arts

  • Ilestunefoi 10109Dimanche 1er mai, dernier jour du festival de cinéma Il est une foi, à 19h30, soit juste après la projection de 17h30 du film « Des hommes et des Dieux » aux Cinémas du Grütli, Les Rendez-vous Cinéma de l’ECR organisent un débat sur le thème « Quelle solidarité avec les Chrétiens d’Orient ? »

  • B JHS 02 18 03 Wenders22ptiteCe mercredi 13 juin, le film documentaire Le pape François - Un homme de Parole du réalisateur allemand Wim Wenders sort dans les cinémas suisses. La colonne vertébrale de l'œuvre consiste en quatre longs entretiens avec le pape François. Grâce à une technique de prise de vue spéciale, le spectateur a l'impression que le Pape s'adresse directement à lui.

  • Étienne Perrot sj - La Révolution française s’est faite au nom de l’égalité. «Le roi en son Conseil, le peuple en ses états» disait-on sous l’Ancien Régime; étant-entendu que les «états» du peuple distinguaient les justiciables selon qu’ils faisaient parties de la noblesse, du clergé ou du «tiers-état» (Il faut comprendre ici «tiers» comme le troisième). On oubliait alors le quart monde; car le tiers-état qui mena la Révolution de 1789 regroupait essentiellement les artisans et les bourgeois. Après la Révolution, quelques décennies plus tard, Alexis de Tocqueville analysait la Démocratie en Amérique (c’est le titre de son maître ouvrage) comme étant fondée sur l’égalité. À la même époque, l’un des fondateurs du socialisme populaire, Pierre Leroux, publiait un ouvrage qui marqua son temps De l’égalité, où il convoque Jésus-Christ et la philosophie des Lumière pour fonder l’État de droit sur le principe égalitaire.

    Ce principe se conjugue en économie autant qu’en politique. Il guide aujourd’hui encore des recherches incessantes dans le domaine de l’éducation autant que dans celui de la compétition. «Égalité des chances» dit-on. En dépit de cette illustre et nombreuse parenté, l’égalité a peine à avancer. Signe des temps -qui montre que l’égalité est ancrée dans notre société, les journaux sont remplis de considérations heureuses sur l’égalité homme femme dans le travail, -elle ne s’impose pas encore partout, les failles sont nombreuses dans les postes de directions, dans les assemblées politiques et ailleurs-. Dans maints endroits, on glose sur l’inégalité face à l’accès aux services publics selon les lieux d’habitation, sur l’inégalité des capacités culturelles -les capabilités, dit Amartya Sen, en l’absence de quoi on ne peut solliciter les services auxquels on a droit-.

    Pour détourner l’attention, on peut aussi épingler l’inégalité quant aux illuminations des façades. En ce domaine, les droits sont-ils les mêmes pour tous? J’en doute, en constatant que chacun peut enlaidir l’espace public la nuit selon son goût. On peut réaliser des œuvres d’art lumineuse ou gâcher la vue des passants, c’est selon. Il suffit de regarder la nuit la façade de l’hôtel des Bergues. Quant aux illuminations (promues par la municipalité genevoise) qui couronnent les toits des immeubles tout autour du Mirail, je n’en parlerai que pour constater la cacophonie de lumières qu’elles engendrent. Il paraît que les réglementations concernant les illuminations des façades sont «contraignantes». Qui l’eut cru  Certainement pas quant à l’esthétique. Il est vrai que «des goûts et des couleurs» il ne faut jamais discuter.

    Étienne Perrot sj

  • Living Stones -à traduire littéralement par Les pierres vivantes- est une organisation qui propose des visites d'églises un peu particulières: de jeunes guides invitent leurs hôtes à une rencontre des lieux entre spiritualité et histoire de l'art. Jean-Paul Hernández sj a fondé le mouvement il y a onze ans; ce fils de parents espagnols a grandi à Bienne, a étudié à Fribourg et a rejoint l'Ordre des Jésuites en Italie. Cette année, le mouvement tient sa réunion international à Zurich en mai. L'occasion de découvrir des activités riches en découvertes et en émotions.

  • BenVautier2013Ben en 2013 par Soardi © Wikimedia Commons Étienne Perrot sj -Étienne Perrot sj - Une exposition au Musée Jenisch de Vevey me donne l’occasion d’un bref excursus philosophico-théologique. Mercredi 3 avril 2019, le site de la Tribune de Genève publie un article sur quelques œuvres de l’artiste Pierre Keller. Ce qui a retenu mon attention, ce n’est pas le texte, c’est son illustration. À côté de l’artiste se détache un tableau de Ben sur fond rouge vif avec, écrit en blanc, ce clin d’œil à la formule de René Descartes Je pense donc je suisse.

    Qui est ce «je» qui pense? Est-ce le «roseau pensant» où Blaise Pascal, le contemporain de Descartes, découvrait à la fois la faiblesse et la dignité de l’être humain? C’est oublier que pour le contempteur des jésuites, la seule pensée qui donne à l’être humain sa dignité est l’expérience de sa fragilité et la crainte de sa mort: «une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer (…) mais quand l’univers l’écraserait, l’être humain sait qu’il meure, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.» Alors ce «je» est-il le sujet créateur de sa propre existence? C’est oublier les acquis de la psychanalyse, qui découvre, derrière la prétention du sujet autonome, un inconscient, qualifié d’irrationnel par la première femme disciple du docteur Freud, la russe Lou Andréas Salomé.

    Finalement, le jeu de mots de Ben me semble, sous son apparence de légèreté, plus proche de la vérité. Il ancre le «je » dans un territoire. Certes, le «je» suisse peut tout aussi bien être français ou patagon, mais il ne peut échapper à l’enracinement dans un lieu. Ce fut également l’expérience d’Abraham, si l’on en croit le mythe de la Genèse dans la Bible. Dans le désert de l’Horeb, le Tout-puissant se révèle dans le feu d’un buisson, sous ces paroles «Je suis qui je suis» (ou qui je serai). Selon le commentaire qu’en donne Delphine Horvilleur, l’une des trois femmes rabbins (je ne connais pas le féminin de rabbin) de France: «Je suis qui je suis parce que je ne suis plus qui j’étais» (et, par conséquent, je serai autre dans le futur). C’est une façon de rappeler que l’identité de chacun s’inscrit dans une perpétuel dialogue avec un lieu particulier et son époque.

    Étienne Perrot sj

  • PapeWendersFilm2Un grand réalisateur comme Wim Wenders, qui fait un film non pas «sur» mais «avec» un pape comme il le spécifie lui-même, non pas en tant que représentant d'Église, mais comme modèle éthique et humain, c'est tout simplement historique. Mais c’est surtout le signe d'une société occidentale dépassant enfin la hantise du prosélytisme, et comprenant que les religions sont une source d'inspiration et de profondeur indispensable dans des sociétés libres. Le charme et la simplicité de François n'y sont pas pour rien: malin comme un jésuite et candide comme un enfant, le pape s'adresse à toutes et tous, et n’hésite pas à appeler les problèmes et les miracles de l'existence par leurs noms.

  • Les membres du groupe ignaciens des Pierres Vivantes (Living Stones) ont l'habitude d'offrir des visites guidées, en particulier dans les vieilles basiliques et les églises baroques. L'art sacré traditionnel leur est familier. Et bien qu'ils s’intéressent à l'art sous toutes ses formes, certains de ses membres n’avaient pas encore abordé plus avant l'art contemporain. C'est pourquoi Living Stones souhaitait depuis longtemps proposer un camp éducatif international consacré à l'art moderne. Il a eu lieu à Zurich en mai dernier. Bonne nouvelle: un groupe Living Stones pourrait bientôt voir le jour à Lausanne.

     

  • FilmWendersPape2018De la liesse de la première heure, celle de sa nomination le 13 mars 2013, à la ferveur populaire qui prendra son apogée en Suisse le 21 juin prochain, qu’est-ce qui fait de ce pape François le saint homme qui séduit au-delà de son clocher? Premier admirateur du saint Père, le réalisateur allemand Wim Wenders lui dresse un portrait certes élogieux, mais qui ne tombe pas dans la béatitude. Le pape François - Un homme de parole sort ce 13 juin dans les cinémas suisses, la visite imminente du Pontife à Genève oblige.

    Au titre Le pape François - Un homme de parole, Wim Wenders aurait sans doute pu ajouter: et d’actions. À maintes reprises, François exhorte à agir! Et il n’est pas le dernier à se mettre en marche, l’écriture d’encycliques telle Laudato si’, ses nombreux voyages et ses prises de position courageuses en sont les témoins.Le documentaire du réalisateur allemand le démontre tout au long de l’heure et demi du film tricoté d’images d’archives et de celles des interviews accordées à Wenders par François, ce dernier fixant de son regard la caméra. Impossible d’échapper à ses yeux qui interpellent et soutiennent des idées énoncées à coup de phrases fortes: «Tant qu’une église place son espoir dans la richesse, Jésus n’est pas là», «On ne peut pas servir deux Maîtres. Soit on sert Dieu, soit on sert l’argent». Un regard sans équivoques quand il dénonce «la culture du déchet», des mots qui claquent à de nombreuses reprises comme autant de gifles pour réveiller les consciences d’une société malade qui produit tant de dégâts matériels et humains liés à des idées qui nourrissent un monde d’inégalités et d’égoïsme.

  • malevitch quadrangle 1915La première apparition du Quadrangle remonte à 1913 lorsque Malevitch travaille sur les décors et les costumes de l’opéra La Victoire sur le soleil de Kroutchonykh et Matiouchine.

  • the sacrifice 03Jean-Bernard Livio sj était dimanche 6 mai au Rendez-vous du cinéma de l'ECR-Genève "Il est une foi" pour mener une discussion autour du film Le Sacrifice d’Andreï Tarkovski juste après sa projection. La rédaction de la revue cultuelle choisir -qui a parrainé l'événement- a enregistré l'intervention menée par Patrick Bittar, son chroniqueur cinéma. Une vidéo à visionner sur www.choisir.ch et sur la chaîne YouTube des Jésuites de Suisse: https://youtu.be/mcGfMSgUgl8

  • Bruno Fuglistaller sj- Méditer à l'aide de la reproduction de Le tissu de méditation de Nicolas de Flue: un tissu de lin peint a tempera de 87,5 x 80,5 cm datant d’environ 1480.

    malevitch quadrangle 1915Une histoire complexe

    Cette tenture peinture au XVe a été tendue sur un cadre en 1611 et complétée par une inscription. Elle est propriété de la paroisse de Sachseln (dans le canton d'Obwald) où elle est conservée. C’est une copie que l'on peut admirer dans l’église de Sachseln.

    Trois sources évoquent cette toile de méditation de Nicolas de Flue de Flüeli-Ranft, charmant village situé sur le chemin de Saint-Jacques, patrie d’origine de Frère Nicolas:
    1. Un pèlerin anonyme parle d’une rencontre avec Nicolas de Flue. Il évoque les questions qu'il lui aurait posées et les réponses qu'il aurait reçues. À une question, Nicolas lui aurait répondu: «Je vais te montrer le livre dans lequel j’apprends». Nicolas de Flue lui aurait alors montré la tenture sur laquelle était représenté ce qui ressemble à une roue avec ses rayons. Ce récit a conduit à l’hypothèse que le tissu ne contenait d’abord qu'une esquisse de Roue et que les six médaillons auraient été ajoutés plus tard. Toutefois, accompagnant le même récit se trouve une gravure sur laquelle l’image intégrale est représentée. Il semble donc que ce récit soit faux.
    2. Dans la biographe Gundelfingen (1485 – 1488), ce dernier écrit, sans doute après une rencontre avec Nicolas de Flue: «N’a-t-il pas aussi appris à l’école de l’Esprit Saint? Voilà d’où vient l’image qu’il a faite peindre dans sa cellule. Image qui reflète toute la divinité».
    3. Dans un échange épistolaire entre Bovillius et Horius (1503), il est question de cette toile de méditation. On parle alors des épées (plutôt que des rayons). Ceci conduisit à la fausse interprétation, selon laquelle Luther (qui a largement diffusé la prière de Saint-Nicolas) s’est senti confirmé dans ses choix.

    Histoire d'une œuvre

    Qui a peint cette tenture? Qui a conçu cette méditation sur la Trinité et les six médaillons? En fait, on ne le sait pas. Mais nous connaissons le milieu dans lequel elle a été produite. D’un point de vue de l’histoire de l’art, on peut établir un lien avec les tentures de carême du Moyen Âge tardif, avec entre autres par exemple, la tenture de l’Altdorf (1421), de Zoug (1465) et particulièrement celle de Zittau (1472). Ces tentures étaient suspendues devant le grand autel et racontait l’histoire du salut ou la passion afin d’aider à leur méditation. La tenture de Zittau (58 m² contenant 90 scènes de l’histoire de la création) manifeste de nombreuses similitudes avec notre tenture. Le médaillon de la naissance, de l’arrestation et de la crucifixion sont comparables.

    D’un point de vue théologique et spirituel, ce sont les auteurs de la mystique rhénane qui ont inspiré l’auteur de la tenture. Ces derniers ont approfondi et diffusé le thème traditionnel de l’établissement de Dieu (Einwohnung) qui était cher à Maître Eckhart, Henri Suso, et Jean Tauler. Chacun d’entre eux aurait pu influencer Nicolas de Flue -pas directement- à travers ses confesseurs et par le climat général dans la spiritualité. Parmi les proches de Nicolas de Flue, il faut compter son ami Heimo Amgrund, curé de Stans, et aussi le curé de Kerns Oswald Isner. Plus tard, aussi son chapelain Peter Bachtaler. C’est le même Esprit Saint qui a inspiré ces mystiques et qui a inspiré l’auteur de la tenture.

    (Source: Ce commentaire est largement inspiré de l’ouvrage de Bernard Schubiger, Le tissu de méditation de Nicolas de Flue, une boussole pour la vie, Ed. du Parvis, 2018.)

    Quelques pistes pour regarder et méditer sur «Le tissu de méditation de Nicolas de Flue»

    La structure de base de l’image est le cercle (la divinité), qui est inséré dans un carré (la terre, l’humain).

    En suivant l’ordre des médaillons (de bas en haut), on voit :
    • l’Annonciation,
    • la Nativité,
    • le Père qui bénit la création,
    • l’arrestation de Jésus et le baiser de Judas,
    • la Crucifixion,
    • l’Eucharistie,
    • et au centre, le Christ roi.

    Deux médaillons ne sont pas présentés dans l’ordre chronologique de la vie du Christ. La bénédiction de la Création devrait représenter l’enseignement de Jésus; mais il est venu pour révéler l’amour et la miséricorde de Dieu le Père. La scène de l’Eucharistie devrait en fait être la scène de la résurrection; mais ce sacrement est lui-même la fête de la mort et de la résurrection du Christ. Il est la présence réelle qui est manifestée par ce rayon. Le rayon qui vient du centre et va directement pointer le pain eucharistique qui est devenu le corps du Christ.

    Interprétation des médaillons par le biais des vertus théologales

    La foi
    Elle est le chemin du disciple qui est devenu un pèlerin du Christ. Si nous regardons les objets qui se trouvent sur le sol dans les six médaillons, nous découvrons le chemin du pèlerin, qui laisse tomber ses béquilles.
    Avec la naissance il prend le bâton de pèlerin et le sac et s’en remet à la providence qui apporte boissons et nourriture. Il devient intérieurement et extérieurement libre et dépose tout au pied de la croix. Dans l’adoration eucharistique le Christ est comme un miroir, qui lui permet de voir toute sa vie commune histoire de salut. Par l’adoration eucharistique le disciple entre dans le mystère de la Trinité qui est présente dans sa vie et son cœur.

    L’amour
    Par la prière le disciple découvre les six œuvres de charité. Six clés montrent le chemin pour arriver au royaume: visiter les malades (les béquilles), accueillir l’étranger, particulièrement le pèlerin (bâton et sacs), donner à manger et à boire (pain et cruches), visiter les prisonniers (menottes), vêtir ceux qui sont nus (les habits), honorer les morts (cercueil). Au centre on voit alors Dieu sur son trône au moment du jugement dernier.

    L’espérance
    Trois rayons, fin au centre et large aux extrêmes: par les oreilles nous entendons le père est créateur, par les yeux nous contemplons Jésus en croix et par la bouche nous recevons le souffle de l’Esprit Saint. La Trinité se révèle par ces trois grands mystères et se réunit dans l’unité. Trois rayons fins dans les extrémités et larges au centre: Dieu se fait tout petit dans la naissance, de sorte que chacun peut le recevoir et l’accueillir, il vit tout dans l’humilité et l’abandon (arrestation) et se rend présent dans l’humble hostie.

    Les quatre médaillons carrés représentent les quatre évangélistes qui par leur message permettent d’accéder à ces mystères.

    L’espace pictural est divisé en deux, avec les médaillons ronds du bas (Annonciation, Nativité, Eucharistie) qui représentent la scène dans un espace clos ou en tout cas délimité. Ceci peut mettre en évidence l’abaissement du Christ. Et les médaillons ronds du haut (Bénédiction de la Création, Arrestation de Jésus et Crucifixion) qui manifestent une action à portée «illimitée».

    Le rouge joue aussi un rôle important. Il marque le cadre de la toile. On le trouve aussi autour des médaillons des évangélistes, tout comme dans le cercle entourant le Christ roi et immédiatement proche de lui. On le voit encore dans plusieurs scènes: l’Annonciation, dans la cape de l’ange; dans la cape du Père bénissant la Création; dans le vêtement de la personne qui couronne le Christ d’épines, dans le cadre du tableau d’autel du médaillon de l’eucharistie. Curieusement il est absent des scènes de la Nativité et de la Crucifixion.

    Bruno Fuglistaller sj


    Prochaines méditations à l'aide d'une œuvre d'art
    (d'une durée de 20 minutes environ dont un petit commentaire introductif)

    Dates: les 30 octobre 2019 et 27 novembre 2019, et les 29 janvier (exceptionnellement cette saison, il n'y aura pas de session en février et en mars), 29 avril, 27 mai et 24 juin 2020.

    Les méditations sont proposées le mercredi soir (après l'Eucharistie de 18h45)

  • NotreDame de la RouteLe 24 mai, nous célébrons Notre-Dame-de-la-Route (du nom de la Maison où les jésuites de Fribourg accueillent leurs hôtes pour des retraites et sessions de formations). Mais qui est donc Notre-Dame-de-la-Route? Une «Madone» chère aux jésuites, où plus précisément la représentation de la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus qu'elle tient de sa mains gauche, un œuvre qui se trouve dans la chapelle latérale gauche de l’église du Gesù, à Rome.

  • Étienne Perrot sj - J’oscille entre d’une part les Pâques sanglantes du Sri Lanka marquées par une série d’attentats coordonnées qui ont coûté la vie à plus de trois cents personnes (sans compter les innombrables blessés), et d’autre part les fêtes du printemps qui conjuguent le soleil, les fleurs et le repos en famille. Qui voudrait, tel le caméléon, calquer son humeur sur son environnement immédiat, s’épuiserait, tant cet environnement est contrasté.

    Je préfère, plus sagement, enfourner mes pieds dans un article de la newsletter du Temps d’hier, lundi de Pâque 22 avril 2019, intitulé La danse, le meilleur des sports. Je n’ai rien à redire sur les qualités sportives des danseurs. Et je suis prêt à croire les conclusions des études scientifiques faites sur les effets de la danse sur le cerveau et la mémoire. Car, comme le soulignait Jean Piaget, l’intelligence est le produit de l’activité, des mouvements du corps et pas simplement des influx nerveux. Les danses acrobatiques me stupéfient; car j’admire sans réticence les exploits que je vois faire aux autres, sans pouvoir les réaliser moi-même. (Inversement, un article que j’aurais pu écrire sans grands efforts m’apparaît toujours inintéressant.) La street-danse met le comble à mon admiration. Parfois un effet esthétique colore mes sentiments, et je ne suis pas insensible à l’harmonie entre la cadence, les rythmes et les gestes. Cependant, lorsque l’effort des danseurs se ressent trop manifestement, la magie disparaît.

    C’est sur ce point précis que se manifeste pour moi une autre dimension humaine de la danse, sa dimension spirituelle. Quand on voit l’artifice, il n’y a plus d’art, dit-on avec juste raison. Car l’attention est captée par un détail surajouté au lieu de se laisser envahir par un ensemble sans arrête. Fruit d’une technique parfaitement maîtrisée, l’harmonie entre la musique la danseuse (ou le danseur, ou encore le couple ou le corps de ballet), témoigne d’une sorte de communion entre l’individu et le cosmos. Ayant encore en mémoire les cérémonies de la Semaine sainte avant Pâque, où se manifestait parfois, comme incongrus, quelques raccords un peu trop visibles, je me dis que cette harmonie entre la musique et les gestes serait l’idéal d’une liturgie non seulement bien pensée, mais surtout intérieurement vécue.

    Faisant allusion à la fable de La Fontaine, La cigale et la fourmi, l’article du Temps inverse l’injonction de la fourmi « eh bien, danser maintenant » pour inviter jeunes et vieux, non pas à «danser devant le buffet» selon l’expression populaire qui désigne ainsi la posture de la cigale affamée, mais à pratiquer la danse. J’ajoute une autre raison de danser, moins immédiatement utile à la santé physique et mentale, mais plus religieuse. Nietzsche prétendait qu’il ne pourrait croire qu’à un Dieu qui sache danser. Pour ma part, en ces jours où nous célébrons la vie de Christ en nous, je ne saurais croire qu’à un Dieu qui me fasse danser.

  • Lambert LeCourrier c5c12

    Le Courrierdu 3 juin (2016) consacre une article au livre de Julien Lambert sjet Richard Vachoux «Rêverie de l'acteur solitaire».

  • Livre lambert LémanBleu 73df9

    Sur Leman Bleu,dans son émissionGenève à Chaud du 30 mai (2016), Pascal Décaillet parle du livre de Richard Vachoux et Julien Lambert sj «Rêverie de l'acteur solitaire».

  • Les Méditations à l'aide d'une œuvre d'art proposées par le Père Bruno Fuglistaller sj, historien de l'art, reprennent dès le mercredi 25 septembre 2019.
    Elles se déroulent comme à l'accoutumée une fois par mois, à l'antenne ignatienne de Saint-Boniface, avenue du Mail 14 (Genève), soit le dernier mercredi du mois après l'Eucharistie de 18h45.
    Vous pouvez aussi méditer seule à l'aide des commentaires des anciennes propositions de Bruno Fuglistaller sj ci-contre.

     

    Dates en 2019
    les 25 septembre, 30 octobre et 27 novembre.

    Dates en 2020
    Les 29 janvier (exceptionnellement cette saison, il n'y aura pas de session en février et en mars), 29 avril, 27 mai et 24 juin.