Histoire

  • Angelo Secchi sjLe père jésuite Angelo Secchi (1818-1878), brillant astronome et astrophysicien italien, «était toujours animé d’un grand amour de la vérité, recherchée avec ténacité par les moyens de la science et les principes de la foi», déclare Mgr Luis Ladaria Ferre sj, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi: «Il a toujours été soutenu par la certitude que les visions du monde, que la foi et la science fournissent à l’homme, sont harmonieuses et complémentaires.»

  • Le jésuite suisse Stephan Rothlin, directeur du Macau Ricci Institute, est un spécialiste de la Chine où il est établi et enseigne depuis 1998. En marge du mois missionnaire extraordinaire Baptisés et envoyés: l’Église du Christ en mission dans le monde, il revient sur l’accord historique signé il y a un an, le 22 septembre 2018, entre le Vatican et la Chine, accord qui a fait couler beaucoup d’encre.

  • Christ in front of PilateLe Christ devant Pilate, Mihály Munkácsy, 1881Chaque fois qu’il a été sollicité pour exercer le pouvoir, Jésus s’est dérobé. Lors de la tentation au désert, après la multiplication des pains, ou sous les acclamations de la foule au jour des Rameaux. Après les guérisons, il s’empressait de désamorcer l’enthousiasme des gens en leur imposant le silence, pour ne pas voir sa mission récupérée par des mouvements nationalistes et politiques. À ses disciples qui se disputaient les premières places, il avait expliqué qu’ils ne devaient pas aspirer au pouvoir comme les politiciens: que celui d’entre vous qui veut être le premier prenne la dernière place et se fasse serviteur.

    En face de Pilate, les circonstances ont changé! C’est un homme condamné à mort, livré à ses ennemis, sans pouvoir ni gloire qui ne refuse plus le titre de roi. Jésus revendique la royauté au moment où il se trouve à la dernière place. Tout triomphalisme est écarté, sa mission ne risque plus d’être gauchie par un projet politique. Son royaume ne risque plus de s’inscrire dans des structures politiques, ni même dans une culture. Pas de gardes, pas d’armée, pas de territoire, pas d’économie. Pas d’autre programme qu’une vie donnée. Pilate et les Romains ne courent plus aucun risque ! Sa royauté consiste à manifester la bonté du Père. Étrange royauté!

    Si Jésus n’a pas succombé à l’attrait du pouvoir politique, l’Église n’a pas toujours su éviter le piège. Plus d’une fois tentée au cours de son histoire, elle s’est hissée à la hauteur des rois et des empereurs. Elle a levé des armées pour faire des guerres ou des croisades. Elle a participé à la colonisation. Elle a pesé de tout son poids sur des partis politiques. Aujourd’hui, elle cueille les fruits amers d’un pouvoir pervers et déguisé en dévot, le cléricalisme dénoncé par le pape François.

    Le titre de Christ-Roi est certainement ambigu. Il recèle un piège. Celui de justifier des programmes politiques ou des formes de gouvernement, qui ne sont qu’une trahison du style de cette royauté que le Christ revendique devant Pilate.

  • Étienne Perrot sj - La Révolution française s’est faite au nom de l’égalité. «Le roi en son Conseil, le peuple en ses états» disait-on sous l’Ancien Régime; étant-entendu que les «états» du peuple distinguaient les justiciables selon qu’ils faisaient parties de la noblesse, du clergé ou du «tiers-état» (Il faut comprendre ici «tiers» comme le troisième). On oubliait alors le quart monde; car le tiers-état qui mena la Révolution de 1789 regroupait essentiellement les artisans et les bourgeois. Après la Révolution, quelques décennies plus tard, Alexis de Tocqueville analysait la Démocratie en Amérique (c’est le titre de son maître ouvrage) comme étant fondée sur l’égalité. À la même époque, l’un des fondateurs du socialisme populaire, Pierre Leroux, publiait un ouvrage qui marqua son temps De l’égalité, où il convoque Jésus-Christ et la philosophie des Lumière pour fonder l’État de droit sur le principe égalitaire.

    Ce principe se conjugue en économie autant qu’en politique. Il guide aujourd’hui encore des recherches incessantes dans le domaine de l’éducation autant que dans celui de la compétition. «Égalité des chances» dit-on. En dépit de cette illustre et nombreuse parenté, l’égalité a peine à avancer. Signe des temps -qui montre que l’égalité est ancrée dans notre société, les journaux sont remplis de considérations heureuses sur l’égalité homme femme dans le travail, -elle ne s’impose pas encore partout, les failles sont nombreuses dans les postes de directions, dans les assemblées politiques et ailleurs-. Dans maints endroits, on glose sur l’inégalité face à l’accès aux services publics selon les lieux d’habitation, sur l’inégalité des capacités culturelles -les capabilités, dit Amartya Sen, en l’absence de quoi on ne peut solliciter les services auxquels on a droit-.

    Pour détourner l’attention, on peut aussi épingler l’inégalité quant aux illuminations des façades. En ce domaine, les droits sont-ils les mêmes pour tous? J’en doute, en constatant que chacun peut enlaidir l’espace public la nuit selon son goût. On peut réaliser des œuvres d’art lumineuse ou gâcher la vue des passants, c’est selon. Il suffit de regarder la nuit la façade de l’hôtel des Bergues. Quant aux illuminations (promues par la municipalité genevoise) qui couronnent les toits des immeubles tout autour du Mirail, je n’en parlerai que pour constater la cacophonie de lumières qu’elles engendrent. Il paraît que les réglementations concernant les illuminations des façades sont «contraignantes». Qui l’eut cru  Certainement pas quant à l’esthétique. Il est vrai que «des goûts et des couleurs» il ne faut jamais discuter.

    Étienne Perrot sj

  • DireDieu HautesFrequences Sept18Dès la moitié du XVIè siècle, les Jésuites, un ordre religieux crée par le basque Ignace de Loyola, partent à travers le monde pour évangéliser. Mais comment parler du Dieu chrétien à des civilisations si éloignées de la culture européenne? L’italien Matteo Ricci qui arrive en Chine comprend qu’il faut être chinois avec les chinois. Il sera d’ailleurs l’un des premiers étrangers à être enterré en Chine, Le français Joseph Lafitau, qui s’initie à la la langue et la culture de Iroquois au Canada, est considéré comme un des pionniers de l’ethnologie.

    Philippe Borgeaud, professeur émérite d’histoire des religions à l’université de Genève, est au micro d'Evelyne Oberson pour une série de sept chroniques diffusée en septembre 2018 les dimanches dans l'émission Hautes Fréquences sur RTS-La Première.

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  • Portrait of Martino Martini by Michaelina WautierUne exposition dédiée à l’œuvre cartographique du Père Martino Martini sj (1614-1661), né à Trente (IT), a été inaugurée  au siège du Centre Chine Italie de Hangzhou, chef-lieu de la province du Zhejiang, afin de commémorer le 375e anniversaire de l’arrivée du grand missionnaire dans cette ville. L’inauguration a eu lieu le 2 juin, jour de la Fête de la République en Italie, patrie du religieux. Des centaines de chercheurs et d’universitaires, chinois et italiens, ont participé à l’événement, coorganisé par le Centre de promotion pour la Culture et le Commerce Chine Italie, le Centre d’études italien Martino Martini, Edulife Italie Chine et par l’Association pour la promotion de la culture chinoise à l’étranger de la province de Zhejiang.

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    Pour son 17e voyage apostolique, le pape François est à Malmö, en Suède. Un voyage qui marque les 500 ans de la Réforme protestante, « très important » pour lui. Dans son livre Ignace de Loyola. Légende et réalité, Pierre Emonet sj dépeint les liens tissés entre les deux destinées d’Ignace et de Luther en les éclairant d’une nouvelle lecture historique. « Ignace n’est pas le contre-réformateur de légende que l’on croit », écrit-il.

  • Henning igance FrancoisXavier 2018L'espace de la Fusterie de Genève recevait, en décembre 2017, l'écrivain et journaliste français Christophe Henning dans le cadre de son cycle de conférences "Un auteur ⁄ Un livre" pour ses ouvrages sur deux jésuites fondateur de l'Ordre: saint Ignace de Loyola et saint François Xavier. Découvrez sa conférence en vidéo.

  • MartinlutherKing memorialVoici exactement cinquante ans, le 4 avril 1968, dans un motel de Memphis dans le Tennessee (USA), le pasteur baptiste Martin Luther King est assassiné. Que représentait-il à l'époque? Quel espoir a-t-il fait naître? Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Une réflexion d’Étienne Perrot sj.

  • HistoireChineVatican LombardisjÀ la suite de l'accord signé entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine au sujet des nominations d'évêques, le Père Federico Lombardi sjrevient sur l'histoire des relations entre Pékin et Rome depuis le milieu du XIXe siècle.

    Photo: Cathédrale Saint Ignace de  Shangai (à g.); séminaristes chinois dans une mission jésuite (En Chine au Tché-Ly Sud-Est: une mission d'après les missionnairesdu Père Henri-Joseph Leroy sj, éd. Desclée de Brouwer) vers 1900; Père Fédérico Lambardi sj.

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    L'Echo Magazinen°11 (mars 2014) consacre deux pages au dernier livre de Pierre Emonet sj  Ignace de Loyola, Légende et réalité.

  • Home2 LivreStFavre new abbebIl n’en existait pas. Aujourd’hui, la biographie en français de saint Pierre Favre par Pierre Emonet sj vient de paraître aux éditions Lessius. «Avec beaucoup de finesse, l’auteur retrace tout d’abord la vie de Pierre Favre (1506-1546), le premier compagnon d’Ignace de Loyola à Paris. Par la suite, Pierre Emonet choisit des thèmes qui caractérisent la spiritualité de cet infatigable itinérant: le réalisme de l’Incarnation, le maître spirituel, la grâce de l’amitié, la modestie... » note l’éditeur. 

  • CartChineAvec la permission de la Bibliothèque du Vatican, l'Université de Brescia a pu réaliser, en édition limitée, une reproduction fidèle d'une carte antique du globe commentée en chinois par le Père Giulio Aleni, missionnaire jésuite présent en Chine de 1610 à 1649, né à Brescia en 1582 dans une famille noble de Leno et mort à Yanping en 1949.

    Ce jeudi 3 mai prochain, l'Université de Brescia organise une journée publique exceptionnelle de présentation de cette précieuse reproduction.

  • Étienne Perrot sj - Le mur des Réformateurs faisait consensus à Genève lorsqu’il fut érigé dans le parc des Bastions en 1917. Aux vues des nettoyages successifs nécessités par les dégradations volontaires venues de trublions vaguement identifiés, il semblerait que le mur de la Réformation attire encore la vindicte des «minorités» -qui ne sont pas tous minoritaires- (je pense aux mouvements féministes). Il ne s’agit pas seulement, je pense, d’étudiant-e-s en mal de gaudrioles de fin d’année.

    S’il fallait trouver une raison de ces violences -ou de ces attaques verbales- iconoclastes, j’irais la chercher du côté de la fonction symbolique des personnages gravés dans la pierre. Ce monument à la gloire de la Réformation est en effet le symbole du libre examen. La Réforme est en effet le Matin du monde moderne comme l’annonce le titre d’un bel ouvrage de Michel Grandjean, professeur d’histoire du christianisme à l’université de Genève. Pour les esprits chagrins comme le mien, l’esprit de la Réforme s’est malheureusement dissout dans la modernité. Or la modernité a dérivé vers un individualisme qui l’empêche de répondre sérieusement aux problèmes d’aujourd’hui. En souffre la reconnaissance de chacun dans une société solidaire.

    Du coup, les Réformateurs sont accusés faussement des errements du capitalisme contemporain et du moralisme aliénant. Ne pouvant pas être brûlés en effigies, les statues de pierre sont défigurées ou leur signification tronquée. Faible compensation pour celles et ceux qui refusent la société moderne !
    Comme ceux qui ne retiennent du christianisme que les croisades ou l’inquisition, comme ceux qui ne retiennent de la Révolution française que la terreur ou les massacres de septembre, ceux qui ne voient dans la Réforme que la justification insoutenable d’un capitalisme sans âme ou d’un moralisme aliénant se consolent en en détruisant symboliquement les figures historiques. Ils puisent sans doute dans ces critiques ou dans ces actes de vandalisme une bonne conscience. D’autant plus que, en dépit de la lutte des Réformateurs contre le cléricalisme, le protestantisme -via ce monument imposant dressé sur la place publique- leur apparaît sans doute encore trop religieux pour une société sécularisée.

    Foin de ces explications, en paroles ou en actes la dégradation récurrente de ce monument de la Réformation est un acte de faiblesse à la fois intellectuelle et morale: l’incapacité d’accepter que nos héros de jadis ne s’accordent pas à l’état actuel de nos connaissances et de nos sentiments.

  • Comment Martin Luther et Ignace de Loyola, deux contemporains novateurs il y a 500 ans, peuvent nous parler, aujourd’hui dans notre société en profonde mutation? La réponse en forme de Regards croisés de deux réformateurs par Jean-Bernard Livio sj archéologue et bibliste sur RCF, peu avant la conférence qu'il donnait au Centre Porte Haute de Mulhouse le 16 janvier 2018.
  • NotreDame de la RouteLe 24 mai, nous célébrons Notre-Dame-de-la-Route (du nom de la Maison où les jésuites de Fribourg accueillent leurs hôtes pour des retraites et sessions de formations). Mais qui est donc Notre-Dame-de-la-Route? Une «Madone» chère aux jésuites, où plus précisément la représentation de la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus qu'elle tient de sa mains gauche, un œuvre qui se trouve dans la chapelle latérale gauche de l’église du Gesù, à Rome.

  • Pierre Favre1 300x210Fin connaisseur de la vie et des écrits de Pierre Favre, ce savoyard co-fondateur de la Compagnie de Jésus, Pierre Emonet sj propose en ce week-end de Pentecôte 2018 un séminaire autour de la vie du saint, au lieu même de sa naissance et où il passa sa jeunesse, à Saint-Jean de Sixt, au hameau du Villaret (duché de Savoie).  En juillet dernier, à l'occasion de la naissance de la  Province d’Europe Occidentale Francophone (EOF), le Père Emonet sj a donné une conférence sur le saint patron choisi par la nouvelle entité jésuite. Nous vous en proposons le reflet.

  • FellayBlog

    Nous avons la chance d’avoir ces jours des textes du Livre de la Sagesse dans les lectures liturgiques. Ces documents sont souvent négligés, parfois même proscrits. Les Réformateurs du 16e siècle l’ont placé dans la catégorie des Apocryphes, car ils étaient écrits en grec. Luther et ses proches ne croyaient qu’à l’Hebraea veritas, c’est-à-dire aux textes écrits en hébreu. Ils jetaient ainsi le discrédit sur la pensée et la philosophie grecques, considérées comme païennes.