Triptyque du quotidien de Julien Lambert sj

J Lambert«Chercher et trouver Dieu en toutes choses», c'est le programme que Saint Ignace de Loyola propose à celles et ceux que sa spiritualité inspire.

 

Julien Lambert relève chaque mois trois "perles" de sa vie quotidienne, de sa vie de prière et de sa vie d'étudiant en philo et en théologie.


Triptyque de février 2018

Vie quotidienne
Des héros vulnérables

On pourrait ne jamais les voir, la moitié nonagénaire de mes frères jésuites. Deux portes à passer depuis la jolie maison ancienne où vivent les étudiants comme moi: c'est la même communauté, mais dans cette extension baptisée "maison soins et repos", il y a des barres aux murs pour se tenir, le silence est à peine troublé par quelques roulettes et une voix poussée parfois un peu fort, à la messe on reste assis. On y somnole parfois, on chante avec un temps de décalage, mais on sent tout de suite qu'on y prie d'un cœur redoublé. Après une vie à sillonner l'Afrique ou les écoles de France, le monde ouvrier ou les revues de théologie, la prière est devenue pour beaucoup de ces jésuites la mission principale. Si ceux de notre demi-maison parlent de la mort en cours de philo, chez eux elle fait partie du quotidien. Je ne comprends pas toujours ce sentiment de bien-être quand je vais les voir. Je les entends aussi peu se plaindre que cacher la fragilité de leur condition. Alors qu'ils me traitent avec affection et simplicité, comme un petit frère, je me sens parfois comme devant des héros; des héros vulnérables et vrais, à l'image de celui qu'ils contemplent, aussi blessé que vif sur la croix de la chapelle.

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Vie intellectuelle
Penser pour supporter la vie

Retraversant Paris sous terre après une soirée dans la rue parmi les migrants, une image me reste scotchée à l'esprit: une femme enceinte pelotonnée dans son sac de couchage, au pied de l'escalier de notre association. Je me rappelle alors qu'à l'aller, dans le même métro, pour me nourrir un peu de parole vive avant cette plongée dans les contradictions hurlantes du monde, j'avais traversé un petit livre de Marielle Macé: Sidérer, considérer (Ed. Verdier). Face au risque de rester sidéré, touché mais paralysé, l'auteure y propose la considération, dans son double sens: examiner avec profondeur et patience, mais aussi estimer à sa juste valeur celui qui vit là, aussi intenable que sa situation paraisse. Partir de la vie comme elle se débrouille, de la façon dont la réimprovisent ces héros oubliés aux marges de nos existences; comme ces Afghans tout sourire faisant la queue pour une soupe, cet apatride improbable plaisantant avec trois mots de russe quand je lui demande ce qu'il va faire... Ou comme certains de mes frères de communauté les plus âgés... Considérer. En cours de christologie, on se demande comment faire réentendre aujourd'hui le mystère de ce Jésus qui s'est effacé devant tant d'étrangers, pour leur découvrir qui ils étaient réellement: peut-être en mettant nos modèles de pensée grecs entre parenthèses, pour le considérer à neuf dans les théologies asiatique, sud-américaine ou africaine, qui se sont réapproprié l'Homme-Dieu offert à tous, comme chemin de vie à partir de leurs propres situations de misère et d'injustice.

Vie spirituelle
L'école de la déprime

Dans la prière, il s'agit parfois de ne plus écouter ma tristesse, parfois au contraire de la voir en face, pour la présenter honnêtement, démuni, à celui qui me fait voir un rayon de lumière, parfois très profond sous cette image misérable de moi-même, là où seul lui me connaît comme je peux être. Il me relèvera un peu plus tard, au détour d'un film qui redonne couleur à la vie -Je recommande La Douleur d'après M. Duras, par E. Finkiel-, ou d'une discussion amicale où l'autre avec sa différence bienfaisante surgit comme un ange. Ou bien encore lorsque seul à ma table face à mon puzzle de Caravage, abordant péniblement le fond gris-brun de la décollation de Jean-Baptiste, je me rends compte que ma vie est un peu comme ça: sécher un moment sur des pièces aux formes introuvables, et tout à coup, parce que l'une est placée et débloque tout, sentir intuitivement les prochains agencements de forme et de couleur avec une facilité insoupçonnée...


 

Triptyque de janvier 2018

Vie quotidienne
L'insoutenable beauté humaine

Mercredi soir: on sort au théâtre avec cinq copains, religieux et étudiants comme moi, tous fatigués par les intenses échanges philosophiques de la journée. Kroum, une pièce féroce de l'auteur israélien Hanokh Levin, joue avec les vies misérables de petits banlieusards, projetant leurs espoirs inassouvis sur les autres, et les tenant pour responsables au point de se priver réciproquement de toute paix. On explose de rire régulièrement, tout en s'horrifiant des mères accaparant le destin de leurs enfants, de ces paranoïas, de ces hypocrisies conjuguées. La pièce finie, on en débat passionnément autour d'une bière. La jubilation du drame se mêle à la sidération devant l'abysse des paradoxes humains. Dans le métro, chacun sort à sa station, je reste seul et silencieux face à un couple quadragénaire, issus chacun d'un autre continent, elle -enceinte. Ils ouvrent des livres, se chuchotent des choses; les mains effleurent parfois discrètement le ventre... Au moment de sortir, une envie irrépressible de le leur dire: «Excusez-moi: vous êtes un couple très beau à voir.» - «Merci.» Sur les derniers mètres vers ma communauté, je me sens heureux d'appartenir à cette humanité-là; plus belle encore sans en gommer les paradoxes, où le miracle se fait jour.

Vie spirituelle
Dimanche: résurrection des corps

Le septième jour, Dieu ne parle plus... Tout ce qu'il a créé par sa parole «est bon» comme il l'a dit aussi, mais il s'arrête et se tait. Ça faisait un moment que mon accompagnateur spirituel m'encourageait à respecter un vrai «sabbat» hebdomadaire: réapprendre cycliquement à ne rien faire, pour goûter par anticipation avec le Créateur non un repos éternel, mais bien Sa vie éternelle; vivre juste pour vivre, comme un art à part entière. J'ai essayé dimanche en m'interdisant toute étude, toute rédaction. J'ai quand même en douce essayé de réparer mes chaussures, fait un jogging... N'empêche: qu'est-ce que j'ai goûté ces mouvements non plus destinés à un résultat, mais à lui rendre sa vie propre, au corps ce mal-aimé, ce malmené de nos sociétés. La résurrection annoncée, c'est bien celle des corps, non?
Ce jour «du Seigneur» est aussi jour d'«action de grâce», dit-on. Encore une «action»? Oui, mais «de grâce»: quand je me retourne sur ma semaine et revois tout ce qui s'est vécu, mon corps s'anime d'une énergie nouvelle, motivée par la conscience d'avoir été comblé; et ma parole retrouve des mots jaillis des émotions du corps, pour donner corps à la re-connaissance, et «rendre» cette «grâce» à Celui d'où elle est venue.

Vie intellectuelle
La trinité, une réalité philosophique?

Pendant tout un semestre, en cours sur la Trinité, j'ai refoulé cette pensée iconoclaste: «mais à quoi ça nous sert, de nous immiscer dans l'intériorité de Dieu? Ne préfère-t-il pas qu'on apprenne à s'aimer entre humains, plutôt que de spéculer sur Lui?» C'est par la philo, comme souvent, qu'Il est venu me rattraper. Les fameuses «preuves philosophiques de l'existence de Dieu» -tant qu'elles fonctionnent comme un discours fermé sur lui-même, espérant convaincre impérativement- peuvent aujourd'hui paraître une des causes du scepticisme contemporain. A contrario, on rencontre toujours un désir vivace de poursuivre la grande conversation commune à travers les siècles, sur Dieu perçu comme fragile présence -ou cohérence- derrière nos expériences esthétiques, existentielles ou éthiques, défiant les logiques du monde. Dieu perçu non comme un objet dont on puisse parler, mais comme source même et enjeu de notre parole. Justement, la théologie trinitaire présente la vie entière de Jésus comme parole vivante, montrant en actes qui est Dieu pour les humains. Jésus dont la vie entière est relation et don de soi à ceux qui l'entourent, ce que précisément représente l'Esprit: la relation de filiation entre humain et Dieu, toute relation d'amour devenue présence de Dieu même. Au retour des cours, zigzagant à vélo entre les voitures, je repasse dans ma tête les échanges entre étudiants qui ont construit ces pensées. Je me dis qu'on ne vit plus de la même manière selon ce qu'on a pensé, puis qu'on pensera encore autrement après avoir vécu... et qu'un peu de théorie, même sur le nombril de Dieu, peut bien aider ce va-et-vient, cette respiration vivante entre les mystères médités et les enjeux du quotidien...

 Yoga wikicommonsYoga by Nicholas A. Tonelli, USA - wikimedia commons

 


 

Triptyque de décembre 2017

Vie quotidienne
Regarder cinq minutes la vie depuis le trottoir

Je rentre deux fois par année au pays, comme disent mes confrères africains. Arriver à Genève de Paris me donne alors la sensation de plonger dans une paix cotonneuse. En quelques jours, les rendez-vous s'enchaînent pourtant à un rythme serré. Une heure creuse: je flâne entre banques et touristes, songeant aux contradictions de notre monde. Une jeune femme au beau visage sous ses fringues punk gratte une guitare pour quelques sous, et l'espoir d'aller au chaud avec son chien. Je m'accroupis pour lui laisser le temps de boire la tisane versée de mon thermos. Les passants me regardent un peu différemment; à moi aussi, ils apparaissent autrement, vus d'ici... Elle m'offre une cigarette, on parle de ses études de vétérinaire en école privée par correspondance, qui lui font perdre son droit à l'aide sociale. Elle est tout sauf paresseuse ou désabusée. Tandis qu'elle joue 99 Luftballons, me faisant découvrir un manifeste anti-guerre insoupçonné derrière ce tube des années 80, je me dis que je ne me suis décidément pas arrêté pour une mendiante: j'ai rencontré une amie de plus, qui m'a comblé elle aussi. Je reprends mon bonnet sur le sol; quelqu'un y a jeté une pièce d'un franc...

Vie spirituelle
Mes confrères: une partie de moi-même?

Journée de retraite communautaire: les trente jésuites étudiants et les vingt-cinq ex-missionnaires nonagénaires avec qui je vis reçoivent les mêmes textes à méditer sur l'Église, «corps composé de plusieurs membres». Je pense à ces jésuites aux cultures, passions, caractères si différents, et me demande non sans malaise comment fonctionner ensemble... Le silence me fait entendre mieux les mots de Paul: nous sommes membres non seulement d'un même corps, mais «les uns des autres» (Rom 12,5). Comme souvent, la logique de Dieu retourne la mienne totalement, et mon humeur avec: ce ne sont pas mes talents et préoccupations qui me conduisent aux autres, mais mes fragilités et mes défauts qui m'incitent à les découvrir non comme des concurrents, mais comme des détenteurs de qualités de cœur et d'esprit qui justement me manquent. Surpris par la reconnaissance que j'éprouve tout à coup pour mes faiblesses et pour les différences les plus dures à admettre chez mes confrères, je commence à comprendre, assis seul dans cette chapelle, pourquoi on dit que Dieu ne fait appel qu'à des maladroits, des bras-cassés... et pourquoi la communauté, lieu d'épreuve, est aussi le milieu hors duquel il manque au religieux un certain oxygène...

Vie intellectuelle
«Tout est vanité»... ou plutôt «tout est grâce»?

«Une dissertation sur Qohéleth? Bon courage: c'est compliqué et déprimant!» Réaction classique... Mais pas pour moi: la compagnie de ce livre de l'Ancien Testament -qui passe en revue les absurdités, injustices et frustrations humaines- m'a plutôt donné la patate. J'étais fasciné qu'un sage à la lucidité si tranchante parachute la foi et Dieu en fin de livre, après avoir tant martelé qu'on ne pouvait rien connaître de Lui. C'est que l'agir de Dieu passe à travers celui de l'Homme... Pour ce dernier, le piège est de vouloir éterniser ses œuvres éphémères, et d'en désespérer... passant à côté du fait que c'est bien Dieu, à l'inverse, qui met l'Éternité au cœur du partiel. C'est là-même, dans cette "occupation" d'un moment qu'Il donne à chacun, que l’Homme, s'il s'y donne sans se projeter au-delà, peut trouver son bonheur, dans sa participation à la grande œuvre de la création. Souvent, l'idée de tout ce que je "devrais" faire m'angoisse dès le réveil. Méditer la rencontre de Marthe (Luc 10) me donne alors le même dégrisement que Qohéleth. «Une seule chose est nécessaire», dit Jésus à cette droguée du travail; pour la faire non pas renoncer à l'action, mais écouter d'abord comme sa sœur ce que Sa voix en nous propose comme seule priorité dans l'immédiat, si banale soit-elle, où s'engager et trouver la vie en plénitude...

 

 ChristMartheMarie VermeerLe Christ chez Marthe et Marie de Johannes Vermeer

 


 

Triptyque de novembre 2017

Vie quotidienne
Les différents goûts de la neige

Après un cours ardu, j'ai peu envie de me lancer dans le froid ce soir-là, pour ma visite aux réfugiés campant sans couverture, en bordure de route et de camp, bondé. Une bénévole, infirmière de retour du Tchad qui occupe ses vacances ici, me demande si comme elle je reste toute la nuit! Sa folie me redonne la pèche. Partis indiquer une distribution de nourriture aux migrants éparpillés, on reçoit un flocon sur le nez. «La première neige!» La poésie du moment récompensant notre élan de bénévoles est vite éclipsée: pour les centaines d'hommes qui passeront la nuit ici, quelle saveur peut-elle bien avoir? La réponse ne se fait pas attendre. Les migrants rencontrés nous lâchent leur colère: «Pourquoi nous parler de manger? Il nous faut un lieu ou dormir!» On se sent impuissants, honteux... Plus tard, j'accompagne Boubakar jusqu'à une librairie qui toutes les nuits laisse à quelques migrants une clé et des matelas. En chemin, il sourit: c'est la première neige qu'il voit de sa vie...

Vie spirituelle
Comme les Pharisiens

J'espérais passer une soirée tranquille avec un compagnon jésuite suisse à la pizzeria. Mais à peine revenu des toilettes, je le trouve en grande conversation avec nos voisins de table. Ce soir, je n'ai vraiment pas envie de me montrer gentil avec deux hommes d'affaire exposant avec cynisme leurs raisons d'éviter les impôts, et la catastrophe écologique à leur seule famille. Malgré les coups de pied du confrère sous la table, je lâche quelques remarques acerbes sur la responsabilité de chacun dans le déséquilibre écolonomique mondial. À la sortie du resto, je lâche, découragé: «Je sais bien que c'est inutile, mais je ressens comme un devoir de ne pas me taire!» - «Tu as réagi comme les Pharisiens avec les collecteurs d'impôts!» répond-il, entendant bien que je l'appelle à l'aide. «Jésus, lui, il mangeait avec eux! Tu voudrais t'assurer que tes mots les transforment? Quel effet de son action tu crois que Jésus voyait, depuis la croix? Il avait juste planté une graine...» Libéré de ce besoin de justifier ma présence sur terre, je rentre avec une poche d'air neuve dans la poitrine...

Vie intellectuelle
Inconnaissances infinies

À quoi me servent tous ces livres, pour croire et aider à croire, vivre et aider à vivre? Je ne dirais pas que je ne me le demande jamais... Le théologien jésuite Karl Rahner, qui n'oubliait pas sa prière matinale en rédigeant des rayons de bibliothèques, a voulu tordre le cou à l'idée d'une connaissance rationnelle qui serait l'opposé des "mystères" chrétiens, à gober comme inaccessibles à la raison. Pour lui chaque connaissance est reconnaissance d'une mer d'inconnaissance toujours plus vaste qui la déborde. Dans cette conscience en creux, toujours affinée, est le mystère de Dieu. "Horizon" derrière toute intuition d'infini, Il est le moteur du mouvement vers plus de savoir et de lâcher-prise. La connaissance est dépassée dans l'Amour, qui la poussait dès l'origine.

Face au dilemme des réfugiés sous la neige, des hommes d'affaire au bistrot, une connaissance plus profonde de la situation peut aider à poser paroles et actes comme autant de graines. Mais cette connaissance ne peut se motiver que dans l'amour, avec l'espoir d'y être dépassée...

 ParisNeige"Paris sous la neige" © flickr/Jean-Pierre Dalbéra

 


 

Triptyque d’octobre 2017

Vie spirituelle
Une retraite dans la rue

Habituellement, c'est un passage biblique que le retraitant laisse s'animer dans son cinéma intérieur, pour chercher comment Dieu l'y interpelle. À Nuremberg dernièrement, nous avons fait la même chose... à partir du spectacle de la rue. Marcher seul, se laisser guider, s'arrêter là où on sent que ça bouge, en soi-même ou à l'extérieur... Je reste une heure dans une laverie automatique; il fait chaud, j'ai enlevé mes souliers, comme Moïse ayant pénétré un lieu sacré. C'est bon de sentir que ce monde comme ces machines tourne très bien sans moi. Il me devient aussi plus familier. Comme en prière, le désir vient de poser une parole, de franchir une frontière: je rentre dans le jeu de ping-pong d'un groupe d'enfants immigrés. Plus souvent, c'est le monde extérieur qui vient sans prévenir. Nous avons reçu des étiquettes à accrocher sur les lieux "saints" de notre parcours, pour y être une bénédiction discrète, mais c'est un sans-abri qui me sort une citation géniale de Jésus (déformée) qu'il veut pendre à sa propre chemise; ce sont les enfants qui m'offrent des biscuits quand je cherche un dernier mot à leur dire...

Vie quotidienne
Clown et réfugiés

L'atelier de clown du mardi matin: mon bol d'air frais de la semaine entre deux cours de théo et de philo. On danse comme des fous, on tombe, on ouvre les vannes aux émotions, aux déconnages qui nous traversent. Rien à inventer, "pour" faire rire: c'est à partir des réactions intuitives à ce qui m'entoure, de l'attention permanente à ce qui se "déclare" en moi, que se forme peu à peu une histoire de bout de ficelle sortie d'un profond inconscient. Elle fera rire malgré moi, et prendra un sens imprévu, après coup.

Le camp de migrants porte de la Chapelle a un air de parking glauque, devant lequel une bulle de cirque, où sont pré-pré-sélectionnés les "élus", campe comme un Graal précieux. J'attends avec une famille chargée de sacs et de soucis, qui espère avec d'autres un toit pour la nuit du réseau bénévole géré par l'association Utopia 56[1]. Le bébé rigolard, que j'accompagnerai bientôt avec sa maman chez une étudiante corse sympa partageant sa piaule, réveille le clown en moi. Du désœuvrement et de l'impuissance partagés jaillit un regain d'humanité inespéré...

Vie intellectuelle
Sartre: choisir qui je suis - fardeau ou cadeau?

Pour Sartre (L'Être et le néant), la liberté de chacun est tellement tout, que l'Homme peut la vivre comme un fardeau paradoxal, "condamné" à la liberté, à se modeler lui-même... Je me dis que Sartre se refuse à répondre à une question : et d'où chacun l'a-t-il donc reçue cette liberté, cette vie à construire ? La rue à contempler et faire mienne, la scène du clown à habiter, comme les pensées lues et entendues à mettre en ordre, sont un don qui m'est fait - et pas un devoir ! -, don aussi d'une occasion nouvelle de se donner et de se recevoir soi-même, frais comme un nouveau-né. Un don reçu du Seul qui ne s'est reçu de nulle part...

Les chroniqueurs

etienne perrotLe coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

PierreEmonet 2016 portraitWeb 2 1bb49Le point de vue
de Pierre Emonet sj

BrunoWeb 2 95ea8La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

LucRuedin vertical22 ef721Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

JB FellayD'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

J LambertLe triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

jean-bernard livioLes journées bibliques
de Jean-Bernard Livio sj

albert longchampLe coin lecture
d'Albert Longchamp sj