Par Pierre Emonet sj - Ce dimanche 22 mars 2020 sera une nouvelle fois sans messe publique, mais pas sans Évangile! Pierre Emonet sj propose sa réflexion autour de «Ceux qui savent ou ceux qui croient?» Un texte bien à propos en ces temps de consignes étatiques édictées pour protéger la population de la pandémie qui s'est abattue sur elle, qu'il sera bon de méditer:
Un grand débat pour savoir qui voit clair. Ceux qui savent ou ceux qui croient? Voilà une question à laquelle personne n’échappe.

Deux attitudes s’opposent. La dispute entre l’aveugle de naissance et les pharisiens en est une bonne caricature. D’un côté les pharisiens. Pour eux, du moment que la loi est l’expression de la volonté divine, son observance est le critère suprême et unique du bien et du mal. Assuré d’être sur le bon chemin, le fidèle observateur de la loi peut avoir bonne conscience. Face à ces docteurs, un brave homme qui n’a guère étudié, mais qui a été guéri de sa cécité par ce Jésus, dont il a perdu la trace. Bien que la théologie ne soit pas son fort, dans son bon sens il comprend que le bien ne peut venir que de Dieu, surtout le don de la vie et de la lumière. Les pharisiens ont beau le traiter d’ignorant, il n’en démord pas: donner la vue à un aveugle de naissance est un acte de création. Il y a du divin là!

Souvent tributaire de théories partisanes ou de sordides intérêts, l’interprétation de la loi reste ambiguë. L’essentiel n’est pas de savoir si un règlement a été observé, une loi appliquée, mais si le bien a été fait, si une vie a été sauvée.

Enfermés dans leur suffisance, ses contradicteurs ont soigneusement quadrillé l’espace et le temps, sans laisser le moindre espace libre pour le Dieu des surprises. Qui ose imaginer que Dieu pourrait agir en marge de leurs traditions, être plus grand que leur théologie et leur morale, est proprement excommunié. Tels des aveugles persuadés d’être sur la bonne route ces pharisiens traditionalistes marchent en dehors du chemin, incapables de reconnaître le Messie qui est là, en face d’eux.

Dans ses Exercices spirituels, Ignace de Loyola invite celui ou celle qui cherche à connaître la volonté de Dieu à se rendre totalement disponible. Qui n’est pas totalement libre, mobile et ouvert à tout, sans préjugé de quelque ordre que ce soit, ne peut découvrir le chemin de Dieu. Libre de toute idée préconçue, faisant uniquement confiance à celui qui le guérissait, l’ex-aveugle a accédé à la pleine lumière. Un vrai croyant!

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

Les pierres vivantes
de Pierre Martinot-Lagarde sj

Vie Spirituelle
au temps du coronavirus