«Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les disciples, une fois de plus, ne comprennent pas leur Maître», relève Valerio Ciriello sj. Jésus leur dit qu’il va bientôt les quitter pour retourner auprès de son Père. Mais les disciples tombent dans une profonde tristesse (Jean 16:6) au lieu de demander à Jésus où il va exactement. Il leur explique qu’il y va de leur intérêt qu’Il les quitte, sinon le Saint-Esprit ne viendra pas à eux (Jean 16:7). L’Esprit Saint les accompagnera et les guidera, afin qu’ils apprennent à reconnaître les chemins qui mènent à la vraie vie et ceux qui conduisent à une mort certaine.

Alors pourquoi les disciples tombent-ils dans le chagrin au lieu de demander où va Jésus?
La question posée par Jésus lui-même semble de nature presque rhétorique, car il semble évident que les disciples tombent dans le chagrin. Qui ne serait pas en deuil si une personne avec laquelle vous avez un lien fort vous quittait soudainement? La raison du chagrin devrait être assez évidente pour Jésus. Mais Il veut attirer l’attention des disciples sur quelque chose d’autre, qui est plus important que sa présence physique parmi eux. En réalité, Il veut leur faire prendre conscience que la vie continue et ne se limite pas à cette existence terrestre. Les disciples, en revanche, sont enfermés dans leurs existences. Leur vision n’arrive pas à dépasser leur propre regard, au lieu de s’ouvrir à l’infinie immensité de la vie.

Pourquoi Jésus dit-il aux disciples que, même pour eux, il vaut mieux qu’il s’en aille?
À première vue, la déclaration de Jésus semble encore plus incompréhensible que sa question précédente: «Personne d’entre vous ne me demande: “Où pars-tu?”» (Jean 16:5-6). La déclaration de Jésus ressemble aux formules «habituelles» d’excuse "standard" qui sont utilisées pour réconforter une partenaire dans une relation amoureuse lorsque vous lui dites simplement que vous la quittez pour toujours. Mais fort heureusement, Jésus n’est ni un cynique ni un "consolateur" de circonstance. Au contraire, Il veut montrer à ses disciples par ses paroles qu’il leur accorde une grande confiance. Ce qu’Il a vécu avec eux, ils vont pouvoir le vivre et l’annoncer par eux-mêmes désormais.
Mais Jésus sait qu’ils n’y arriveront pas seuls. Une aide leur sera précieuse tout comme dans son propre cas. Il rassure donc ses disciples qu’ils ne seront pas abandonnés à leur propre sort, mais que désormais l’Esprit Saint sera avec eux.

Quelles leçons pouvons-nous en tirer pour notre propre vie?
Nous rencontrerons toujours, dans la vie, des personnes qui nous aideront et nous accompagneront un peu, de différentes manières et à différents niveaux. Le Saint-Esprit agit également à travers nos semblables. Par contre, nous devons aussi apprendre à lâcher prise encore et encore, car nous ne sommes pas des coquilles de roche (telles des patelles), qui passent leur vie  à s’accrocher à un rocher, mais des enfants de Dieu, qui ont été faits pour grandir dans la confiance et la liberté du Créateur sur les chemins de la vie.
Dieu se comporte envers nous comme une bonne mère. Une mère sait quand son enfant a besoin de soutien et de soins pour pouvoir grandir en toute sécurité, mais elle sait aussi quand elle doit laisser l’enfant partir pour qu’il puisse devenir un adulte, indépendant et mature.
Au fond, l’Évangile d’aujourd’hui nous invite à entrer dans la vie avec une grande confiance. Car si nous comptons vraiment sur le Père grâce à Jésus, le Fils, Il sera capable de nous guider dans la vie par l’Esprit Saint. Quels que soient les défis auxquels nous sommes confrontés, nous serons capables de les surmonter avec son aide. Les récepteurs pour être conduits par le Saint-Esprit sont déjà en nous, en chacun de nous ! Profondément ancrés et enracinés dans notre âme, ils attendent simplement d’être enflammés par nous afin que la connexion à Dieu, Père et Mère, puisse sans cesse être éveillée !
Amen!


«Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous» (Jn 16, 5-11)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande: “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité: il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous; mais si je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement. En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi. En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus. En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé.»