jésuite

  • Processus de béatification pour le Père Arrupe sj

    ArrupeL'idée de béatification du Père Pedro Arrupe sj -28ème Supérieur Général de l'Ordre- vient de l’Ordre des jésuites lui-même. Le Supérieur Général Arturo Sosa sj a invité à prier pour la béatification du Père Arrupe sj, et demandé la coopération de tous ceux qui peuvent donner des informations utiles sur le jésuite espagnol, «un homme qui était vraiment enraciné dans le Christ et qui était complètement centré sur la mission, et dont le plus grand miracle est que nous sommes réunis ici aujourd'hui.»

  • Provincial de Suisse nommé par le Vatican

    C.Rutishauser sj 02fd6Le 19 février 2014, le pape François a nommé le Père Christian Rutishauser sj, consulteur de la Commission pour les relations avec le judaïsme du Vatican. Le Père Rutishauser sj est déjà membre des Commissions de dialogue juifs-catholiques des Conférences épiscopales de Suisse et d'Allemagne. Il est le provincial des jésuites de Suisse.

  • Quadriptyque de l'automne à l'hiver

    Trouver Dieu à vélo et dans les conflits, dans la vieillesse des autres comme dans les désespoirs de ma jeunesse

    Julien Lambert sjrelève périodiquement quelques perles tirées de son quotidien de jeune religieux à Paris, de sa vie de prière et de ses études en philosophie et en théologie. Voici sa chronique d'automne/hiver 2019.

    La gestation de Marie face au désastre écologique...

    Dieu est la JulienL Dec19

  • Qui sont les jésuites de Suisse ?

    Article Illustré 2013 53d9cLe portrait de la Communauté des jésuites de Genève, quelques jours après l'élection du pape François, paru dans le magazine suisse l'Illustré.

  • Reflets

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  • Rejeter la Sagesse ?

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    Nous avons la chance d’avoir ces jours des textes du Livre de la Sagesse dans les lectures liturgiques. Ces documents sont souvent négligés, parfois même proscrits. Les Réformateurs du 16e siècle l’ont placé dans la catégorie des Apocryphes, car ils étaient écrits en grec. Luther et ses proches ne croyaient qu’à l’Hebraea veritas, c’est-à-dire aux textes écrits en hébreu. Ils jetaient ainsi le discrédit sur la pensée et la philosophie grecques, considérées comme païennes.

  • Rencontre des «jésuites européens en formation» à Rome

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    Chaque année, issus de toute l'Europe, les Jésuites en formation se réunissent. Cette année, la rencontre a eu lieu à Rome. Sebastian Ortner sj, jésuite autrichien, l'un des organisateurs de l'événement, en donne le reflet en un articles et des photos.

    Du 28 juillet au 18 août 2018 s'est tenue, la rencontre annuelle des «jésuites européens en formation». En tant que délégué de la province autrichienne, j'étais l'un des 23 scolastiques des 19 provinces participantes. Nous avons été hébergés dans la communauté de San Pietro Canisio, située juste à côté de la Curie générale. D'un côté, la vue s'ouvre sur la Basilique Saint-Pierre toute proche, de l'autre, sur le vénérable paysage du toit de la ville éternelle. La communauté nous a tous impressionnés par son hospitalité fraternelle. Franck Janin, président de la Conférence des provinciaux jésuites européens, a passé quelques jours avec nous au début et à la fin de la rencontre, ce qui nous a rendu particulièrement heureux.

  • Reprise de la vie monastique à Mar Musa

    MarMousa2018Moines de Mar Mousa«À Mar Musa, la situation est tranquille ainsi que dans la vallée des chrétiens où je suis né et j’ai grandi. Certes, la situation d’ensemble du pays est encore précaire». Le Frère Jihad Youssef est un moine de Mar Musa, la communauté monastique catholique de rite syriaque refondée par le Père jésuite Paolo Dall’Oglio sj, enlevé en 2013 et dont on est sans nouvelle depuis lors, communauté sise dans les environs de la ville d’al-Nabk, à quelques 80 km au nord de Damas. Lire la suite...

  • S'immerger dans une autre culture

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    Le service volontaire international des jésuites s'adresse particulièrement aux jeunes. Il leur propose de s'immerger dans un autre continent, dans une culture étrangère, en participant à un projet social des Jésuites, visant à défendre la justice dans un monde globalisé, en plus de grandir spirituellement par la foi.
    www.jesuit-volunteers.org

  • St Ignace, les échecs et la grâce

    EgliseStIgnace Paris FredDeNoyelle godongJean-Blaise Fellay sj- On a souvent dépeint le fondateur de la Compagnie de Jésus comme un homme à la volonté de fer, se fixant des objectifs précis et les menant à chef avec une détermination sans faille. Mais si je relis sa vie avec attention, je constate exactement l’inverse. Sa jeune existence est marquée par une série d’échecs qui remettent complètement en cause tous les idéaux qu’il s’était donnés.

    “Quand on a tout perdu, une vie nouvelle devient possible”

    Il est un jeune chevalier au service de la cour de Castille, désireux de s’illustrer par des exploits militaires et amoureux, suivant l’exemple d’Amadis de Gaule, son héros. Or, lors de son premier combat au siège de Pampelune, il est gravement blessé par un boulet qui lui broie la jambe. La blessure s’infecte, il risque de mourir. Il s’en tire avec une jambe raccourcie qui le laisse boiteux pour le reste de ses jours. Finis les rêves de grandeur et de combats épiques.

    Pendant sa convalescence, il découvre les modèles de sainteté offerts par la Légende dorée de Jacques de Voragine. Il est enflammé par l’exemple de saint Dominique et de François d’Assise. À peine remis, il s’efforce de les imiter par de longues prières et tente de les dépasser dans l’ascèse, le jeûne et la pénitence. Mais, là encore, c’est l’échec. Il se laisse prendre dans les vertiges de la culpabilité. Sa vie devient si dure qu’il songe au suicide. Cela ne peut être le chemin de Dieu, se dit-il, dans un éclair de lucidité. Mais que faire? vers qui se tourner? Il suivrait un petit chien, songe-t-il, si celui-ci était capable de lui montrer une piste.

    C’est ainsi qu’un matin, il suit le cours du Cardoner, une jolie rivière des environs de Manrèse en Catalogne. Après un temps de marche, il s’assied. Et soudain, il est foudroyé. Des commentateurs ont parlé d’une vision, d’autres d’une extase, mais de fait, il ne voit rien, il n’entend rien. Il se sent complètement transformé, il est devenu un autre homme. Il comprend, en un instant, plus de choses «de la terre et du ciel» qu’il n’en acquerra jamais ensuite au terme de longues études.

    Débarrassé de toutes les images antérieures de la chevalerie espagnole et de la piété médiévale, il fait une expérience directe de Dieu et du monde.

    Tout lui paraît plus clair. Il voit, il entend, il sent tout d’une manière nouvelle. Il a «trouvé Dieu en toutes choses», ce qui sera le leitmotiv de sa spiritualité. Il est entré dans l’«obéissance» au sens premier du terme, c’est à dire l’écoute, l’acceptation du réel. Il est devenu libre et disponible.

    Il recommence à se peigner, à se couper les ongles, à quitter la défroque du fou de Dieu. Il suivra les injonctions de l’Inquisition qui lui demande de se mettre à l’étude. Il apprendra le latin sur les bancs d’école, puis la discipline académique de la voie triviale, il peinera sur la maîtrise ès Arts mais viendra à bout de tout. Et aussi des méfiances ecclésiastiques.

    Il lui reste un dernier rêve, celui pour lequel il a réuni quelques compagnons de l’université de Paris, le départ en Terre Sainte pour convertir les chefs de l’Islam. La Divine Providence saura lui dire non, encore une fois, par le biais d’une guerre entre Venise et la Sublime Porte, qui interdit tout départ de navire. Voilà la fascination d’un hidalgo du temps de la Reconquista qui s’évanouit.

    Il ne lui reste plus qu’à offrir ses services à la papauté, libre à celle-ci d’envoyer les compagnons chez les fidèles ou les infidèles. Ce qu’elle ne manquera pas de faire avec persévérance. À Ignace d’organiser l’intendance.

    Dans sa petite cellule romaine, il devient moins le stratège qui établit un plan de conquête mondiale qu’un éducateur qui prépare des hommes capables de s’adapter à toutes les situations possibles, par une solide formation intellectuelle et pratique, mais d’abord et surtout grâce à leur disponibilité intérieure. Celle que le jeune Inigo dut si cruellement apprendre à conquérir.

    C’est quand on est libéré du vieil homme que l’on peut arpenter le monde au souffle de l’Esprit.

    C’est l’affirmation que Paul Claudel met dans la bouche d’un jésuite dans le Prologue du Soulier de satin. Il est cloué à la vergue d’une caravelle que des adversaires de sa foi ont prise et sabordée. Il est voué à une mort imminente, mais il se sent libre dans son choix d’être parti pour le Nouveau Monde. Profonde leçon de l’Évangile: oser mourir pour renaître. L’injonction de porter la croix n’est pas une invitation à l’effacement et au renoncement, c’est au contraire l’audace de la libération des vieux rêves à la Don Quichotte pour risquer le présent dans son indétermination. La foi n’a pas peur de l’avenir, car l’amour aura le dernier mot. Quand on a tout perdu, une vie nouvelle devient possible, ici ou ailleurs. Mais il faut la commencer ici déjà.

    Jean-Blaise Fellay sj

  • Teilhard de Chardin: Dieu dans la guerre

    Pierre Teilhard de Chardin JeuneLa réflexion du jésuite français Teilhard de Chardin peut aider à percevoir comment Dieu se rend présent au cœur de situations aussi tragiques que la guerre. C’est sa propre expérience spirituelle qu’il a tenté de mettre en mots.
    Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) a vécu la Première guerre mondiale comme brancardier dans un régiment d’infanterie. Il fut présent sur les lieux les plus symboliques: Verdun, le Chemin des dames. Il a perdu deux de ses frères, plusieurs amis et vu mourir de nombreux combattants autour de lui. Élevé dans un environnement «protégé», la guerre fut pour lui une véritable «plongée dans le réel».
    La période de la guerre fut aussi l’occasion d’une intense production littéraire. Il profitait des temps de repos à l’arrière pour mettre par écrit les réflexions que lui inspirait ce qu’il avait vécu sur le front. Les Écrits du temps de la guerre (1916-1919), édités après sa mort, contiennent les principaux thèmes qu’il développera plus tard.

  • Todo se pasa

    En ces temps chahutés par le coronavirus, Luc Ruedin sj propose de cheminer aux côtés de Thérèse d'Avila en prêtant l'oreille aux voix des frères de Taizé pour éclairer notre route! À chaque phrase, son commentaire à méditer.
    Aujourd’hui: Todo se pasa  / Tout passe

  • Toni Kurmann sj nommé à la Commission pastorale de la CES

    Toni Kurmann sjLa Conférence des évêques suisses (CES) a nommé -lors de sa 319e assemblée ordinaire qui s’est déroulée du 5 au 7 mars au Centre Saint-François à Delémont et à Bâle- le Père Toni Kurmann sj, procureur des missions des Jésuites suisses et président du conseil de la Fondation Jésuites International, à la Commission pastorale, ainsi que Mr l’Abbé Jean Glasson, vicaire épiscopal du canton de Fribourg en tant que délégué de la Conférence des Ordinaires de Suisse romande (COR).

    Comme le souligne Arnd Bünker, secrétaire de la Commission pastorale et directeur de l'Institut SPI de Saint-Gall: «La mission redevient un thème fort de l'Église.» Elle est de plus en plus considéré comme faisant partie intégrante de la "pastorale ordinaire". «L'une des tâches de la Commission pastorale sera de formuler une compréhension de la mission qui, dans le contexte de la Suisse et de l'Église en Suisse, se révélera durable sur le plan théologique, crédible et capable de se relier.»

  • Toute mission dans la Compagnie de Jésus est une expression de confiance

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    Le Conseil élargi du Père Général s’est réuni en septembre. À cette instance participent les présidents des Conférences jésuites. Nous avons posé trois questions à chacun d’eux. Troisième témoignage, celui du Père Agbonkhianmeghe E. Orobator sj,président de la Conférence des provinciaux d'Afrique et de Madagascar (JCAM).

    Dans votre service en tant que Président de la Conférence jésuite d’Afrique et de Madagascar, qu’est-ce qui a été, jusqu'à présent, votre principale source de "consolation" ou de joie?

    Je crois que toute mission dans la Compagnie de Jésus est une expression de confiance. Mon principal sentiment intérieur en est un de gratitude -gratitude à la Compagnie pour m’avoir confié cette mission de service à la direction de la Conférence de l’Afrique et de Madagascar. Beaucoup de choses me consolent: la vitalité de la mission de la Compagnie en Afrique et à Madagascar, le dévouement et le désintéressement des supérieurs majeurs, des supérieurs locaux et des directeurs d’œuvres, la grâce de la coopération pour des projets communs, comme le programme de protection de l’enfance et un nouveau programme de Troisième an pour la Conférence. Je puis ajouter; le compagnonnage, l’amitié et la collaboration avec les présidents des Conférences, l’énergie positive des jésuites en formation et l’orientation positive de la Conférence en général. Et je pourrais en rajouter!

  • Trois nouveaux cardinaux jésuites

    Le pape François a annoncé ce dimanche 1er septembre 2019, après la prière de l’Angélus, la nomination de 13 nouveaux cardinaux. «Ces cardinaux, qui seront créés le 5 octobre prochain, sont emblématiques de cette Église ouverte et en dialogue que promeut le pape», commente La Croix. Parmi eux figurent trois jésuites: Mgr Jean-Claude Hollerich sj, archevêque de Luxembourg, le Père Michael Czerny sj, sous-secrétaire du dicastère pour le développement humain intégral, et Mgr Sigitas Tamkevicius sj, archevêque émérite de Kaunas en Lituanie. Vatican News a pu joindre deux d'entre eux qui lui ont confié leur surprise et leur gratitude envers le Saint-Père.

  • Un Cœur qui écoute : P. Fuglistaller sur KTO

    Le Père Bruno Fuglistaller sj témoigne de sa vie consacrée.

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    Quelques jours avant la clôture de l’année de la Vie Consacrée souhaitée par le pape François, le Père Bruno Fuglistaller sj était l’invité de Cyril Lepeigneux sur la chaîne KTO dans Un cœur qui écoute pour témoigner de sa vocation qui a pris racine dans la Compagnie de Jésus en 1990.

     

  • Un été repeint en vert

    Pour Julien Lambert sj, sloigner un moment des études, ce n'est pas arrêter d'apprendre. «La peinture, la marche méditative ou le jardinage m'ont fourni cet été d'autres langages pour percevoir le monde et ses textures diverses, ses dynamiques de croissance intérieures... en alternative aux désastres de la croissance économique.»

    Recréer le monde par la peinture, pour voir autrement la Création

    Je n'avais pas dessiné depuis mon enfance, où je m'escrimais à faire des femmes qui n'aient pas l'air d'hommes avec une serpillère sur la tête.
    Je me suis inscrit, un peu fébrile et sceptique, à une semaine de peinture et méditation, en silence, dans notre centre spirituel de Bad Schönbrunn. L'animateur, Jörg Niederberger (un pro de l'abstrait), nous demande de choisir un coin de parc et d'y rester toute la semaine, pour réinventer notre "réponse" au même paysage... extérieur et intérieur. Je m'acharne d'abord à trouver les nuances de vert, les proportions entre les arbres.
    Jörg me libère en me disant de "quitter ma chemise de pénitent", de lâcher formes et couleurs sur le papier, de peindre non pas ce que je sais (le ciel est bleu..), mais ce que je sens, ce que je vois des choses, ce qu'elles me disent. Sans me juger, sans savoir ce que ça vaut, ni d'avance ce qui sortira. Alors je regarde longuement ce qui m'apparaît, sans urgence de peindre. Et peu à peu ça déferle, intuitions et tentatives en appellent toujours d'autres, aiguisant la curiosité et le plaisir. Chaque page est un nouveau commencement.
    Je me laisse porter, d'un savant équilibre de formes et de couleurs, à une évocation japonisante, en quelques silhouettes, du même étang bordé d'arbres, devenus familiers; de la transposition d'une méditation biblique vue précédemment en prière (dans ma retraite de huit jours au même endroit), à un festival de couleurs et de lignes de force pour dire ma colère devant le désastre écologique; je m'autorise le dessin, le plaisir du personnage naïvement suggéré, je m'autorise l'abstrait, les longues bandes et flaques de couleur qui font passer des chevauchements d'émotions et de ressentis informulables.
    Sorti un peu ivre et très apaisé de ces traversées où le temps s'oublie (nous peignons huit heures par jour), je remarque que chaque coin du monde où se posent mes yeux a soudain gagné une densité et une texture, une beauté toute neuve. Le créateur, en me permettant de partager un peu de sa folle liberté, me restitue l'infini du monde à portée de main et de pinceau, à portée d'œil, de cœur...

    LesEtangs JulienLambert 2019

    Retraite spirituelle écologique: se laisser aimer avant de penser à agir

    Vingt participant-e-s, francophones et germanophones, entre 21 et 71 ans, randonnent en méditant sur la conversion écologique...
    Une conviction: les gens n'ont aujourd'hui plus besoin d'être ouverts à l'importance du problème écologique. Ils n'ont même plus besoin d'exercer leur compassion: dans ces préalpes appenzelloises si belles mais couvertes de fermes, où les animaux sont exploités avec force technologie, la perception plus aiguë qu'offre la méditation silencieuse trouve des retraitants choqués, parfois désespérés. Les longues messes, où se partagent ces catastrophes sociales et environnementales que chacun-e connaît, on en porte certes quelque chose devant Celui qui transforme tout. Mais que faire de l'impression aujourd'hui si fréquente d'être submergés et impuissants?
    Une découverte est alors pour moi de sentir, grâce à Christoph Albrecht sj qui écoute et accompagne le groupe avec moi, que les fragilités personnelles et les histoires de vie qui sont travaillées dans les retraites "classiques", apparaissent aussi ici en rapport étroit avec les problèmes du monde. Cette peur et cette culpabilité trouble face à la catastrophe, plutôt contreproductives, demandent moins un déclic écologique, moral, qu'un déclic de foi. Admettre jusqu'au bout de nos fibres les plus intimes que Dieu aime et (re)crée chaque créature, qu'il nous aime chacun-e avec nos contradictions, notre participation à cette culture consumériste et gaspilleuse, de cet amour fou qui nous libère et nous porte à aller, donner, risquer... voilà ce qui seul peut nous permettre de prendre notre place, courageusement et modestement, dans cette société qui perd les pédales et veut au fond sincèrement changer.
    Voilà ce que des participant-e-s reçoivent, en méditant la Résurrection de Jésus ou les "Correspondances" de Baudelaire, en percevant la parole cachée pour eux, dans un ruisseau ou un brin d'herbe comme dans l'encyclique du pape Laudato si' et ses encouragements à contempler et vivre sobrement. Recueilli dans ce silence qui est toujours un combat et une grâce tant désirée, ils et elles le partagent le soir dans une précieuse ronde, souvent avec larmes et lumière sur le visage, donnant à d'autres d'en faire leur pain quotidien.

    CrisEco Julienlambert 2019

     

    Ces plantes qui me travaillent le cœur, cette sobriété qui redonne goût aux choses...

    «Il faut enfin que je mette les mains dans la terre, pour arrêter de parler d'écologie abstraitement...»: comme tant d'autres jeunes citadin-e-s désireux/ses de remplacer pour un été la plage par le jardinage, j'ai passé le mois d'août à La Borie Noble, domaine agricole dans un coin de France, divinement loin des villes et des bruits de voitures. Une de ces Communautés de l'Arche (pas celles de Jean Vanier) fondées dans les années 1960 par un disciple de Gandhi, Lanza del Vasto, jadis suivi par moult hippies. Quelques compromis se sont introduits, depuis le temps de l'autonomie alimentaire, de l'absence d'électricité et de tracteurs, des ateliers de tissage et de poterie auxquels tou-te-s se formaient; mais j'ai encore pu savourer, dans l'éclairage à la bougie, la douche froide ou la lessive dans des lavoirs en pierre, des moyens précieux de retrouver dans ma chair le goût et le respect des ressources naturelles.
    Vieux briscards bricoleurs ou jeunes femmes déterminées et créatives, la communauté réduite ne se berce plus d'idéaux. Elle cultive une qualité et une saveur de vivre. J'ai appris à traverser une journée après l'autre, scandée par les ménages, les désherbages et cueillettes, les pluches de légumes matinales comme un joyeux rituel collectif, de longs repas végétariens sous les arbres, entre rires et rêveries. Les grandes luttes militantes contre le nucléaire ou les OGM avaient plus occupé leurs aînés. Aujourd'hui, la dimension de gratuité et de douceur, qui m'a donné d'abord l'inquiétude d'être bercé par une vie cyclique, est en fait à mes yeux devenu un témoignage incarné et inspirant, de priorités alternatives, à cultiver pour notre société.
    Ces fameux wwoofers (1) qui échangent leur travail contre l'hébergement gratuit et l'expérience d'une agriculture bio, essaimeront ainsi ces inspirations alternatives. Les discussions avec elles et eux sont riches en questions existentielles et religieuses, que la préoccupation écologique éveille. Souvent, la spiritualité les attire, autant que le christianisme leur est suspect. Un peu inquiet parfois de leur détachement à évoquer la disparition possible d'une humanité dévastatrice, je suis souvent touché par leur amour et la connaissance de la nature qu'ils ont glanée.
    Enfin, je vois mon intuition se réaliser sur moi: le voisinage des plantes change le cœur et l'esprit. Accompagner lentement leur croissance, se battre avec des liasses d'herbe et une fourche pour dénicher une maigre gousse d'ail, recevoir enfin une courgette géante, une fraise insoupçonnée de sous une feuille ou une carotte inespérée: me laisser travailler par la terre, ses âpretés, ses générosités et ses mystères... cela me fait mesurer qu'on ne cultive pas ses fruits, mais qu'on coopère avec des millions d'autres créatures; qu'on n'en perd jamais rien, mais qu'on laisse leur part aux insectes et aux oiseaux; que seul l'humble accord avec son fonctionnement propre peut réconcilier en pratique nos visions du monde et nos styles de vie, avec les écosystèmes qu'actuellement ils blessent.

    Jardinage Julienlambert 2019

     

     1. World Wide Opportunities on Organics Farms, www.wwoof.fr

    Julien Lambert sj relève périodiquement trois perles tirées de son quotidien de jeune religieux étudiant à Paris. L'année universitaire écoulée fut une «intense année de méditation, d’études philo-théologiques et de vie religieuse au quotidien dans la mégapole parisienne» pour le cadet des jésuites suisses. L’occasion d’une relecture spirituelle, humoristique et «humeuristique», de ses expériences théâtrales, féministico-ecclésiastiques et émotionnelles…

  • Un jésuite a la mission de nourrir la réconciliation

    Article Sosa2017 ObservRomano

    Les jésuites sont appelés à travailler à la réconciliation «à trois niveaux: avec Dieu, avec les êtres humains, avec l'environnement.» Dans une interview accordée à l'Osservatore Romanoen août 2017, le Père Général Arturo Sosa sj souligne l'importance du rôle des jésuites «pour mieux comprendre les causes de l'injustice et contribuer à élaborer des modèles alternatifs au système qui produit aujourd'hui la pauvreté, l'inégalité, l'exclusion et met en péril la vie sur la planète.»

  • Un jésuite franco-belge à la tête de la CPE

    janin1 0e925Le Père Général Arturo Sosa a nommé le P. Franck Janin sj Président de la Conférence des Provinciaux jésuites européens (CPE). Franck Janin est actuellement Provincial de Belgique francophone et du Luxembourg et ce, depuis 2011. Il entrera dans sa nouvelle fonction le 28 août prochain, quelques semaines après la fin de son mandat actuel.

    La Conférence des Provinciaux européens est actuellement composée de 22 Provinces jésuites et de deux régions. Plus d’infos : www.jesuits.eu

  • Un jésuite parmi trente-cinq nouveaux saints

    Souveral ferro saints2017Le pape François a canonisé 35 nouveaux saints au cours de la messe célébrée sur la place Saint-Pierre, le 15 octobre dernier. Le père jésuite brésilien André de Soveral à Cunhau, et le prêtre portugais Ambrosio Francisco Ferro à Natal, se distinguent plus particulièrement dans ce groupe de martyrs. "On raconte que le P. Soveral (1572-1645), était en train de célébrer la messe dominicale, le 16 juillet 1645, lors de l’irruption des soldats hollandais dans son église. Prévoyant ce qui allait se passer, il a exhorté ses fidèles à se préparer à mourir en priant et demandant pardon à Dieu pour leurs péchés. Aux soldats, il a demandé de ne pas profaner les vases sacrés et de ne pas toucher le ministre, mais il a été frappé aussitôt, comme les autres, d’un coup de sabre. Seul un laïc victime du massacre a été identifié, Domenico Carvalho, un notable de la ville, qui fait partie des futurs saints." Note Aleteia dans son article du jour.