écologie

  • «J’ai besoin de l’esprit de Laudato si’»

    «Ce que le pape a écrit dans son encyclique Laudato si’ est aujourd’hui plus d’actualité que jamais», relève Christoph Albrecht sj. Alors, il se réjouis de tous les tentatives de rappeler son appel urgent et à rendre ce texte majeur accessible au plus grand nombre de personnes. François lui-même avait ouvert son encyclique par ces mots: «À présent, face à la détérioration globale de l’environnement, je voudrais m’adresser à chaque personne qui habite cette planète.» (Laudato si’, 3). Christophe Albrecht sj illustre l’importance des mots de l'encyclique en revenant sur les choix qui ont dictés sa propre vie: Un témoignage fort, engageant!

  • «L'écologie est la science des relations»

    Pour le jésuite François Euvé sj, l’homme doit être l’intendant de la Création. Il en est responsable, mais il n’est pas le maître absolu de ce qui lui est confié. Face à la crise écologie actuelle, il défend la relation, le dialogue et le partage. Il invite à ne pas tout accaparer. Maurice Page de cath.ch a rencontré le rédacteur en chef de la revue jésuite française Études à Genève, quelques jours avant le 4 octobre 2019, fête de saint François d’Assise, «patron des écologistes».

  • Changer le monde dépend de soi

    «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde!» Ces paroles de Gandhi m’ont accompagné pendant toute la durée des vacances académiques de cet été. Deux mois passés entre le Campus de la Transition à Forges (Paris) et le Schumacher College dans le sud de l’Angleterre qui m'ont ré-ouvert le cœur et l'esprit à l'écologie.

  • Écologie valaisanne

    GiletJaune Creative Commons Zero CC0Dans une interview parue dans Le Temps le vendredi 31 janvier 2020, Christophe Clivaz rappelle que les régions de montagne toucheront de l’argent du fonds climatique, pour se prémunir contre les conséquences du réchauffement climatique. Cela n’a rien d’un scoop. Le conseiller national écologiste valaisan ajoute cette phrase, retenue comme titre par le journal: «Les gens doivent modifier leur comportement, même en Valais». C’est évident. Le changement de comportement est une nécessité à la fois écologique, sociale et politique; il est d’autant moins contestable qu’il repose sur un principe de justice.

    En effet, quoi de plus contraire au lien social que l’inégalité des risques affrontés par les uns et par les autres. Or, par le biais de la solidarité, la communauté des risques est indispensable pour maintenir l’autorité de la loi. Certes, il y faut aussi des objectifs précis et des moyens proportionnés. Mais que les risques climatiques ne portent pas uniquement sur quelques-uns, les autres en étant dispensés, c’est indispensable pour maintenir vivant le lien social.

    Dans le prolongement de ce dernier point, j’épingle une phrase tirée des propos du conseiller national. Il suggère d’introduire une taxe incitative sur les carburants qui serait ristournée à ceux qui sont très éloignés des transports publics. Je ne peux qu’approuver. Car si l’on veut que les efforts écologiques suscitent l’adhésion de tous, il faut que ces efforts ne conduisent pas à pénaliser ceux qui sont dans les situations les pires.

    En introduisant à l’automne 2017 la taxe sur le gas-oil, le gouvernement français en avait ignoré les conséquences sociales qui allaient peser principalement sur les habitants des périphéries urbaines, et des campagnes. Ces populations qui ont plus de mal que les urbains à renouveler leur voiture, et que l’on avait incité, durant des décennies, à privilégier le diesel par une fiscalité accommodante, ont été les premières touchées, et les premières à réagir.

    Qui plus est, la nouvelle taxe française sur le pétrole n’était pas explicitement destinée à compenser les débours de ceux qui pourrait le plus mal la supporter, ni même à financer une restructuration économique plus écologique; mais la taxe allait se perdre dans le trou sans fond du déficit budgétaire français. D’où ce que l’on a nommé par euphémisme «la crise des gilets jaunes». La taxe avait tout d’une punition imposée arbitrairement aux plus faibles.

    En revanche, pour peu qu’elle soit appliquée avec rigueur et équité, la proposition de Christophe Clivaz, qui vise à ristourner l’argent de la taxe à ceux qui sont les plus éloignés des transports publics, ne peut que convertir les esprits à l’écologie pratique de chaque jour, au-delà même des valaisans, et favoriser des comportements plus respectueux de l’environnement.

  • Économie contre écologie. Histoire d'eau en Valais

    Étienne Perrot sj - La complexité de la politique de développement soutenable a connu sa première manifestation publique et internationale en 1992, au premier «sommet de la terre». Selon la formule de l’époque, il s’agissait de concilier les exigences écologiques, économiques et sociales. Couplées deux par deux, ces exigences permettent d’assurer un développement viable (écologique et économique), vivable (écologique et social) et l’équitable (économique et social). Le soutenable se plaçait à l’intersection de ces trois valeurs, le viable (long terme), le vivable (court terme) et l’équitable politique. Très vite, sous la pression de la crise économique, dans beaucoup de pays, l’écologie fut sacrifiée au nom du social, et le long terme au nom de l’urgence. Ce qui donne une valeur particulière à une quatrième exigence, sorte de capitaine d’Artagnan dans la trinité du roman Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, l’exigence de gouvernance démocratique, garante de l’équité.

    Valais eau de la Lonza© Oliver s/de.wikipedia.org./Wikimedia CommonsDans ce décor se place aujourd’hui une scène politique valaisanne. Pour revoir à la baisse -dans tous les sens du mot- les exigences de la loi fédérale sur l’eau qui définit les débits minimaux des rivières, et ainsi permettre une plus longue exploitation des usines hydro-électriques en cas de sécheresse, «une initiative du canton du Valais veut revoir à la baisse les débits résiduels minimaux des cours d’eau, afin de favoriser la production hydroélectrique. Les associations de protection de la nature s’en offusquent.» (Le Temps du mardi 22 janvier 2019) Le journaliste titre: «Hydroélectricité: la guerre économie contre écologie».

    En fait, il ne s’agit pas simplement de l’économie des producteurs d’électricité d’origine hydraulique contre l’écologie des défenseurs de l’or bleu et des poissons. Car l’initiative est présentée comme un moyen de réaliser l’objectif écologique de la transition énergétique suisse à l’horizon 2050. Expertises et contre-expertises vont bon train. Les uns prétendant qu’une norme diminuée de moitié suffirait à satisfaire les nécessités écologiques, les autres contestant les conditions très particulières dans lesquelles se sont déroulés ces études. Quoi qu’il en soit, dominée par l’économie, une partie du débat se situe à l’intérieur des multiples exigences écologiques.

    Bien sûr, il existe certainement d’autres moyens d’atteindre le résultat souhaité dans trente ans. Mais, ici comme dans beaucoup de sujets politiques, le flou sert de cache sexe aux militants de tous bords. Histoire de rappeler que la politique est autant l’art de faire croire que l’art des possibles. Comme souvent, les options qui émergent portent des valeurs difficiles à concilier. «Le ciel des valeurs est un ciel déchiré» disait Jankélévitch. Reste aux politiciens à trancher en faveur de compromis qui, je le souhaite pour le Valais et pour la Suisse, sauvegardent le long terme.

     

  • Encore la Marche pour le climat

    «Sing For The Climate»

    Étienne Perrot sj - La Marche pour le climat a été une réussite. Toutes celles et tous ceux qui se soucient de l’avenir de la planète peuvent s’en réjouir. Les esprits chagrins rappelleront qu’une manifestation de rue, aussi spectaculaire soit elle, aussi nombreuse, aussi déterminée, n’est jamais qu’un premier acte. Ce premier acte traduit l’indignation des foules. C’est l’ébranlement d’un mouvement social et culturel qui, pour aboutir, appelle un complément. Ce complément pour une réalisation effective d’une écologie intégrale (comme dit le pape François) doit se prolonger par une analyse où la science et les techniques sont convoquées. Car seule la rigueur scientifique est capable de signaler les contraintes incontournables. Si les marcheurs pour le climat ignorent ces contraintes, ils se bercent d’illusion, se mentent à eux même et trompent les citoyens.

    Certes, il existe d’autres contraintes, sociales et réglementaires celles-ci, mais qui ont vocation à évoluer. C’est justement le rôle des votations et des manifestations de rue que de faire pression sur le législateur; tout en sachant que ce n’est pas la rue qui fait la loi (sauf en France, serais-je tenté de dire, où le gouvernement venu de la rue entraîne force débauche d’injustices dont font les frais les plus faibles de nos concitoyens). J’ajoute que la dimension culturelle de problème climatique fait partie de l’équation; mais les manifestations spectaculaires dont celle de la Marche pour le climat ont justement vocation à faire prendre conscience de l’inadéquation des habitudes collective, et à mettre au jour les problèmes que l’on ne souhaiterait pas voir.

    Dans ce contexte, un animateur genevois de la Marche pour le climat se sent pousser des ailes politiques. Le Temps, dans sa livraison de jeudi 21 mars 2019, évoque le «meneur volubile» (sic) qui «se verrait bien en figure politique majeure». J’ignore bien sûr quel sera l’avenir politique de Thomas Bruchez. Qualifiant de «meneur» de «volubile», le journaliste du Temps le crédite d’une qualité nécessaire à tout politicien: la facilité de parole. Car, depuis l’Antiquité grecque et latine, -et quel que soit le Régime politique, démocratique, aristocratique, ploutocratique, ou tyrannique,- la politique s’exprime toujours par le moyen de débats plus ou moins contradictoires, plus ou moins houleux, plus ou moins consensuels, plus ou moins truqués, hors desquels personne ne peut accéder et s’installer durablement au pouvoir.

    Sans vouloir donner des leçons à ce «meneur volubile», je lui rappelle cependant que l’éloquence, -qui est l’art de convaincre-, suppose autre chose que la volubilité où l’auditeur discerne assez vite l’art d’occuper le volume sonore pour interdire la parole d’éventuels contradicteurs. Tout aspirant aux fonctions politiques doit cultiver, outre les vertus civiques, deux qualités supplémentaires: la compétence qui suppose un lourd travail d’information, de formation et de courage pour voir «la réalité en face» -notamment pour voir les limites de validité des scénarios inspirés par les sciences-. À quoi s’ajoute cette vertu toute spirituelle qui consiste à refuser une vision unilatérale -c’est à dire idéologique- des choses; comme si l’écologie n’était pas encastrée dans la culture qui impose des compromis politiques.

  • Énergies fossiles (la suite)

    EpinglePerrot juin19Étienne Perrot sj - Ma chronique du 18 juin 2019 réagissait à une déclaration de l’évêché du diocèse de Lausanne-Fribourg-Genève annonçant que, depuis l’arrivée du nouvel évêque, Mgr Charles Morerod en 2012, il n’achetait plus d’actions d’entreprises exploitant des énergies fossiles; et qu’il avait vendu les positions qu’il détenait avant 2012 dans ce secteur.
    En réponse à ma chronique, un lecteur me fait remarquer que cette stratégie a le mérite de donner bonne conscience aux catholiques du diocèse sans toucher le fond du problème. Son argument est que les achats en Bourse servent marginalement -et pour le secteur pétrolier, gazier pas du tout- à financer les entreprises. La souscription d’obligations présente le même défaut. Finalement, de par les dividendes et les intérêts versés par ces entreprises, le flux ne va pas des épargnants vers les entreprises, mais, à l’inverse, des entreprises vers les épargnants. Cette stratégie de refus d’investir dans le secteur des énergies fossiles, ajoute mon correspondant, ne fait que limiter les opportunités d’investissement de l’épargne de l’évêché, et par voie de conséquence, en toute logique, d’abaisser son espérance de gain. Comme quoi, conclut-il, l’éthique a toujours un coût sonnant et trébuchant. Dont acte.

    J’accorde à mon honorable correspondant que cette stratégie d’abstention ne peut avoir d’effet direct que lors de la souscription d’une augmentation de capital ou d’une nouvelle émission obligataire. En revanche, ajoutant deux sous dans la musique, je rappelle que mon argument du 18 juin portait non pas sur les effets directs, mais sur les effets indirects, ceux qui passent par l’évolution des cours boursiers. Je reconnaissais d’ailleurs que ces effets indirects ne pouvaient être sensibles que si une masse suffisamment conséquente d’opérateurs agissait dans ce même sens. Je parlais même, en attendant une mobilisation massive des épargnants, d’un effet symbolique.

    Ayant participé à un film sur le sujet (Moi, la finance et l’économie durable, de Jocelyne Lemaire Darnaud, 2010) j’ai pu constater combien sont lucides les militants de tous bords qui œuvrent dans ce sens. Mais, au-delà même de l’effet de signe que comporte toute action symbolique -pour autant que symboliques soient les effets-, le plus important est de vérifier l’authenticité de la démarche. Que les choix aient un sens, cela ne relève que de la conscience de chacun. Les critères s’entrechoquent; la pondération entre ces critères est difficile à établir; les indicateurs sont multiples et variés. Ce qui pose de redoutables problèmes lorsque l’on veut gérer collectivement une épargne, selon un souci où l’éthique est en concurrence avec la performance. Ce qui est le cas de l’épargne gérée par l’évêché de Lausanne-Fribourg-Genève. Mais affronter lucidement de telles contradictions manifeste la dignité de l’être humain.

  • Etudiants et écologie

    Etats-Unis : Collaboration pour une maintenance sur les campus jésuites

    L'Université Loyola de Chicagoa accueilli sa troisième Conférence annuelle sur le changement climatique intitulée : « Changement climatique mondial : défis et solutions économiques » (17-19 mars 2016). La réunion était centrée sur les économies, les politiques et les activités nouvelles réalisées dans le monde pour répondre au changement climatique.

  • Greta Thunberg, suite sans fin

    Étienne Perrot sj - Une lectrice conteste mon dernier Blog sur Greta Thunberg. Cette contestation bien informée souligne avec juste raison que la traversée de l’Atlantique en voilier de la jeune Suédoise médiatique provoque davantage de pollution atmosphérique qu’elle n’en épargne; elle occasionnerait en effet de multiples traversées en avions de la part de son équipe accompagnatrice. Ma lectrice ajoute que si, comme il est envisagé, Greta Thunberg rentre en Europe par le moyen d’un cargo porte-conteneurs, l’image d’un transport moins polluant en serait ternie. Tout ceci est parfaitement vrai.

    La démarche de la jeune suédoise n’est certes pas sans ambiguïté. Cette ambiguïté est sans doute occultée aux yeux de l’héroïne. Son entourage immédiat -je n’ose pas dire ses conseillers- semble plus sensible au caractère médiatique de l’événement qu’à sa logique écologique. Cependant, dans l’esprit de mon précédent Blog, je vois dans cette ambiguïté politico-médiatique l’illustration de la dérive inévitable de toute pratique publique qui cherche à mobiliser les masses.

    L’avenir du monde appartient aux manipulateurs de symboles, disait Robert Reich, un ancien Secrétaire d’État de l’administration Clinton. À son époque, c’était surtout vrai dans la sphère commerciale et financière. C’est devenu la règle dans les domaines élargis, comme le climat ou la sécurité, domaines où la politique est trop myope pour envisager le long terme.

    La contradiction pointée par la lectrice de mon Blog précédent fait partie de toutes les contradictions que les politiciens affrontent à longueur d’années. Les anciens faisaient remarquer que l’art de la politique était lié à l’art oratoire. À cette époque, les politiciens qui parlaient dans les assemblées supportaient directement les réactions de l’auditoire. Il n’en va plus de même aujourd’hui où sont souvent occultés les manipulateurs de symboles à l’origine des contre-pouvoirs médiatiques.

    Il ne me reste plus qu’à remercier cette lectrice attentionnée.

  • Ils roulent pour le climat

    Plus de trajets en train, moins de déplacements en avion. C’est le souhait de nombreux militants du climat. Les responsables catholiques changent aussi leurs comportement. Á l'instar du Provincial des jésuites de Suisse, Christian Rutishauser, comme le souligne Raphael Rauch de kath.ch  (traduction et adaptation pour cath.ch de Davide Pesenti)

  • L'agaçante Greta Thunberg

    TwitterGretaThunbergÉtienne Perrot sj - Greta Thunberg entreprend la traversée de l’Atlantique en bateau à voile. (Merci soit adressé au Prince de Monaco). L’avion eut été plus rapide, moins fatiguant, et sans doute pas plus cher; mais, pour l’idole de la jeunesse sensible au réchauffement climatique, c’eut été contradictoire. Reçue à l’Assemblée nationale française, l’égérie des hommes politique en mal de verni écologique est devenue en quelques mois la coqueluche des médias. On admire sa jeunesse, son franc-parler, son art d’esquiver les questions embarrassantes (celles que tous les politiques affrontent, car la politique est l’art des compromis). La jeune suédoise fait la Une des journaux. Une telle unanimité ne peut que provoquer des réactions. «Elle agace aussi», soulignait encore le 16 août 2019 un journal genevois.

    Cet agacement a, bien sûr, quelque chose de réactionnaire. Il se nourrit de la nostalgie d’un passé mythique, celui où la politique n’était pas une affaire d’enfant et de frimousse blonde. Mais, comme toute attitude réactionnaire, cet agacement n’aurait pas de prise s’il ne se dégageait par contraste d’un fond tragique. Tout en ne partageant pas cet esprit réactionnaire, je vois cependant des traces de ce tragique. Si tragique il y a, ce n’est pas dans le fait qu’une adolescente fasse la nique aux politiques; c’est dans la bonne conscience que l’on se donne en applaudissant Greta Thunberg. Comme si cela suffisait pour faire avancer la cause du climat!

    Ce phénomène médiatique, puisqu’il faut l’appeler par son nom, peut être contre-productif. C’est le sort de toutes les manifestations officielles destinées à honorer «le devoir de mémoire» des événements insoutenables du passé en conjurant leur répétition pour l’avenir. Contre cet exorcisme stérile, on craint d’avoir à mettre dans la bouche de Greta Thunberg, l’héroïne du moment, cette parole tirée de l’Écriture: «Ce peuple m’honore des lèvres» dit le Dieu de la Bible, qui ajoute «mais son cœur est loin de moi». On se satisfait de la manifestation extérieure, on communie dans une passion commune pour la jeune suédoise. On se paie de mots.

    Mon seul souhait reste donc que l’élan médiatique provoqué par Greta Thunberg conforte le législateur dans son désir d’assumer les risques d’une politique pugnace, dans le souci d’allier la justice climatique (celle qui consiste à répartir les frais de la lutte contre la pollution, objet de palabres incessantes depuis deux décennies) et l’avenir de la maison commune.

  • L'eau au coeur des préoccupations jésuites africaines

    Water Nairobi distibution ecojesWater distribution in a school in Nairobi, Kenya (Photo credit: P Walpole)En région africaine, l'écart entre les disponibilités en eau et la demande en eau est en croissance rapide, spécialement dans les villes où l'on s'attend à ce que la population urbaine quadruple pratiquement d'ici 2037, ce qui entraîne une augmentation massive probable de la production d'eaux usées dans les villes africaines.
    Les systèmes actuels de gestion de l'eau ne peuvent pas faire face à cette demande croissante et l'on estime que la moitié de l'infrastructure urbaine dont les villes africaines seront dotées en 2035 a encore à être construite. Le Père Agbonkhianmeghe Orobator sj, président de la Conférence jésuite d'Afrique et de Madagascar (JCAM), promeut un nouveau Projet de Gestion des Eaux usées soutenu par les missions jésuites de Grande Bretagne.
    Pour plus d'informations (en anglais), lire l'article paru sur le site Ecojesuit qui partage l'interview du Père Agbonkhianmeghe Orobator sj sur son site: http://www.ecojesuit.com

     

  • L'évêché et les énergies fossiles

    CommPressEvêchéCO2Étienne Perrot sj - Dans un communiqué, l’évêché du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg rappelle qu’il ne possède aucun placement dans les entreprises stockant des énergies fossiles. Pour une part minuscule, il dit ainsi s’agréger à une campagne mondialisée visant à faire pression sur ces entreprises -notamment les quelques deux cents cotées en Bourses, les Carbon Underground 200- «pour les obliger à revoir leur modèle d’affaires qui est incompatible avec le respect de l’Accord de Paris et le maintien d’une terre hospitalière pour l’humanité». L’évêché serait la première institution catholique suisse à rejoindre explicitement cette campagne.

    Ce communiqué ecclésiastique appelle deux commentaires.

    1° Les effets économiques attendus sont faciles à envisager. À court terme, si les désinvestissements dans l’industrie stockant du CO2 sont suffisamment massifs, les cours boursiers des actions des entreprises visées vont baisser, ce qui entraînera pour elles, pour peu qu’elles doivent y faire appel, un renchérissement de leurs emprunts, éventuellement une baisse des marges ou un renchérissement des produits qu’elles vendent aux industries ou aux consommateurs. Ce qui, à long terme, réorientera la consommation et les modes de production. C’est ce qui est attendu par les promoteurs de cette campagne de désinvestissement. Les résultats sont plausibles, sauf réactions du genre «gilets jaunes à la françaises».

    2° Bien que la décision ait été prise en 2012, dès l’arrivée du nouvel évêque, Mgr Charles Morerod, le communiqué de l’évêché s’appuie sur l’encyclique du pape François Laudato Sì portant sur le respect dû à l’écologie, encyclique parue voici bientôt quatre ans. Cette encyclique sert donc encore de symbole. Comme quoi les symboles ne se décrètent pas; pour jouer leur rôle, ils doivent surfer sur un large consensus culturel -ce qui est le cas ici-. Les déclarations épiscopales touchant la morale personnelle et familiale, la justice sociale ou les émigrés n’ont manifestement pas autant d’écho.

    C’est donc l’occasion de rappeler que les actes symboliques n’attendent pas d’effets immédiats. (Certains diront même qu’ils procèdent d’une conscience éclairée, indépendamment de leur efficacité attendue.) Même en ajoutant à la décision de l’évêché de Lausanne-Fribourg-Genève celles des dizaines d’institutions catholiques qui ont déjà rejoint ce mouvement, le pouvoir économique de cet ensemble reste négligeable. Comme les gestes prophétiques, ces petits gestes sont destinés à mettre au jour non pas l’avenir, mais la logique délétère du présent.

  • La Province jésuite australienne renonce aux combustibles fossiles

    fr brian mccoy sj aaa71Le Provincial australien, le Père Brian McCoy sj, a engagé les jésuites australiens à renoncer aux combustibles fossiles. «À la lumière de notre engagement à nous réconcilier avec la création, nous croyons que la renonciation est une occasion morale, à forte influence et valable qui doit être prise en considération non seulement par la Province australienne mais aussi par toutes les compagnies australiennes » a dit le Père McCoy dans une déclaration publiée le 5 juin pour la Journée mondiale de l'environnement. Le P. McCoy a déclaré que la Province travaillerait étroitement avec ses collaborateurs extérieurs pour développer des stratégies qui remplacent les combustibles fossiles - comme cela a été indiqué dans le Rapport de mars de l'Institut australien 'Investir en tenant compte du climat : retirer des fonds aux combustibles fossiles'- dans le but d'ajouter cela à ses critères de lois.

    Pour en savoir davantage (en anglais): http://sjapc.net/content/australian-jesuit-province-divest-fossil-fuels

  • Laudato Si’ en dessin animé

    El Viajer de AsisIls sont fous ces Américains: ils ont adapté en dessin animé l’Encyclique Laudato Si’ pour lutter contre la culture du rebus et défendre la Création! Une jolie réalisation qui sera notamment diffusée dans les écoles.
    «Le voyageur d’Assise comportera huit chapitres de trois minutes, constituant des histoires de résistance, d’espérance, de force et de défense de l’écologie intégrale et de la justice».

  • Le pape François et la politique climatique internationale

    EditoJesuitEuropeanOfficeLe retrait des États-Unis dans le cadre de l'accord mondial de Paris de décembre 2015 sur le climat a constitué un sérieux revers pour la politique climatique internationale. Les objectifs à long terme de l'encyclique du pape François, Laudato sí, sont donc d'autant plus importants, note Martin Maier sj dans son édito du mensuel de la Commission des conférences épiscopale de l'UE et du Jesuit European Office.

  • Le prix en guise d'exploit

    Kathmandu Nepal Himalayas EverestPierre Emonet sj - Récemment, sur les réseaux sociaux, on a pu voir l’hallucinante photo d’une file d’attente pour accéder au sommet de l’Everest. Tout comme dans le métro: des hommes et des femmes pressés les uns contre les autres, font la queue pour pouvoir fouler la plus haute cime du monde. Parce que ça bouchonne, l’attente se prolonge, fatale pour les candidats aux œdèmes. Bousculées, certaines cordées ont dévissé et rejoint plus vite que prévu un plus haut sommet. Quelle motivation peut bien justifier cette étrange bousculade qui n’a plus grand-chose à voir avec la conquête des cimes éternelles? Certainement pas le goût de l’aventure. Car d’aventure il n’y en a plus; elle était le privilège des pionniers. L’ascension du sommet du monde n’est devenue qu’une industrie touristique qui prospère grâce au goût de la performance, de la gloriole, et d’un snobisme à prix fort.

    Mieux que l’Everest! Il y a quelques jours la presse révélait que la Nasa veut ouvrir sa station spatiale aux touristes. Pas à n’importe quel touriste! À des amateurs de sensations fortes capables de débourser 58 millions de dollars pour un aller et retour, sans compter la nuit à 35'000 dollars. Des séjours allant jusqu’à un mois sont prévus, des candidats s’annoncent. Les espaces infinis effrayaient Pascal. Si leur exploration scientifique se justifie, leur exploitation touristique relève d’une démesure qui ne semble avoir d’égales que les ambitions financières des «gentils organisateurs» et la stupidité des futurs pigeons de l’espace.

    Illustration: Camp de base népalais @ ilker ender/Wikimedia Commons

  • Le social et le climat

    Vivable, viable, soutenable,… l’économie, telle que nous la pratiquons aujourd’hui, n’est pas durable. Nous sommes loin de «l’âge d’abondance» que l’anthropologue Marshall Sahlins analysait dans les années septante comme étant… l’âge de pierre. Il est vrai que personne aujourd’hui n’a envie de retourner à l’âge de pierre, qui sans doute fut écologiquement et économiquement durable, mais socialement et politiquement infecte, sans parler de l’état de santé de ses habitants dont l’espérance de vie n’excédait pas trente ans. Reste que la conciliation de l’économique et de l’écologique, promise solennellement en 1992 lors du premier Sommet de la terre à Rio, n’en finit pas d’être repoussée à demain.

  • Les jésuites britanniques se retirent des énergies fossiles

    Les  jésuites de Grande-Bretagne retirent leurs investissements dans les entreprises actives au niveau des énergies fossiles. Ils deviennent ainsi le plus grand groupe catholique du pays à rejoindre ce mouvement de désinvestissement.

  • Marcher (en chantant) pour le climat

    smilefutur aout2019Étienne Perrot sj - Vendredi 9 août 2019, à Lausanne, la «Marche pour le climat» a été marquée d’une musique originale. Certes, toutes les manifestations de rue, pour peu qu’elles soient organisées, convoquent musique, parfois même chant plus ou moins martial. On se souvient de l’Internationale, inséparable des manifestations orchestrées par la CGT de jadis. Aujourd’hui, on se contente d’un orphéon d’instruments à vent suffisamment puissant pour attirer l’attention des badauds du trottoir. Nos aïeux, cherchant à réveiller l’oreille endormie de la divinité, entamaient dans l’espace public des cantiques dont les plus populaires ont les mêmes caractéristiques que la musique qui accompagne la plupart des manifestations de rue: cadence à deux temps, rythme adapté à l’âge et à la pugnacité des manifestants.

    La manifestation du 9 août pour le climat n’échappe nullement à cette loi générale. Elle a cependant un trait original: musique et paroles ont été choisies par une quinzaine de jeunes venus de divers pays européens. La langue anglaise s’impose, car elle est aujourd’hui, à la manière du latin au Moyen-Âge, ou du français dans les Cours européennes aux XVII° et XVIII° siècle, la langue vernaculaire quasi-universelle. (Même les jeunes jésuites européens parlent anglais entre eux, qu’ils soient Français, Belges, Allemands ou Hongrois.) Rythme et mélodie choisis sont finalement ceux de We are the champions, vecteur facile de mots adaptés à la circonstance, Let’s save the climate.

    Ce qui me frappe dans cet événement, c’est que les jeunes européens qui ont élaboré ce slogan chanté ont délibérément choisi le «nous» plutôt que le «vous». L’hostilité agressive habituelle dans ce genre littéraire fait ainsi place à une implication plus personnelle. Cette posture m’apparaît d’autant meilleure que, selon le dernier rapport du GIEC, la modification de nos modes de vie s’avère indispensable pour sauvegarder la viabilité humaine de notre planète. Prétendre maintenir tels quels nos habitudes, sous prétexte qu’ils nous conviennent aujourd’hui, est une illusion mortifère. Je souhaite donc que l’esprit -sinon le texte ou la musique- du chant issu en terre lausannoise souffle au-delà les limites européennes.