LaToussaint JulesBastienLepage

Un homme âgé et deux enfants marchent sur un chemin, à côté de ce qui semble être un cimetière. Au premier plan, un chemin conduit les personnages vers la gauche, en direction de la lumière.

par Bruno Fuglistaller sj - Méditation avec une œuvre d'art autour d'un tableau du peintre naturaliste français Jules Bastien-Lepage: «La Toussaint».

LaToussaint JulesBastienLepageJules Bastien-Lepage (1848-1884)

Jules Bastien, dit Jules Bastien-Lepage, est un peintre naturaliste français né le 1er novembre 1848 à Damvillers, près de Verdun, dans un milieu modeste et humble. Il suit des études secondaires à Verdun. Il obtient son baccalauréat ès-sciences après une scolarité sans relief particulier durant laquelle il manifeste une timide vocation artistique. Il arrive à Paris en 1867 et entre à l'Administration générale des postes en tant que surnuméraire, ce qui lui laisse le temps de travailler le dessin. À la même époque, il tente le concours de l'École des beaux-arts de Paris. Il ne sera pas reçu, mais pourra fréquenter les cours en tant qu'aspirant. L'année suivante, il est admis dans l'atelier d'Alexandre Cabanel où il s'entraîne à dessiner. Le 20 octobre 1868, il est enfin reçu premier au concours et entre à l'École des beaux-arts dans la section peinture, ainsi que son ami Louis-Joseph-Raphaël Collin. Commencent alors de nombreuses démarches pour l'allocation de bourses, aides financières diverses… Il débute au Salon de 1870 avec un portrait qui ne fut pas remarqué.

En 1873, il expose Au printemps et, en 1874, Mon Grand-père, tous deux particulièrement appréciés par les critiques. En 1875, l'Annonciation aux bergers lui permet d'être deuxième au grand prix de Rome. Il va hésiter entre deux directions: les thèmes traditionnels et ses goûts pour les scènes de la vie paysanne. Peintre de la vie rurale, il aime travailler près des paysans, les suivre dans leurs occupations quotidiennes. Viendront: Saison d'octobre, Le Père Jacques, l'Amour au village, Le Faucheur aiguisant sa faux, etc.

Dans le parc des Rainettes (à Damvillers), alors vaste verger, il souhaite créer un atelier de plein air. Il y reçoit des personnalités, telles que le frère du Roi de Serbie ou l'écrivain André Theuriet. Parallèlement, il fait une carrière de grand portraitiste par un travail qui rappelle la facture du réalisme flamand dans ses dimensions modestes et sa technique précise. Ce sont les portraits du prince de Galles, de Monsieur Wolff, de Madame Godillot, de Juliette Drouet, de Sarah Bernhardt, etc.

Il ne travaille guère plus de dix ans. Pourtant, il laisse une œuvre originale et innovante. Ses toiles figurent dans les plus grands musées du monde: Paris, Londres, New York, Moscou, Melbourne, Philadelphie, etc. Il compte notamment parmi ses élèves Elena Samokich-Soudkovskaïa.

Jules Bastien-Lepage meurt prématurément à 36 ans, le 10 décembre 1844, dans son atelier de la rue Legendre à Paris, d'une tumeur cancéreuse placée entre l'abdomen et l'épigastre. Après sa mort, c'est son frère Émile qui donna au jardin des Rainettes son aspect de parc.

(sources diverses, notamment wikipédia)

L’œuvre dans l'histoire de l'art, quelques repaires

Les naturalistes dont Jules Bastien-Lepage fait partie, s’intéressent au monde qui les entoure et se débarrassent des arguments historiques et polémiques du réalisme. Ils peignent des sujets modernes et observent la vie paysanne et ouvrière avec le désir de suggérer une vie pénible, mais digne. L’espace se simplifie et le dessin conserve sa précision. Les peintres donnent souvent à leurs tableaux l’apparence de l’esquisse.

Quelques pistes pour regarder et méditer sur «La Toussaint»

Un homme âgé et deux enfants marchent sur un chemin, à côté de ce qui semble être un cimetière.

Au premier plan, un chemin conduit les personnages vers la gauche, en direction de la lumière. C’est une diagonale forte qui contraste avec la verticalité des personnages, des cyprès et des bâtiments du fond.

Derrière eux, se trouve un espace clos -qui pourrait donc être un cimetière et ses cyprès- et au fond, des bâtiments se détachent du ciel: une église, des bâtisses avec des cheminées qui fument, …

Le ciel est laiteux, on distingue une touche de bleu, mais il reste voilé. D'est un ciel d’automne.

Les personnages sont au centre du tableau et attirent notre attention. Aucun ne regarde dans notre direction, leurs visages nous échappent complètement. Le vieil homme regarde devant lui, en direction de la lumière, la fille le regarde, le garçon est aussi tourné vers la lumière. L’homme semble pris entre la jeune fille dont le pas indique qu’elle avance ou veut avancer, et le garçon qui semble être réticent. C’est ce mélange de mouvement qui donne une tension dramatique à la scène. Les enfants portent chacun au bras un objet qui ressemble à une couronne.

Deux autres personnages apparaissent à côté des cyprès à gauche. Difficile de voir ce qu’ils font : l’un est accroupi, l’autre semble verser ou tenir quelque chose.

Le «personnage» debout est dans la lumière. Il arrive de la gauche, et donne une indication temporelle puisque l’ombre est longue. On serait donc en tout début ou en toute fin de journée. Probablement en fin d’après-midi, puisque certains personnages semblent être au travail en ce jour de la Toussaint.

Bruno Fuglistaller sj

La Toussaint de Jules Bastien-Lepage, peint en 1882 est une huile sur toile de petite taille (46 cm x 55 cm). Le tableau se trouve à Budapest, en Hongrie, à la Galerie nationale, située dans le Palais royal du côté Buda.

Prochaines méditations à l'aide d'une œuvre d'art
(d'une durée de 20 minutes environ dont un petit commentaire introductif)

Dates: les 28 novembre, 19 décembre 2018 ; et les 6 février, 13 mars, 27 mars, 17 avril, 29 mai, 26 juin 2019.
(Pas de Méditations avec une œuvre d'art en juin, juillet et août)

Les méditations sont proposées le mercredi soir (après l'Eucharistie de 18h45)

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

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La chronique de l'invité
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