Les pierres vivantes de Pierre Martinot-Lagarde sj

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On a dit de l'art roman qu'il était une bible de pierre, un catéchisme écrit sur les murs. Pour ma part, j'y vois le grand récit d'une époque qui découvre, se réapproprie, transforme et ré-annonce le premier récit évangélique. C'est pourquoi je voudrais proposer, au jour le jour, et aussi longtemps que durera notre marche, ensemble et séparés, de revenir vers ces pierres, de les regarder, de les contempler, peut-être parfois de les entendre, souvent de les toucher. J'y ajouterai un commentaire. Peut-être pourriez-vous aussi y proposer le vôtre? Ainsi nous pourrons continuer d'être ensemble «le peuple immense de ceux qui t'ont cherché».

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Visages du Christ - Au dernier jour

Quel est-il ce dernier jour? Ce moment ultime d’abandon, de jugement, de révélation. Un visage, un corps, une élévation, un Christ, et un manteau aux innombrables plis. Sérénité, regard élevé, le Vivant, en son accueil. Révélation de celui qui vient au jour.
Voici donc un fragment du grand portail d’Autun. Il faudrait peut-être y ajouter toutes les scènes qui l’environnent: les justes et les injustes, les âmes arrachées aux abîmes, les balances qui départagent. Car il s’agit d’un jugement dernier.

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Visages du Christ - Maître et enseignant

Il est le Maître, il est Seigneur. Le Vivant est le Premier. Nous le chantons, nous le disons, mais nous peinons parfois à l’entendre, le comprendre, le connaître. Nous nous rêvons sur la route d’Emmaüs, à écouter le parcours des Écritures, plutôt sur le mont de la Transfiguration à voir les prophètes. Les mots et les paroles, que les Évangiles ne rapportent pas, ne font guère rêver, mais davantage les émotions des disciples, leur cœur était tout brûlant.
Ici, nous sommes devant le portail de l’abbatiale Saint-Pierre de Moissac. Il est là, présent, à l’entrée. Le cloître, à l’intérieur de l’abbaye, dit les Écritures et les raconte, à la manière de la pierre. Au devant du portail, le Maître vivant apparaît, il est presque icône. Une icône de pierre, sans or ni argent. Tout en lumière.

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Visages du Christ - Intercession

De face, mais aussi de côté, en majesté et à l’écoute. Un œil vers le haut, vers le Père, l’autre vers le bas, vers nous. Visage et portrait étrange, unique, enraciné dans la spiritualité du lieu clunisien dont il émane.
Ici encore, à La Charité-sur-Loire, le portrait du Christ vient d’un portail dit «de la vierge», mais où celle-ci n’occupe pas la position centrale, réservée au Fils, au Vivant. Le lieu appartenait à Cluny. La spiritualité mariale y était forte. Le Christ y apparaît comme médiateur, intermédiaire, entre Marie qui demande, et le Père qui ne figure pas, l’implicite. Nous sommes dans les cieux. Dans une étape ultime de ce parcourt, nous reviendrons vers l’ensemble du portail pour en saisir toute l’allégorie.

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Visages du Christ - Eucharistie et Eglise

Scène allégorique, écrite comme une bande dessinée, le Christ remet le pain eucharistique à l’évêque Suger, lui-même préside à l’autel érigé sur l’église qui prend forme de barque. Avec ces clés, le portail est évidemment signé, il est au porche d’entrée de la basilique de Saint-Denis témoin de la puissance d’une abbaye et de son abbé, Suger, premier ministre de son roi. Porte d’entrée vers le gothique.

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Visages du Christ - Faim de Dieu

Non pas soif, mais faim, de la rencontre, de la présence du Vivant, de sa constance dans la vie de chaque jour, de sa présence consolante, sécurisante, aimante. Pour guérir et libérer, pour accompagner et faire chemin. Pour traverser l’absence et vivre des retrouvailles.
Autre visage du Christ, celui qui se fait eucharistie. Ici, une fois encore à Arles. Le Vivant se faire présence, et il donne le pain. Dans ses mains, le fruit de la terre et du travail des hommes. À ses pieds, celle qui ne cesse de l’aimer et de verser le parfum. Dans ses mains, déjà le signe de l’enseignement.

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Visages du Christ - le Transfiguré

Le voici, le Vivant, Transfiguré et déjà comme en Ascension. Enseignant, tenant le livre, expliquant toutes les Écritures, il est comme en suspens, entre ciel et terre, ou plutôt au sommet d’une montagne. Il a l’air d’un Maître, ses vêtements sont ceux d’un Seigneur. Il est entre Ancien et Nouveau Testament. Il ouvre ainsi notre nouvelle séquence, celle des Visages du Christ.
Ce premier portrait vient de la Charité sur Loire. Sans doute le plus grand vestige de l’épopée clunisienne, l’abbaye a elle subi «des ans l’irréparable outrage». Qu’importe, car déjà de sa grandeur et de sa majesté, nous devinons celle de Cluny qui fut son abbaye mère. Le portail de la Transfiguration est unique. Pendant longtemps muré, il n’a pas été altéré et garde toute sa finesse. Théologiquement il est très abouti.

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Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
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D'hier à aujourd'hui
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Le triptyque du quotidien
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La chronique de l'invité
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Les pierres vivantes
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Vie Spirituelle
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