Discernement

Dialoguant avec un groupe de jésuites, lors de son voyage au Chili, le pape François a affirmé qu’actuellement, le plus grand besoin de l’Église est la pratique du discernement, comme cela est très clairement exprimé dans les objectifs pastoraux de l’Exhortation Amoris laetitia. «Nous avons été habitués à du ‘c’est permis ou ce n’est pas permis’. La morale exposée dans Amoris laetitia est la morale thomiste la plus classique, celle de saint Thomas, mais pas celle du thomisme décadent que certains ont étudié. Moi-même, au cours de ma formation, j’ai appris le ‘c’est permis ou ce n’est pas permis’, ‘jusque-là c’est possible, jusque-là ce n’est pas possible’… Cette manière de faire de la théologie fondée sur des limites, nous en subissons encore les conséquences».

En dénonçant cette théologie du permis et défendu, le pape François met le doigt sur le malaise suscité par l’enseignement d’Amoris laetitia concernant la communion à des personnes divorcées et remariées. Des cardinaux, des évêques, de simples fidèles formatés par un enseignement légaliste n’ont pas hésité à accuser le pape d’hérésie. Plus inquiétants ces jeunes prêtres, à peine sortis du séminaire, qui critiquent avec beaucoup d’aplomb le pape. Déstabilisés par l’Évangile, ils se réfugient dans le Droit Canon.

Le discernement n’est pas une manière commode de s’affranchir du joug du légalisme. Il ne s’agit pas d’une science exacte, ni d’une théologie, mais d’un art délicat, d’une activité spirituelle. Sa pratique se vit dans la mouvance d’une vie qui cherche sincèrement à s’aligner sur celle du Christ. Elle suppose un climat de prière, la lecture assidue de l’Évangile et sa méditation. Elle requiert également le dialogue avec la communauté ecclésiale, qui, sans s’interposer entre Dieu et la personne pour lui dire ce qu’elle doit faire, la renvoie à elle-même et l’aide à rester objective dans sa recherche d’une solution. Tout un travail plus exigeant que l’application automatique d’un article de loi.

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

Archives

Année 2013

Vous avez dit : un bon journal ? - On ne prête qu'aux riches - Quand la santé devient une maladie - Des poltrons, ces cardinaux ? - Lamentable solution finale - Le cléricalisme, voilà l'ennemi - Le pasteur a relégué aux oubliettes le pontife. Espérons qu'il n'en ressortira pas.

Année 2014

Mauvais procès - Deux poids deux mesures - Le synode, un exercice de discernement - Propre  en ordre ! - Un tourisme pas si innocent - La fausse clef - Vous êtes vieux, suicidez-vous ? - J'Lui, elle ou ...ça ? - Hôpital de campagne et Croix-Rouge - Il y a de la folie dans l'air - Le secret du pape François

Année 2015

Un magistrat qui dérange l’ordre ! ; La Radio frappée de myopie culturellet ; Un idéal dans une réalité fragile : le mariage ! ; Deux terrorismes, un même style ; La bourde de son Éminence ; Au-delà du bien et du mal ; Gifler les pauvres ; Cachez ces crimes que je ne saurais voir ; Etrange mode ! ;  Nuance !

Année 2016

L’argent sans odeur, mais couleur rouge sang; Étonnement ! ; La paix des morts ; Querelle de chiffonniers ; Lamentable duplicité ; Idéologie contre Évangile ; Le prix d’une bonne conscience ; Un zeste de schizophrénie ; Roulez tambours ; L’argent n’a pas d’odeur (bis) ; Dis bonjour à la dame ! ; Avec un peu de retard Monseigneur ! ; L’argent n’a pas d’odeur ; L’ultime racket du voyage.

Année 2017

Conscience contre violence ; La démocratie en péril ; Mars, le dieu de la violence ; Strabisme ; La prière instrumentalisée ; Deviens ce que tu manges ; Des mœurs indignes ; Des records bien honteux ; Un carnaval hors prix ; Un cadeau d'anniversaire ; Quelle justice? ; Une belle hypocrisie ; Juteuse promotion ! ; Tardive reconnaissance ; Choquant ; Le temps n'abolit pas l'injustice ; Le culte de l’argent assassin.