reportage sur la  Franc-maçonnerie: rituels, secrets et fantasmes. Un reportage proposée sur RTS Un dans l'émission Faut pas croire.