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  • Visages du Christ - Eucharistie et Eglise

    Scène allégorique, écrite comme une bande dessinée, le Christ remet le pain eucharistique à l’évêque Suger, lui-même préside à l’autel érigé sur l’église qui prend forme de barque. Avec ces clés, le portail est évidemment signé, il est au porche d’entrée de la basilique de Saint-Denis témoin de la puissance d’une abbaye et de son abbé, Suger, premier ministre de son roi. Porte d’entrée vers le gothique.

  • Visages du Christ - Faim de Dieu

    Non pas soif, mais faim, de la rencontre, de la présence du Vivant, de sa constance dans la vie de chaque jour, de sa présence consolante, sécurisante, aimante. Pour guérir et libérer, pour accompagner et faire chemin. Pour traverser l’absence et vivre des retrouvailles.
    Autre visage du Christ, celui qui se fait eucharistie. Ici, une fois encore à Arles. Le Vivant se faire présence, et il donne le pain. Dans ses mains, le fruit de la terre et du travail des hommes. À ses pieds, celle qui ne cesse de l’aimer et de verser le parfum. Dans ses mains, déjà le signe de l’enseignement.

  • Visages du Christ - Intercession

    De face, mais aussi de côté, en majesté et à l’écoute. Un œil vers le haut, vers le Père, l’autre vers le bas, vers nous. Visage et portrait étrange, unique, enraciné dans la spiritualité du lieu clunisien dont il émane.
    Ici encore, à La Charité-sur-Loire, le portrait du Christ vient d’un portail dit «de la vierge», mais où celle-ci n’occupe pas la position centrale, réservée au Fils, au Vivant. Le lieu appartenait à Cluny. La spiritualité mariale y était forte. Le Christ y apparaît comme médiateur, intermédiaire, entre Marie qui demande, et le Père qui ne figure pas, l’implicite. Nous sommes dans les cieux. Dans une étape ultime de ce parcourt, nous reviendrons vers l’ensemble du portail pour en saisir toute l’allégorie.

  • Visages du Christ - le Transfiguré

    Le voici, le Vivant, Transfiguré et déjà comme en Ascension. Enseignant, tenant le livre, expliquant toutes les Écritures, il est comme en suspens, entre ciel et terre, ou plutôt au sommet d’une montagne. Il a l’air d’un Maître, ses vêtements sont ceux d’un Seigneur. Il est entre Ancien et Nouveau Testament. Il ouvre ainsi notre nouvelle séquence, celle des Visages du Christ.
    Ce premier portrait vient de la Charité sur Loire. Sans doute le plus grand vestige de l’épopée clunisienne, l’abbaye a elle subi «des ans l’irréparable outrage». Qu’importe, car déjà de sa grandeur et de sa majesté, nous devinons celle de Cluny qui fut son abbaye mère. Le portail de la Transfiguration est unique. Pendant longtemps muré, il n’a pas été altéré et garde toute sa finesse. Théologiquement il est très abouti.

  • Visages du Christ - Maître et enseignant

    Il est le Maître, il est Seigneur. Le Vivant est le Premier. Nous le chantons, nous le disons, mais nous peinons parfois à l’entendre, le comprendre, le connaître. Nous nous rêvons sur la route d’Emmaüs, à écouter le parcours des Écritures, plutôt sur le mont de la Transfiguration à voir les prophètes. Les mots et les paroles, que les Évangiles ne rapportent pas, ne font guère rêver, mais davantage les émotions des disciples, leur cœur était tout brûlant.
    Ici, nous sommes devant le portail de l’abbatiale Saint-Pierre de Moissac. Il est là, présent, à l’entrée. Le cloître, à l’intérieur de l’abbaye, dit les Écritures et les raconte, à la manière de la pierre. Au devant du portail, le Maître vivant apparaît, il est presque icône. Une icône de pierre, sans or ni argent. Tout en lumière.

  • Voici le peuple immense - Dimanche des Rameaux et de la Passion

    Le voici le peuple immense, mais aujourd’hui sans palme, sans cortège, silencieux, lointain, retiré en son temple intérieur. Le voici pourtant priant, espérant, accueillant celui qui vient comme un roi, comme un Messie. Scène qui ouvre le pèlerinage ultime, le chemin pascal. À elle seule, résumé de l’ambiguïté du monde qui veut un roi et un salut, mais qui parfois de l’un ne veut ni les attributs ni le pouvoir, et de l’autre ni la consolation ni la confiance. Le voici ce peuple immense.