santé

  • COVID-19: la solidarité jésuite à Hong Kong

    Chine Jingzhou CornonavirusBien qu’elle n’apparaisse pas au premier plan dans les moyens de communication internationaux, la ville de Jingzhou en province du Hubei, située à quelques 220 Km à l’ouest de Wuhan a été fortement touchée par l’épidémie de COVID-19. La Compagnie de Jésus a répondu à l’urgence représentée par des milliers de personnes touchées dans la ville en donnant 1800 masques chirurgicaux N95, plus sophistiqués que les masques normaux au People′s Hospital de Jingzhou.

  • Danger de la 5G

    5gÉtienne Perrot sj - Le Conseil fédéral vient de rappeler que les Cantons ne «sont pas compétents» pour décider de la nocivité du rayonnement hertzien destiné aux communications entre téléphones portables de cinquième génération ( La «5G»). Né avec le premier Sommet de la Terre (Rio 1992) qui tentait de concilier, -au moins dans les principes-, le social, l’écologique et l’économique, le principe de précaution manifeste ici encore sa dimension politique. Comme quoi, ce que l’on nomme aujourd’hui la gouvernance (qui désigne davantage un style de gouvernement que l’institution elle-même) s’invite dans les débats technico-scientifiques, au nom de la santé publique.

    Plusieurs cantons avaient en effet décrété un moratoire sur les installations des antennes 5G, au nom de leur caractère potentiellement dangereux. Ces moratoires cantonaux sont illégaux, rappelle la Confédération. Certains voient ici les fruits d’une intense activité des lobbys payés par les sociétés de téléphonie mobile. Comme écrit Le Courrier: «C’est la Confédération qui est responsable de la protection des personnes contre les rayonnements nocifs. Les cantons ne sont par conséquent pas compétents pour décréter des moratoires.» En Suisse donc, seule la Confédération a compétence pour trancher en ce domaine où se conjuguent la science, l’économie et la santé publique.

    J’épingle ce mot de «compétence» qui joue à la fois sur le savoir technico-scientifique et le droit. Il y a là comme un bon reflet de l’ambivalence de la modernité. L’être humain doit se comporter comme «maître et possesseur de la nature», prétendait le Discours de la méthode(Descartes); et pour cela il fait fonds sur le savoir. Mais le savoir ici ne fait pas la décision. Non pas que la Confédération bénéficie d’un savoir supérieur à celui des cantons. Nul ne le prétend; les résultats des recherches sont ouverts à tous. Mais, face à l’incertitude, le droit qui répartit les responsabilités entre les diverses instances de la société, a le dernier mot, en laissant jouer la précaution qui repose sur le contraire du savoir, le doute.

    La précaution procède de la vertu de prudence. Mais, pas plus que d’un plus grand savoir, la Confédération ne bénéficie pas davantage d’une plus grande vertu de prudence. Selon la définition usuelle en effet, la précaution veut qu’en absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, on ne doive pas retarder l’adoption de mesures «effectives et proportionnées» visant à prévenir un dommage grave et irréversible à un coût acceptable. Que d’appréciations subjectives entrent dans la mise en œuvre de ce principe de précaution!

    Ni meilleure connaissance, ni plus grande vertu, reste donc à reconnaître à la Confédération une suprématie purement institutionnelle qui lui permet de s’imposer aux Cantons. Nous retrouvons donc, cachée sous les règles institutionnelles, et dans sa dimension politique, l’incertitude, racine de toute responsabilité.

  • En attendant le futur, la cryogénisation

    Étienne Perrot sj - Dans une série d’enquêtes faites autour de San Francisco sur les possibilités offertes par la science, un article du Temps de ce jeudi 4 octobre 2018 présente la cryogénisation. Ceux qui ont l’espoir (et l’argent) font conserver leur corps ou simplement leur tête dans de l’azote liquide à basse température (196° au-dessous de zéro). Ni morts, ni vivants, ils sont «suspendus» entre la vie et la mort en attendant le jour où la science leur permettra de survivre, voire de revivre, délestés des maladies ou de la vieillesse qui les encombrent aujourd’hui.

    À la Fondation Alcor, dans la banlieue de Phoenix, aux USA, un corps à conserver coûte 200'000 dollars, une tête 80'000 dollars. Activité controversée car elle fait payer cher une hypothèse encore problématique, illégale dans certains pays, elle n’en est pas moins opératoire et rentable. Selon le responsable d’Alcor, quelques centaines de personnes se sont mis sur les rangs, 163 personnes sont déjà plongées dans l’azote liquide; «attendant qu’on les ressuscite».  

    J’épingle ce dernier verbe. Parler de résurrection est douteux. Car il ne s’agit que de prolonger la vie, ne serait-ce qu’en conservant un ADN à partir duquel la science, dans un avenir encore imprévisible, pourrait faire renaître un être vivant. J’émets le même doute quant à l’usage à contre-sens du mot d’origine indoue de réincarnation. (À contre-sens, car les Indous aspirent non pas à un corps éternel, mais, par la voie de réincarnations successives, au Nirvana qui les libérera de leur corps.) Que ce soit par la science ou par la réincarnation dans sa version occidentale, il s’agit toujours en fait de faire un pari matérialiste sur l’avenir. C’est finalement une dévalorisation du présent. C’est agir à la manière de l’enfant qui ne sait pas apprécier le plat de résistance, car toute son imagination le porte vers le dessert. Mon compatriote Blaise Pascal s’en désolait déjà voici bientôt quatre siècles: «Le présent n’est jamais notre fin, -écrit-il,-. Le présent, comme le passé, sont nos moyens; le futur seul est notre fin. C’est ainsi que nous ne vivons jamais, car nous espérons de vivre; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne se soyons jamais.»

  • Jésuites de Notre-Dame en prière pour vous et avec vous!

    La communauté fribourgeoise des jésuites de Notre-Dame de la Route, à Villars-sur-Glâne, comme toutes les communautés jésuites de Suisse, ont suspendu la célébration des messes en public. «Il s’agit de tenir un vilain virus à distance. C’est l’occasion de nous unir davantage à Dieu et à tous nos amis, malades ou bien-portants. Car l’amitié ne craint pas la séparation physique, mais seulement la tiédeur», ont-ils affiché sur la porte de la chapelle. Ils proposent de prier pour vous et ensemble...

  • L'indispensable aide sociale

    CAR Banner CaritasCH Kim f 970x547Étienne Perrot sj - Jamais n’a semblé plus pertinente la formule du pape Pie XII, reprise par le pape François: «La politique est la forme la plus haute de la charité». Ceux qui, à l’intérieur de l’Église, comme à l’extérieur, réduise la charité à la gentillesse et à l’entraide interpersonnelles, pèchent contre la charité. Je ne dirais pas qu’ils se donnent bonne conscience, ce serait téméraire, et sans doute largement faux; mais ils ne mobilisent pas pour l’amour du prochain l’intelligence nécessaire de la situation sociale.

    Analyser les faits avec les moyens les plus adéquats est la première exigence de la charité. Le SAMU social de Paris, aide médicale d’urgence pour les gens qui vivent dans les rues de la capitale française, finance des études contrôlées par un Comité scientifique et éthique, dont je faisais partie. De la même façon, la Caritas, comme toutes les ONG sérieuses, essaie de connaître le plus rigoureusement possible la population qu’elle prétend aider.

    Pour partager ces connaissances, Caritas suisse rassemble chaque année à Berne, un forum socio-politique dont le thème, le 31 janvier dernier, était «L’aide sociale est indispensable!» J’en rappelle les chiffres les plus troublants: «Près de 700’000 personnes, dont 120’000 enfants, sont en situation de pauvreté en Suisse, et la tendance est à la hausse.» Un intervenant au Forum, professeur de l’EESP, estime, sur la base d’études convergentes, que alors que 300’000 personnes sont à l’aide sociale en Suisse, les «programmes d’activation», s’ils peuvent être utiles pour éviter l’isolement social, s’ils peuvent contribuer à garder l’estime de soi, permettent rarement de réintégrer le premier marché de l’emploi.

    J’épingle la dimension socio-politique du problème, qui révèle les dérives individualistes du capitalisme moderne. Sur le volet social, la tendance à l’«ubérisation» du monde du travail, chacun étant supposé devenir des «auto-entrepreneurs», responsables de leur emploi et prenant tous les risques sur eux… Ce qui cache les causes structurelles de leur situation: pauvreté, culture, formation. Comme le faisait remarquer un intervenant: «Cela convient peut-être pour un job d’étudiant, par pour faire vivre une famille!»

    Sur le volet politique, le refus des discours populistes de droite qui dénoncent l’aide sociale, stigmatisant les personnes en difficultés, voire les qualifiant de «parasites sociaux». Comme si ceux qui en bénéficiaient en étaient les seuls responsables. Le directeur de Caritas Suisse déplore que l’on se concentre uniquement sur l’assainissement des assurances sociales -AVS, AI, PC, 2ème Pilier, Assurance-maladie- mais le problème est bien plus vaste. Je ne peux que lui donner raison.

    Notre illustration: photographie de Caritas Suisse et de son action Vaincre la pauvreté des enfants en Suisse© Caritas Suisse

  • Les statistiques du virus

    Puisqu’il faut trouver un responsable de la pandémie du coronavirus, on pense immédiatement au gouvernement, d’abord celui de la Chine, coupable de n’avoir pas pris à temps les mesures qui auraient permis de circonscrite à Wuhan l’épidémie, puis les gouvernements des divers pays contaminés, en Europe tout particulièrement.

  • Lettre de saint Ignace au temps du Covid-19

    En ce temps d’inquiétude, saint Ignace de Loyola envoie une lettre par le biais du P. Nikolaas Sintobin sj, jésuite flamand.

    Chers habitants de la terre,

    Home 2 Coronavirus Rick Timmermans

    Je vois que vous avez du mal à trouver la bonne attitude face au #coronavirus. Ce n'est pas étonnant. Au cours des dernières décennies, la science a fait de tels progrès que vous en êtes venu à croire qu'une solution à chaque problème peut être trouvée en un rien de temps. Il devient maintenant évident dans le monde entier que c'est une illusion. Pour beaucoup d'entre vous, cela est assez déroutant.

    J’ai été moi-même aux prises avec une maladie chronique pendant plus de trente ans. En tant que supérieur général de l'ordre des jésuites j'ai été confronté à tous les problèmes possibles et imaginables, jour après jour, pendant quinze ans. J'aimerais vous donner quatre conseils pour traverser cette période difficile. Elles sont tirées de ma propre expérience.

  • Messes suspendues

    COVID-19 - Face à la pandémie actuelle, le diocèse s’aligne sur les mesures prises par le Conseil fédéral en interdisant, jusqu’au 30 avril2020, la célébration en public de toutes les messes sur le territoire diocésain. Elles seront célébrées à huis-clos, communique le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Rappelons que c’est toute la Suisse qui suit le même régime!

  • Messes suspendues à Genève

    COVID-19 - Mgr Charles Morerod a émis un décret supprimant toutes les messes dans le canton de Genève jusqu’au 15 mai 2020, y compris pendant la période pascale. Les funérailles également devront se dérouler dans l’intimité stricte des proches. «Aucune autre dérogation ne sera acceptée», précise le décret. Cette décision s’inscrit dans les mesures des autorités genevoises de lutte contre la propagation du coronavirus.

  • Mieux qu’une norme, du discernement

    FB religieuse pxhere EmonetPierre Emonet sj - Voilà une nouvelle que beaucoup n’attendaient pas: les sœurs comme tout autre professionnel sont sujettes au burn-out. Je n’en suis pas étonné, ayant eu plus d’une fois l’occasion d’aider des religieuses à échapper à un style de vie qui, à force de les exploiter les déshumanisait: travail harassant, horaires exagérés, vie communautaire sans un espace de liberté, vacances au compte-goutte, sorties contrôlées, pas de vrais loisirs. Pour la gloire de Dieu! Et celle qui s’en plaignait était renvoyée à la Passion du Christ.

    Il fut un temps! On en est revenu, mais pas partout ni toujours.

    Pour y remédier, l’Union internationale des supérieures des congrégations de religieuses a décidé de créer une commission qui se penchera sur l’épuisement professionnel de leurs membres. Une psychologue a été engagée, qui propose d’investir dans le bien-être des religieuses en rédigeant «un code de conduite, tout comme il existe des directives pour la protection des mineurs.» Elle suggère de fixer des normes qui garantissent le bien-être des religieuses: des contrats de travail clairs qui préciseront les droits et les obligations des sœurs et de leurs employeurs (évêques, curés, associations, entreprises, etc.). Voilà qui permettra d’éviter les abus.

    On ne saurait cependant réduire l’engagement professionnel ou bénévole d’une religieuse à un simple rapport employeur/employé. La vie religieuse n’est pas un métier. Parce qu’elle est le choix d’une existence donnée sans retour, elle suppose une solide liberté intérieure. Apprendre à gérer le don de soi et sa propre générosité, tout en tenant compte de ses forces et de son temps, précède normes et contrats. Une solide formation au discernement peut être plus utile pour assumer en bonne conscience un choix éminemment personnel face à n'importe quelle instance.

    Photos © pxhere

  • Panique sur les marchés financiers

    Home schema coronavirus Wikipar Étienne Perrot sj - Les banques centrales sont appelées à calmer les effets économiques du coronavirus. La banque d’Angleterre, tout comme la banque d’Australie, ont diminué leur taux de base de 0,25 points. La banque centrale européenne, tout comme celle de la Confédération, se sont dit prêtes à prendre des mesures de soutien à l’économie, sans pour l’instant passer aux actes. Il est vrai que les taux négatifs ne leurs permettent plus une grande marge d’assouplissement. Mardi 3 mars 2020, la Fed (la Réserve fédérale des États-Unis) a créé la surprise en annonçant dans la précipitation une baisse de 0,5 points de base du taux américain. Les marchés boursiers ont immédiatement réagi, d’une manière mécanique pourrait-on dire, par une hausse, avant de retomber.

  • Une vie spirituelle au-delà du virus

    Un virus nommé Covid-19 est en train de dominer le monde. Certains d'entre nous sont déjà touchés dans leur santé, d'autres craignent pour leurs proches. D'autres encore continuent à travailler pour le bien de tous. Chez nous, comme partout ailleurs, nous avons besoin de ressources pour tenir bon sur la durée, physiquement et spirituellement. Même si la situation ne semble pas toujours maîtrisée, l’espérance qui a toujours guidé et porté l’humanité est, aujourd’hui, celle de la solidarité par-dessus les frontières nationales, culturelles et religieuses.

    En ce temps d’incertitude, où la maladie menace, il est réconfortant de prendre soin de sa vie spirituelle, chacun à son rythme. Les activités socio-culturelles et les célébrations religieuses étant supprimées, il est l’heure de rester à la maison. Mais nous pouvons encore partager et vivre ensemble notre foi par les voies modernes dont nous disposons désormais. Le site Internet des jésuites de Suisse se met au service de cette démarche.
    Un nouvel espace de parole a ainsi été créé ici
    Mais encore…
    Nous vous proposons de trouver chaque jour un texte tiré de la liturgie eucharistique, et un petit commentaire du Père Bruno Fuglistaller sj la semaine, et du Père Pierre Emonet sj le dimanche, pour vous aider à approfondir et méditer le texte biblique.

    Pour votre méditation, nous vous proposons les pas suivants :
    1. Prendre conscience de la présence de Dieu et lui demander d’être ouvert à sa parole.
    2. Lire le texte.
    3. L’intérioriser et chercher à le comprendre.
    4. S’entretenir avec Dieu sur ce que l’on a compris. Remercier ou demander.
    5. Terminer par un Notre Père

    Lundi 16 mars 2020

    Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé qu’aux seuls Juifs (Lc 4, 24-30)

    Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara: «Amen, je vous le dis: aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis: Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
    Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien.» À ces mots, dans la synagogue,
    tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

    Lire les pistes de réflexions du Père Bruno Fuglistaller sj en cliquant ici

    A lire et écouter l’Évangile du jour sur Prie en chemin, le site de prières des jésuites francophones.

  • Vaincre, et après ?

    Covid19 GerdAltmann PiyabayPar Étienne Perrot sj - Je m’inscris en faux contre l’adage «si tu veux la paix, prépare la guerre». Je pense, au contraire, que si tu veux la paix, il faut que tu prépares la paix. C’est pour l’avoir oublié que la «grande guerre», celle de 1914-1918, la «der des der», celle qui devait être la dernière, comme le prétendait mon arrière-grand-père, a engendré la seconde guerre mondiale. C’est la raison pour laquelle, dans la guerre économique, et pas simplement biologique, que nous menons contre un ennemi atypique, le coronavirus, il est bon de prévoir les lendemains de la victoire.