Trois femmes au tombeau, Marie-Madeleine et les mères de quatre disciples. La première est connue pour son parfum, l’une des mères l’est aussi pour s’être préoccupé du salut éternel de ses fils. Les voilà les premières au jardin de la résurrection. Trois, pour ne pas être seules, pour poser les gestes de l’abandon et de la remise au Père. Trois pour entendre et témoigner.
Le sculpteur de Saulieu les rassemble et les inscrit au chapiteau de la Résurrection. On y retrouve sa puissance narrative, assez semblable à celle qui guidait le sculpteur d’Autun. Tout y est: position, attitudes, expressions du visage. Il y a plus qu’une suggestion, ici une histoire et avec elle un envol, une résurrection déjà ascension.

Femmes aux aromates. Cathedrale Autun. ©Pierre Martinot-Lagarde sj

Les deux mères sont complices, comme les mères peuvent l’être quand leurs fils partagent la même aventure. Jacques, Joseph, les Fils de Zébédé, ont travaillé et peiné ensemble et son labeur, au lac de Tibériade. De cela, leurs mères savaient la rudesse, elles en connaissaient les incertitudes et en ont espéré souvent le produit. Elles sont à Jérusalem, les ayant suivi dans cette histoire étonnante, et les voici au jardin.

 

Trois femmes et le Ressuscité. Saulieu. © Pierre Martinot-Lagarde sjTrois femmes et le Ressuscité, Saulieu © Pierre Martinot-Lagarde sj

Inquiètes, étonnées, distantes? En tout cas en retrait, comme en signe de respect. Une autre histoire se joue ailleurs. Elles en ont vécu les premières étapes, profondément, intimement avec leurs fils. Elles ont pour elles d’êtres ensemble pour ce second moment. Avant leurs fils, avant même de comprendre pour elles-mêmes, mères, elles sont au jardin quand la Vie survient.

Devant elle, Marie Madeleine, femme parmi les femmes, et non pas mère. Ici, dans une attente unique, pétrie d’intimité avec celui qui est devant, en avant, vers la Galilée, ou peut-être encore ailleurs.

Le Vivant aime et est aimé. Toujours aimant et toujours libre, il conjugue Vie et amour en allant devant. Ici, il est immense. Touchant presque terre, et pourtant déjà au ciel. Ses mains, plus grandes, plus fortes, sont signes pour sa reconnaissance. Seul auréolé, il devient central. Devant lui, Marie-Madeleine se rabaisse. Le parfum conservé pour l’ensevelissement ne sert plus à rien.

Trois femmes, ici, et encore, toujours, une Révélation.

Texte et photos Pierre Martinot-Lagarde sj

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