Resurrection DellaFrancesca f9ed7Piero della Francesca (vers 1416-1492)

Peintre et mathématicien italien de la Renaissance, il est né vers 1416 à Borgo San Sepolcro, en Toscane. Il mourra dans cette même ville quelque 76 ans plus tard, le 12 octobre 1492.

Il acquiert sa formation de peintre à Florence avec, pour exemple, des artistes aux constructions géométriques rigoureuses tel Masaccio, Uccello et Andrea del Castagno. On aurait en outre la preuve que Piero fut l’élève et l’aide de Domenico Veneziano qui enseignait un choix de tons frais et lumineux. On place vers 1448 le voyage de Piero à Ferrare, aussi important dans sa carrière que dans l'histoire artistique de cette ville, où la cour des Este entretenait un climat d'humanisme et d'innovation. Le peintre y rencontra Pisanello, Mantegna et aussi Rogier Van der Weyden, qui l'initia au réalisme et au métier minutieux des maîtres du Nord.

Mais l'épisode déterminant dans la carrière de Piero reste son travail sur les fresques de San Francesco d'Arezzo. La décoration du chœur de cette église avait été confiée en 1447 au peintre florentin Bicci di Lorenzo, qui mourut en 1452 après avoir exécuté les quatre évangélistes de la voûte. La commande fut aussitôt transmise à Piero, qui y travaillera jusqu'en 1460 environ, avec des aides dont l'intervention apparaît très discrète. Durant la même période, Piero fit deux voyages à Rome: vers 1455, sous le pontificat de Nicolas V, et en 1459, sous celui de Pie II. Au cours du second, il orna l'une des chambres du Vatican de fresques qui devaient bientôt disparaître pour faire place à celles de Raphaël. D'autres ouvrages se placent sans doute autour du cycle de San Francesco: à la cathédrale d'Arezzo, une figure de la Madeleine, sur panneau, d'un caractère altier qui contredit la tradition; dans la chapelle funéraire de Monterchi (province d'Arezzo), une fresque au sujet insolite, la Madonna del parto, c'est-à-dire la Vierge enceinte, avec deux anges; et surtout la Résurrection, fresque d'inspiration grandiose, dans le palais communal de Sansepolcro, devenu pinacothèque de la ville.
Du début à la fin, on n'observe aucun changement radical chez Piero della Francesca, seulement quelques nuances d'une époque à l'autre. Son langage, l'un des plus personnels du quattrocento, dénote une connaissance profonde des règles mathématiques - formulées par le peintre lui-même dans ses deux traités - qui régissent la construction d'un univers idéal. (source: larousse.fr)

Histoire d'une œuvre

La fresque n’a pas été réalisée dans un lieu sacré, mais dans une salle d’apparat de l’hôtel de ville de Sansepolcro. La référence au sujet est évidente, puisque cela signifie « Saint-Sépulcre».

L’histoire dit qu’Aldous Huxley, l'auteur du Meilleur des Mondes, fait allusion à cette œuvre dans son livre de voyages Chemin faisant. Il y qualifiait la fresque de la Résurrection «de plus belle peinture jamais réalisée» («the greatest painting in the world»), des lignes qui allaient la sauver indirectement au plus fort de la Seconde Guerre mondiale: En 1944, le village de Sansepolcro se trouvait en effet sur la ligne de front. Anthony Clarke, un officier dans l’artillerie qui avait lu le livre de voyage de Huxley, n’entendait pas endosser la responsabilité de la destruction de la fresque de Piero della Francesca. Il donna l'ordre de cesser temporairement le feu. Le lendemain, les forces alliées purent s’emparer de la bourgade sans coup férir. Clarke demanda ensuite qu’on lui indique où se trouvait la fresque et la trouva intacte.
Dans Noces, plus précisément la nouvelle intitulée Le désert, Albert Camus s'émeut lui aussi de la beauté de La Résurrection. A la suite d'un voyage en Toscane, il écrit : « C’est sur ce balancement qu’il faudrait s’arrêter, singulier instant où la spiritualité répudie la morale, où le bonheur naît de l’absence d’espoir, où l’esprit trouve sa raison dans le corps. S’il est vrai que toute vérité porte en elle son amertume, il est aussi vrai que toute négation contient une floraison de « oui ». Et ce chant d’amour sans espoir qui naît de la contemplation peut aussi figurer la plus efficace des règles d’action: au sortir du tombeau, le Christ ressuscitant de Piero della Francesca n’a pas un regard d’homme. Rien d’heureux n’est peint sur son visage - mais seulement une grandeur farouche et sans âme, que je ne puis m’empêcher de prendre pour une résolution à vivre. Car le sage comme l’idiot exprime peu.» (source: wikipedia)

Quelques pistes pour regarder «La Résurrection»

Au centre de l’image se trouve le Christ se dressant hors du tombeau. À ses pieds, quatre gardes endormis. L’un d’entre eux nous fait face. Le second, à sa gauche, est de profil. Le troisième montre un profil perdu. Tout à droite du tableau, le quatrième a le visage plongé dans ses mains.
L’ensemble de la scène est cerné par deux colonnes posées sur un soubassement et qui supportent une poutre. Toute l’action est encadrée. Le regard du spectateur est ainsi «cadré» et focalisé sur le Christ.

Le Christ divise l’espace verticalement. À gauche, nous distingue un paysage hivernal, des arbres nus, une végétation très pauvre, un ciel pâle et nuageux. À droite, les arbres sont pleins de feuilles, la végétation est vivace, lumineux, pleine de contrastes.

Le tombeau d’où surgit le Christ marque une limite horizontale. Le Christ, se dressant de son tombeau, est prêt à partir. Il a le corps musclé, bien que marqué par la Passion. La vitalité du Christ se manifeste aussi par la coulure de sang qui sort de son flanc droit. Si le sang coule, c’est que le cœur bat, et que ce corps est vivant. Le drapé très dynamique de son vêtement manifeste aussi cette vie qui palpite. Au-dessous de l’horizontale du tombeau, nous avons les quatre gardes endormis et saisis dans des postures qui excluent l’action : ils sont couchés, avachis, assommés. Tous ont les yeux clos ou cachés. Ils ne voient pas ce qui se passe!

L’étendard que tient le Christ participe à la fois de la séparation entre la gauche et la droite, mais il marque aussi le lien entre l’espace des gardes et celui du Christ. Posé sur le sol, cet étendard «tire» vers le Christ. Il flotte, animé par un souffle qui vient du côté des spectateurs. L’étendard est marqué de la croix dont triomphe Le Ressuscité. Ce jeu entre horizontalité et verticalité parcourt tout le tableau: les colonnes et leurs cannelures, les arbres, la lance du soldat endormi sont autant d’éléments qui accentuent la verticalité; l’horizontalité est marquée par le soubassement et les lignes du tombeau, les nuages, les soldats affaissés.
Si nous regardons les visages, ceux des gardes expriment des positions de relâchement, de sommeil, de peur. Celui du Christ, à la fois paisible mais avec un regard intense, nous «confronte». Ce regard du Christ attire le spectateur à lui.

Les couleurs
Les personnages du premier plan sont vêtus de vert, couleur de ce qui est changeant, de ce qui ne dure pas. En le vert revêt même parfois une connotation négative et passe pour porter malheur (au théâtre notamment ou sur les bateaux). C’est aussi la couleur du diable et des démons.
Ces personnages ont aussi des parties de vêtements bruns, le brun étant la couleur de la terre et qui rappelle aussi les feuilles mortes, l’automne, la tristesse. C’est à la fois le symbole de l’humilité et de la pauvreté.
Le premier homme porte des chausses rouges, le rouge qui est la couleur de l’argile. La couleur du sang aussi, à la fois signe de vie et de vulnérabilité.

Bruno Fuglistaller sj
octobre 2016

 

«La Résurrection» (La Resurrezione) de Piero della Francesca, peinte vers 1463, est une grande fresque de 2,25 m sur 2,00 m. Elle figure toujours sur le lieu de sa création : un des murs de ce qui est aujourd'hui le Museo Civico di Sansepolcro et qui était la sala magna de la Residenza où se tenaient les réunions du Conseil.


Prochaines méditations à l'aide d'une œuvre d'art
(d'une durée de 20 minutes environ dont un petit commentaire introductif)

Dates en 2016 : les 23 novembre et 23 décembre.
Dates en 2017 : les 25 janvier, 21 février, 29 mars, 26 avril, 31 mai, (juin, juillet et août pause), 20 septembre, 25 octobre, 29 novembre et 20 décembre.

Les méditations sont proposées le mercredi soir (après l'Eucharistie de 18h45).

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

Archives

Christ chassant les marchands du temple (1626)

Rembrandt Harmensz. van Rijn 024Le Christ chassant les marchands du temple (1626) est l'une des premières œuvres de Rembrandt. Il a vingt ans lorsqu’il peint cette toile. Le format très réduit de l’œuvre (43 x 33cm) focalise l’attention sur les personnages.

Le Roi David (1951)

CMC Chagall RoiDavid1951Le Roi David peint par Marc Chagall en 1951 prend pratiquement la moitié du tableau. Il est vêtu de rouge, couronné (jaune), jouant de la lyre (jaune), il porte une barbe verte.

L'adoration des bergers (vers1638)

Noel zurbaran nativite

L’espace du tableau est divisé en deux parties: le ciel avec les anges d'une part, et d'autre part la terre avec l’enfant Jésus...

 

Saint Pierre repentant (1580-86)

Oct17 Dur DBM 642

Le saint est représenté jusqu’à mi-corps, avec les yeux pleins de larmes, tournés vers le ciel, les mains jointes pour la prière.

 

Mère Angélique et Mère Agnès Arnauld

Image MeditBruno Champaigne 2017 80e71La pièce dans laquelle les deux religieuses se tiennent, uniquement suggérée par un plancher cloué et un lambris d’appui, s’ouvre, au fond de la composition, sur un panorama de l’abbaye des Champs.

L'Assomption de la Vierge (1518)

Assunta Titien 8e664En 1516, Germano de Caiole, directeur du couvent de franciscains de Venise, fit alors appel au Titien. Il lui commanda une "Assomption de la Vierge" pour le maître-autel de l’église franciscaine Santa Maria Gloriosa dei Frari.

Peinture 181 x 244 cm, 25 février 2009

Soulage triptyque2 c9021Depuis le début, les œuvres de Soulages ne portent jamais d'autre titre que leurs dimensions et leur date. Ce triptyque Peinture 181x244 cm, 25 février 2009 ne fait pas exception.

La Résurrection (vers 1463)

Resurrection DellaFrancesca f9ed7La fresque n’a pas été réalisée dans un lieu sacré, mais dans une salle d’apparat de l’hôtel de ville de Sansepolcro. La référence au sujet est évidente, puisque cela signifie « Saint-Sépulcre».

Job raillé par sa femme (vers 1650)

GeorgesdeLaTour Job f3972Nous sommes devant ce que l’on appelle un «nocturne», c’est-à-dire une scène située pendant la nuit. Deux figures prennent place dans ce tableau: la femme de Job, debout, et Job, qui est assis.

Saint Paul écrivant ses épîtres (1618-1620)

Valentin de Boulogne Saint Paul Writing 832c3

La lumière qui vient de la gauche, met en évidence la tête et les mains de Paul, ainsi que les documents répartis sur la table. Cette lumière plongeante fait des documents et de l’apôtre eux-mêmes des sources lumineuses.