jésuite

  • S'immerger dans une autre culture

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    Le service volontaire international des jésuites s'adresse particulièrement aux jeunes. Il leur propose de s'immerger dans un autre continent, dans une culture étrangère, en participant à un projet social des Jésuites, visant à défendre la justice dans un monde globalisé, en plus de grandir spirituellement par la foi.
    www.jesuit-volunteers.org

  • Saines lectures

    Que faire quand on a rien à faire, ou qu'on frise le burnout dans son canapé à coups de télétravail et de vidéoconférences? Où trouver Dieu entre la cuisine et la télé?  En ces jours de confinement, Julien Lambert sj propose quelques inspirations inespérées au fil des jours, cueillies entre les quatre murs de ma communauté jésuite parisienne... Avec pour chacune une invitation à la méditation personnelle.

    Samedi 18 avril - Saines lectures
    Je vous le confesse honteusement: je ne lis plus les journaux. Je sais, c'est mal. Bon, j'ai la revue de presse gratuite à chaque repas... Mais même Monsieur Macron après avoir dénoncé les attardés au square et annoncé la guerre, a recommandé la bouche en cœur de redécouvrir les livres. Je remâche des psaumes, je me remets à apprendre un petit monologue de théâtre claudélien... d'autres dépoussièrent leur Dostoïevski...

  • Saturday night fever

    Que faire quand on a rien à faire, ou qu'on frise le burnout dans son canapé à coups de télétravail et de vidéoconférences? Où trouver Dieu entre la cuisine et la télé?  En ces jours de confinement, Julien Lambert sj propose quelques inspirations inespérées au fil des jours, cueillies entre les quatre murs de ma communauté jésuite parisienne... Avec pour chacune une invitation à la méditation personnelle.

    Dimanche 3 mai - Saturday night fever
    L'autre jour, un confrère propose de découvrir la «danse extatique», à la place des sempiternelles soirées-film... Quatre ou cinq mecs entre eux, qui se déhanchent intuitivement sur de la salsa puis de l'électro dans leur salle communautaire, c'est pas franchement les belles discothèques qu'on a tou.te.s hantées ados... Et si le supérieur général des jésuites passait ce soir-là, il serait peut-être un peu surpris (ce qui n'empêcherait pas, qui sait, qu'il se mette à danser en col romain au milieu de nous).
    Mais chez soi on est aussi moins timides ! Alors pourquoi pas une petite bossa nova ou un tango, seul.e ou avec les enfants dans le salon, pour ressentir un peu le frissonnement de la vie dans nos membres engourdis?

  • Sortir! ("Tout ira bien")

    Que faire quand on a rien à faire, ou qu'on frise le burnout dans son canapé à coups de télétravail et de vidéoconférences? Où trouver Dieu entre la cuisine et la télé?  En ces jours de confinement, Julien Lambert sj propose quelques inspirations inespérées au fil des jours, cueillies entre les quatre murs de ma communauté jésuite parisienne... Avec pour chacune une invitation à la méditation personnelle.

    Mardi 28 avril - Sortir! ("Tout ira bien")
    Ouf: une fois par semaine, je m'autorise quelques pas dehors. Les rues les plus banales de mon quartier m'apparaissent comme les plus belles de Venise, un trésor de nouveauté et de dépaysement. Des voisines papotent assises sur un bord de trottoir, je découvre un square que je ne connaissais pas, fermé, mais étonnamment bien entretenu. Une file muselée patiente devant la boucherie, et je peux toujours me dire que cette dame a sûrement voulu me sourire, sous son masque... Drôle de ville, mais où tout «détective de la Grâce» peut déceler de mini-signes, pour la transformer en musée d'humanités (sur)vivantes.
    Et tout à coup, il y a cette galerie de dessins d'enfants accrochés sur une grille devant un immeuble... Des poèmes adorables alignant les rimes en -é, pour encourager à animer nos quotidiens confinés, en soutenant les parents déprimés ou en offrant des concerts de guitare extra-muros aux voisins ratatinés. Avec plein de bonshommes masqués qui se tendent les bras en gardant la distance réglementaire. Et au milieu un beau titre: "Tout ira bien"... Oui! si on le veut et qu'on prie un peu pour! Avec ou sans rimes...
    Et vous, qu'est-ce que vous offririez aux passants sur la porte de chez vous?

  • St Ignace, les échecs et la grâce

    EgliseStIgnace Paris FredDeNoyelle godongJean-Blaise Fellay sj- On a souvent dépeint le fondateur de la Compagnie de Jésus comme un homme à la volonté de fer, se fixant des objectifs précis et les menant à chef avec une détermination sans faille. Mais si je relis sa vie avec attention, je constate exactement l’inverse. Sa jeune existence est marquée par une série d’échecs qui remettent complètement en cause tous les idéaux qu’il s’était donnés.

    “Quand on a tout perdu, une vie nouvelle devient possible”

    Il est un jeune chevalier au service de la cour de Castille, désireux de s’illustrer par des exploits militaires et amoureux, suivant l’exemple d’Amadis de Gaule, son héros. Or, lors de son premier combat au siège de Pampelune, il est gravement blessé par un boulet qui lui broie la jambe. La blessure s’infecte, il risque de mourir. Il s’en tire avec une jambe raccourcie qui le laisse boiteux pour le reste de ses jours. Finis les rêves de grandeur et de combats épiques.

    Pendant sa convalescence, il découvre les modèles de sainteté offerts par la Légende dorée de Jacques de Voragine. Il est enflammé par l’exemple de saint Dominique et de François d’Assise. À peine remis, il s’efforce de les imiter par de longues prières et tente de les dépasser dans l’ascèse, le jeûne et la pénitence. Mais, là encore, c’est l’échec. Il se laisse prendre dans les vertiges de la culpabilité. Sa vie devient si dure qu’il songe au suicide. Cela ne peut être le chemin de Dieu, se dit-il, dans un éclair de lucidité. Mais que faire? vers qui se tourner? Il suivrait un petit chien, songe-t-il, si celui-ci était capable de lui montrer une piste.

    C’est ainsi qu’un matin, il suit le cours du Cardoner, une jolie rivière des environs de Manrèse en Catalogne. Après un temps de marche, il s’assied. Et soudain, il est foudroyé. Des commentateurs ont parlé d’une vision, d’autres d’une extase, mais de fait, il ne voit rien, il n’entend rien. Il se sent complètement transformé, il est devenu un autre homme. Il comprend, en un instant, plus de choses «de la terre et du ciel» qu’il n’en acquerra jamais ensuite au terme de longues études.

    Débarrassé de toutes les images antérieures de la chevalerie espagnole et de la piété médiévale, il fait une expérience directe de Dieu et du monde.

    Tout lui paraît plus clair. Il voit, il entend, il sent tout d’une manière nouvelle. Il a «trouvé Dieu en toutes choses», ce qui sera le leitmotiv de sa spiritualité. Il est entré dans l’«obéissance» au sens premier du terme, c’est à dire l’écoute, l’acceptation du réel. Il est devenu libre et disponible.

    Il recommence à se peigner, à se couper les ongles, à quitter la défroque du fou de Dieu. Il suivra les injonctions de l’Inquisition qui lui demande de se mettre à l’étude. Il apprendra le latin sur les bancs d’école, puis la discipline académique de la voie triviale, il peinera sur la maîtrise ès Arts mais viendra à bout de tout. Et aussi des méfiances ecclésiastiques.

    Il lui reste un dernier rêve, celui pour lequel il a réuni quelques compagnons de l’université de Paris, le départ en Terre Sainte pour convertir les chefs de l’Islam. La Divine Providence saura lui dire non, encore une fois, par le biais d’une guerre entre Venise et la Sublime Porte, qui interdit tout départ de navire. Voilà la fascination d’un hidalgo du temps de la Reconquista qui s’évanouit.

    Il ne lui reste plus qu’à offrir ses services à la papauté, libre à celle-ci d’envoyer les compagnons chez les fidèles ou les infidèles. Ce qu’elle ne manquera pas de faire avec persévérance. À Ignace d’organiser l’intendance.

    Dans sa petite cellule romaine, il devient moins le stratège qui établit un plan de conquête mondiale qu’un éducateur qui prépare des hommes capables de s’adapter à toutes les situations possibles, par une solide formation intellectuelle et pratique, mais d’abord et surtout grâce à leur disponibilité intérieure. Celle que le jeune Inigo dut si cruellement apprendre à conquérir.

    C’est quand on est libéré du vieil homme que l’on peut arpenter le monde au souffle de l’Esprit.

    C’est l’affirmation que Paul Claudel met dans la bouche d’un jésuite dans le Prologue du Soulier de satin. Il est cloué à la vergue d’une caravelle que des adversaires de sa foi ont prise et sabordée. Il est voué à une mort imminente, mais il se sent libre dans son choix d’être parti pour le Nouveau Monde. Profonde leçon de l’Évangile: oser mourir pour renaître. L’injonction de porter la croix n’est pas une invitation à l’effacement et au renoncement, c’est au contraire l’audace de la libération des vieux rêves à la Don Quichotte pour risquer le présent dans son indétermination. La foi n’a pas peur de l’avenir, car l’amour aura le dernier mot. Quand on a tout perdu, une vie nouvelle devient possible, ici ou ailleurs. Mais il faut la commencer ici déjà.

    Jean-Blaise Fellay sj

  • Teilhard de Chardin: Dieu dans la guerre

    Pierre Teilhard de Chardin JeuneLa réflexion du jésuite français Teilhard de Chardin peut aider à percevoir comment Dieu se rend présent au cœur de situations aussi tragiques que la guerre. C’est sa propre expérience spirituelle qu’il a tenté de mettre en mots.
    Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) a vécu la Première guerre mondiale comme brancardier dans un régiment d’infanterie. Il fut présent sur les lieux les plus symboliques: Verdun, le Chemin des dames. Il a perdu deux de ses frères, plusieurs amis et vu mourir de nombreux combattants autour de lui. Élevé dans un environnement «protégé», la guerre fut pour lui une véritable «plongée dans le réel».
    La période de la guerre fut aussi l’occasion d’une intense production littéraire. Il profitait des temps de repos à l’arrière pour mettre par écrit les réflexions que lui inspirait ce qu’il avait vécu sur le front. Les Écrits du temps de la guerre (1916-1919), édités après sa mort, contiennent les principaux thèmes qu’il développera plus tard.

  • Todo se pasa

    En ces temps chahutés par le coronavirus, Luc Ruedin sj propose de cheminer aux côtés de Thérèse d'Avila en prêtant l'oreille aux voix des frères de Taizé pour éclairer notre route! À chaque phrase, son commentaire à méditer.
    Aujourd’hui: Todo se pasa  / Tout passe

  • Toni Kurmann sj nommé à la Commission pastorale de la CES

    Toni Kurmann sjLa Conférence des évêques suisses (CES) a nommé -lors de sa 319e assemblée ordinaire qui s’est déroulée du 5 au 7 mars au Centre Saint-François à Delémont et à Bâle- le Père Toni Kurmann sj, procureur des missions des Jésuites suisses et président du conseil de la Fondation Jésuites International, à la Commission pastorale, ainsi que Mr l’Abbé Jean Glasson, vicaire épiscopal du canton de Fribourg en tant que délégué de la Conférence des Ordinaires de Suisse romande (COR).

    Comme le souligne Arnd Bünker, secrétaire de la Commission pastorale et directeur de l'Institut SPI de Saint-Gall: «La mission redevient un thème fort de l'Église.» Elle est de plus en plus considéré comme faisant partie intégrante de la "pastorale ordinaire". «L'une des tâches de la Commission pastorale sera de formuler une compréhension de la mission qui, dans le contexte de la Suisse et de l'Église en Suisse, se révélera durable sur le plan théologique, crédible et capable de se relier.»

  • Toute mission dans la Compagnie de Jésus est une expression de confiance

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    Le Conseil élargi du Père Général s’est réuni en septembre. À cette instance participent les présidents des Conférences jésuites. Nous avons posé trois questions à chacun d’eux. Troisième témoignage, celui du Père Agbonkhianmeghe E. Orobator sj,président de la Conférence des provinciaux d'Afrique et de Madagascar (JCAM).

    Dans votre service en tant que Président de la Conférence jésuite d’Afrique et de Madagascar, qu’est-ce qui a été, jusqu'à présent, votre principale source de "consolation" ou de joie?

    Je crois que toute mission dans la Compagnie de Jésus est une expression de confiance. Mon principal sentiment intérieur en est un de gratitude -gratitude à la Compagnie pour m’avoir confié cette mission de service à la direction de la Conférence de l’Afrique et de Madagascar. Beaucoup de choses me consolent: la vitalité de la mission de la Compagnie en Afrique et à Madagascar, le dévouement et le désintéressement des supérieurs majeurs, des supérieurs locaux et des directeurs d’œuvres, la grâce de la coopération pour des projets communs, comme le programme de protection de l’enfance et un nouveau programme de Troisième an pour la Conférence. Je puis ajouter; le compagnonnage, l’amitié et la collaboration avec les présidents des Conférences, l’énergie positive des jésuites en formation et l’orientation positive de la Conférence en général. Et je pourrais en rajouter!

  • Trois nouveaux cardinaux jésuites

    Le pape François a annoncé ce dimanche 1er septembre 2019, après la prière de l’Angélus, la nomination de 13 nouveaux cardinaux. «Ces cardinaux, qui seront créés le 5 octobre prochain, sont emblématiques de cette Église ouverte et en dialogue que promeut le pape», commente La Croix. Parmi eux figurent trois jésuites: Mgr Jean-Claude Hollerich sj, archevêque de Luxembourg, le Père Michael Czerny sj, sous-secrétaire du dicastère pour le développement humain intégral, et Mgr Sigitas Tamkevicius sj, archevêque émérite de Kaunas en Lituanie. Vatican News a pu joindre deux d'entre eux qui lui ont confié leur surprise et leur gratitude envers le Saint-Père.

  • Un Cœur qui écoute : P. Fuglistaller sur KTO

    Le Père Bruno Fuglistaller sj témoigne de sa vie consacrée.

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    Quelques jours avant la clôture de l’année de la Vie Consacrée souhaitée par le pape François, le Père Bruno Fuglistaller sj était l’invité de Cyril Lepeigneux sur la chaîne KTO dans Un cœur qui écoute pour témoigner de sa vocation qui a pris racine dans la Compagnie de Jésus en 1990.

     

  • Un été repeint en vert

    Pour Julien Lambert sj, s'éloigner un moment des études, ce n'est pas arrêter d'apprendre. «La peinture, la marche méditative ou le jardinage m'ont fourni cet été d'autres langages pour percevoir le monde et ses textures diverses, ses dynamiques de croissance intérieures... en alternative aux désastres de la croissance économique.»

    Recréer le monde par la peinture, pour voir autrement la Création

    Je n'avais pas dessiné depuis mon enfance, où je m'escrimais à faire des femmes qui n'aient pas l'air d'hommes avec une serpillère sur la tête.
    Je me suis inscrit, un peu fébrile et sceptique, à une semaine de peinture et méditation, en silence, dans notre centre spirituel de Bad Schönbrunn. L'animateur, Jörg Niederberger (un pro de l'abstrait), nous demande de choisir un coin de parc et d'y rester toute la semaine, pour réinventer notre "réponse" au même paysage... extérieur et intérieur. Je m'acharne d'abord à trouver les nuances de vert, les proportions entre les arbres.
    Jörg me libère en me disant de "quitter ma chemise de pénitent", de lâcher formes et couleurs sur le papier, de peindre non pas ce que je sais (le ciel est bleu..), mais ce que je sens, ce que je vois des choses, ce qu'elles me disent. Sans me juger, sans savoir ce que ça vaut, ni d'avance ce qui sortira. Alors je regarde longuement ce qui m'apparaît, sans urgence de peindre. Et peu à peu ça déferle, intuitions et tentatives en appellent toujours d'autres, aiguisant la curiosité et le plaisir. Chaque page est un nouveau commencement.
    Je me laisse porter, d'un savant équilibre de formes et de couleurs, à une évocation japonisante, en quelques silhouettes, du même étang bordé d'arbres, devenus familiers; de la transposition d'une méditation biblique vue précédemment en prière (dans ma retraite de huit jours au même endroit), à un festival de couleurs et de lignes de force pour dire ma colère devant le désastre écologique; je m'autorise le dessin, le plaisir du personnage naïvement suggéré, je m'autorise l'abstrait, les longues bandes et flaques de couleur qui font passer des chevauchements d'émotions et de ressentis informulables.
    Sorti un peu ivre et très apaisé de ces traversées où le temps s'oublie (nous peignons huit heures par jour), je remarque que chaque coin du monde où se posent mes yeux a soudain gagné une densité et une texture, une beauté toute neuve. Le créateur, en me permettant de partager un peu de sa folle liberté, me restitue l'infini du monde à portée de main et de pinceau, à portée d'œil, de cœur...

    LesEtangs JulienLambert 2019

    Retraite spirituelle écologique: se laisser aimer avant de penser à agir

    Vingt participant-e-s, francophones et germanophones, entre 21 et 71 ans, randonnent en méditant sur la conversion écologique...
    Une conviction: les gens n'ont aujourd'hui plus besoin d'être ouverts à l'importance du problème écologique. Ils n'ont même plus besoin d'exercer leur compassion: dans ces préalpes appenzelloises si belles mais couvertes de fermes, où les animaux sont exploités avec force technologie, la perception plus aiguë qu'offre la méditation silencieuse trouve des retraitants choqués, parfois désespérés. Les longues messes, où se partagent ces catastrophes sociales et environnementales que chacun-e connaît, on en porte certes quelque chose devant Celui qui transforme tout. Mais que faire de l'impression aujourd'hui si fréquente d'être submergés et impuissants?
    Une découverte est alors pour moi de sentir, grâce à Christoph Albrecht sj qui écoute et accompagne le groupe avec moi, que les fragilités personnelles et les histoires de vie qui sont travaillées dans les retraites "classiques", apparaissent aussi ici en rapport étroit avec les problèmes du monde. Cette peur et cette culpabilité trouble face à la catastrophe, plutôt contreproductives, demandent moins un déclic écologique, moral, qu'un déclic de foi. Admettre jusqu'au bout de nos fibres les plus intimes que Dieu aime et (re)crée chaque créature, qu'il nous aime chacun-e avec nos contradictions, notre participation à cette culture consumériste et gaspilleuse, de cet amour fou qui nous libère et nous porte à aller, donner, risquer... voilà ce qui seul peut nous permettre de prendre notre place, courageusement et modestement, dans cette société qui perd les pédales et veut au fond sincèrement changer.
    Voilà ce que des participant-e-s reçoivent, en méditant la Résurrection de Jésus ou les "Correspondances" de Baudelaire, en percevant la parole cachée pour eux, dans un ruisseau ou un brin d'herbe comme dans l'encyclique du pape Laudato si' et ses encouragements à contempler et vivre sobrement. Recueilli dans ce silence qui est toujours un combat et une grâce tant désirée, ils et elles le partagent le soir dans une précieuse ronde, souvent avec larmes et lumière sur le visage, donnant à d'autres d'en faire leur pain quotidien.

    CrisEco Julienlambert 2019

     

    Ces plantes qui me travaillent le cœur, cette sobriété qui redonne goût aux choses...

    «Il faut enfin que je mette les mains dans la terre, pour arrêter de parler d'écologie abstraitement...»: comme tant d'autres jeunes citadin-e-s désireux/ses de remplacer pour un été la plage par le jardinage, j'ai passé le mois d'août à La Borie Noble, domaine agricole dans un coin de France, divinement loin des villes et des bruits de voitures. Une de ces Communautés de l'Arche (pas celles de Jean Vanier) fondées dans les années 1960 par un disciple de Gandhi, Lanza del Vasto, jadis suivi par moult hippies. Quelques compromis se sont introduits, depuis le temps de l'autonomie alimentaire, de l'absence d'électricité et de tracteurs, des ateliers de tissage et de poterie auxquels tou-te-s se formaient; mais j'ai encore pu savourer, dans l'éclairage à la bougie, la douche froide ou la lessive dans des lavoirs en pierre, des moyens précieux de retrouver dans ma chair le goût et le respect des ressources naturelles.
    Vieux briscards bricoleurs ou jeunes femmes déterminées et créatives, la communauté réduite ne se berce plus d'idéaux. Elle cultive une qualité et une saveur de vivre. J'ai appris à traverser une journée après l'autre, scandée par les ménages, les désherbages et cueillettes, les pluches de légumes matinales comme un joyeux rituel collectif, de longs repas végétariens sous les arbres, entre rires et rêveries. Les grandes luttes militantes contre le nucléaire ou les OGM avaient plus occupé leurs aînés. Aujourd'hui, la dimension de gratuité et de douceur, qui m'a donné d'abord l'inquiétude d'être bercé par une vie cyclique, est en fait à mes yeux devenu un témoignage incarné et inspirant, de priorités alternatives, à cultiver pour notre société.
    Ces fameux wwoofers (1) qui échangent leur travail contre l'hébergement gratuit et l'expérience d'une agriculture bio, essaimeront ainsi ces inspirations alternatives. Les discussions avec elles et eux sont riches en questions existentielles et religieuses, que la préoccupation écologique éveille. Souvent, la spiritualité les attire, autant que le christianisme leur est suspect. Un peu inquiet parfois de leur détachement à évoquer la disparition possible d'une humanité dévastatrice, je suis souvent touché par leur amour et la connaissance de la nature qu'ils ont glanée.
    Enfin, je vois mon intuition se réaliser sur moi: le voisinage des plantes change le cœur et l'esprit. Accompagner lentement leur croissance, se battre avec des liasses d'herbe et une fourche pour dénicher une maigre gousse d'ail, recevoir enfin une courgette géante, une fraise insoupçonnée de sous une feuille ou une carotte inespérée: me laisser travailler par la terre, ses âpretés, ses générosités et ses mystères... cela me fait mesurer qu'on ne cultive pas ses fruits, mais qu'on coopère avec des millions d'autres créatures; qu'on n'en perd jamais rien, mais qu'on laisse leur part aux insectes et aux oiseaux; que seul l'humble accord avec son fonctionnement propre peut réconcilier en pratique nos visions du monde et nos styles de vie, avec les écosystèmes qu'actuellement ils blessent.

    Jardinage Julienlambert 2019

     

     1. World Wide Opportunities on Organics Farms, www.wwoof.fr

    Julien Lambert sj relève périodiquement trois perles tirées de son quotidien de jeune religieux étudiant à Paris. L'année universitaire écoulée fut une «intense année de méditation, d’études philo-théologiques et de vie religieuse au quotidien dans la mégapole parisienne» pour le cadet des jésuites suisses. L’occasion d’une relecture spirituelle, humoristique et «humeuristique», de ses expériences théâtrales, féministico-ecclésiastiques et émotionnelles…

  • Un jésuite a la mission de nourrir la réconciliation

    Article Sosa2017 ObservRomano

    Les jésuites sont appelés à travailler à la réconciliation «à trois niveaux: avec Dieu, avec les êtres humains, avec l'environnement.» Dans une interview accordée à l'Osservatore Romanoen août 2017, le Père Général Arturo Sosa sj souligne l'importance du rôle des jésuites «pour mieux comprendre les causes de l'injustice et contribuer à élaborer des modèles alternatifs au système qui produit aujourd'hui la pauvreté, l'inégalité, l'exclusion et met en péril la vie sur la planète.»

  • Un jésuite franco-belge à la tête de la CPE

    janin1 0e925Le Père Général Arturo Sosa a nommé le P. Franck Janin sj Président de la Conférence des Provinciaux jésuites européens (CPE). Franck Janin est actuellement Provincial de Belgique francophone et du Luxembourg et ce, depuis 2011. Il entrera dans sa nouvelle fonction le 28 août prochain, quelques semaines après la fin de son mandat actuel.

    La Conférence des Provinciaux européens est actuellement composée de 22 Provinces jésuites et de deux régions. Plus d’infos : www.jesuits.eu

  • Un jésuite parmi trente-cinq nouveaux saints

    Souveral ferro saints2017Le pape François a canonisé 35 nouveaux saints au cours de la messe célébrée sur la place Saint-Pierre, le 15 octobre dernier. Le père jésuite brésilien André de Soveral à Cunhau, et le prêtre portugais Ambrosio Francisco Ferro à Natal, se distinguent plus particulièrement dans ce groupe de martyrs. "On raconte que le P. Soveral (1572-1645), était en train de célébrer la messe dominicale, le 16 juillet 1645, lors de l’irruption des soldats hollandais dans son église. Prévoyant ce qui allait se passer, il a exhorté ses fidèles à se préparer à mourir en priant et demandant pardon à Dieu pour leurs péchés. Aux soldats, il a demandé de ne pas profaner les vases sacrés et de ne pas toucher le ministre, mais il a été frappé aussitôt, comme les autres, d’un coup de sabre. Seul un laïc victime du massacre a été identifié, Domenico Carvalho, un notable de la ville, qui fait partie des futurs saints." Note Aleteia dans son article du jour.

     

  • Un jésuite portugais précurseur des droits de l'homme au Brésil

    Padre Antonio Vieira copieLe jésuite portugais António Vieira sj (1608-1697) sera au centre de l'une conférences publiques des Carrefours Historiques: le monde lusophone jusqu’au XIXe siècle organiséesparl’unité de Portugais de la Faculté des lettres de l’Université de Genève. Donnée par le professeur Pedro Cardim le 15 octobre 16h-18h à Uni Bastions (salle B101), elle aura pour thème: Esclavage et travail forcé des Amérindiens dans l’Amérique portugaise. L’intervention du jésuite António Vieira en question.

  • Un nouveau monde inquiétant?

    Que faire quand on a rien à faire, ou qu'on frise le burnout dans son canapé à coups de télétravail et de vidéoconférences? Où trouver Dieu entre la cuisine et la télé?  En ces jours de confinement, Julien Lambert sj propose quelques inspirations inespérées au fil des jours, cueillies entre les quatre murs de ma communauté jésuite parisienne... Avec pour chacune une invitation à la méditation personnelle.

    Lundi 4 mai - Un nouveau monde inquiétant?
    J'entends de plus en plus parler de «l'après-confinement». D'un côté, c'est plutôt pas mal, si ça laisse au moins déjà percevoir un "après". Mais il paraît qu'il y aura des retours du virus, comme des plus mauvais films à succès, ou qu'on risque de jouer les Zorro masqués (à l'envers...) dans les transports publics... Et bien sûr qu'il faudra reprendre une vie professionnelle et économique dans un contexte de récession violente qui en fait déjà souffrir beaucoup. Penser que le monde ne sera «plus jamais comme avant», moi ça me provoque des accès de panique, parfois. Mais qu'ont pensé nos grands-parents au début de la guerre? Quand le monde a-t-il jamais été «comme avant»? Et comme toujours... la peur vient-elle de ce qui est à affronter dans l'immédiat, ou surtout de ce que nous anticipons, d'autant plus que nous ne savons pas précisément à quoi ça ressemblera?
    Tout ce que je me/vous dit alors, c'est peut-être seulement une rhétorique rassurante... mais demander qu'une rhétorique bien intentionnée devienne réalité dans nos cœurs, n'est-ce pas le début d'une prière qui a toutes les chances d'être exaucée?
    Et nous, pour échapper à quel nouvel état du monde prions-nous, ou pour accéder à quelle paix, quelle confiance, quel que soit ce monde futur ?

  • Un prêt politique de 10'000 frs

    switzerland Argent PixabeyLDD Étienne Perrot sj  - Dix mille francs reçus par un Conseiller d’État. Mis en cause, ce dernier a reconnu le fait, tout en précisant que la somme avait été restituée. Était-ce donc un prêt? Le chiffre paraît particulièrement modeste, surtout si on le compare à des malversations qui ont fait récemment la Une des journaux. Mais le doute est installé. Car, se dit-on, seul ce qui est le moins bien caché est sans doute apparu. L’ignorance sur «le reste toujours possible» fait fantasmer l’opinion publique. De ce point de vue, l’opinion publique compte avec les précautions et les lourdeurs du système judiciaire. L’histoire américaine raconte que c’est sur un problème fiscal que Al Capone s’est fait arrêter. Je ne compare pas le Conseiller d’État chargé de la mobilité avec le célèbre maffieux; je souligne simplement que la police épingle uniquement ce qu’elle peut le plus facilement épingler.

    Dans cette histoire des dix mille francs avancés et rendus, ce qui me trouble le plus est la date de ce «prêt» (prêt, puisqu’il y a eu restitution): l’entre-deux tours pour le Conseil d’État en 2018. La prégnance politique du moment a de quoi titiller mon a priori de bienveillance. Car, si l’argent a été rendu, le Conseiller mis sur la sellette ne l’a pas empoché lui-même. L’argent a donc servi, -c’est du moins ce que l’on peut penser, compte tenu de la date incriminée,- au moins momentanément, pour un enjeu politique. Et j’entends déjà les refrains habituels: «C’est moins grave, puisque c’était pour la (bonne) cause».

    C’est là où je ne suis absolument pas d’accord!

    La «bonne» cause est toujours celle du parti politique, ou du mouvement d’opinion que je soutiens. Chaque représentant élu, chaque candidat et chaque votant, sans parler des autocrates autoproclamés, prétendent tous parler au nom de l’intérêt général; parfois même ils en sont convaincus. Ce qui justifierait les «aides» économiques plus ou moins litigieuses acceptées par la gens politique. Mais ce raisonnement, trop souvent entendu, oublie le fondement même de la démocratie: l’égalité; celle des citoyens d’abord, celle des candidats ensuite. Alexis de Tocqueville l’avait souligné. Seule l’attachement viscérale à l’égalité, plus ou moins garanti par les réglementations électorales, prépare les esprits à accepter le respect des minorités.

  • Une église verte au cœur de Paris

    Par Martin Föhn sj - Plus je m’intéresse à la question écologique, plus je trouve les faits inquiétants, et plus je me réjouis des personnes qui la prennent au sérieux et qui agissent au sein de notre centre universitaire parisien -le Centre Sèvres- et de l'église affiliée de Saint-Ignace de Paris.

  • Une nouvelle aventure apostolique

    MeyerPascal sjDepuis quelques semaines, le jésuite zurichois Pascal Meyer a rejoint l'équipe de Jesuit Worldwide Learning (JWL) à Genève, une organisation jésuite soutenue par les Provinces de Suisse, d'Allemagne et d'Autriche qui offre un enseignement supérieur équitable et de qualité aux personnes et aux communautés en marge de la société, partout dans le monde. Qu'attend-il de cette nouvelle expérience? Premières impressions alors qu'il part en Jordanie pour une première mission de deux semaines. (voir également la vidéo enregistrée à Amman en fin d'article)