L’argent sans odeur, mais couleur rouge sang; Étonnement ! ; La paix des morts ; Querelle de chiffonniers ; Lamentable duplicité ; Idéologie contre Évangile ; Le prix d’une bonne conscience ; Un zeste de schizophrénie ; Roulez tambours ; L’argent n’a pas d’odeur (bis) ; Dis bonjour à la dame ! ; Avec un peu de retard Monseigneur ! ; L’argent n’a pas d’odeur ; L’ultime racket du voyage.

Décembre 2016

L’argent sans odeur, mais couleur rouge sang

Un des principes fondateurs de la politique Suisse est la neutralité: Ne vous mêlez pas des querelles des grands, conseillait Nicolas de Flüe, le père de la patrie, à ses concitoyens. Conseil de sagesse, dont la mise en pratique a longtemps fait de la Suisse un havre de paix au service des victimes des guerres. Aujourd’hui l’économie a pris la place de la politique, reléguant la neutralité et les conseils de l’ermite du Ranft au rang des idéaux chimériques. Au Parlement, le poids des lobbys d’argent l’emporte jusque sur les décisions des sept sages, qui ne le sont pas toujours! Après les Pilatus et les mines antipersonnel, voici Ruag. Une fabrique d’armement aux mains de la Confédération s’installe dans les Émirats arabes Unis, un pays en guerre au Yémen, qui a exporté en Syrie du matériel de guerre made in Swizerland. En toute bonne conscience… économique et hypocrite. La prudence déconseille la transparence, puisqu’il faut cacher l’identité des représentants de Ruag installés à Abou Dhabi. Qui a dit que l’argent n’a pas d’odeur? Il sent la poudre et il a la couleur du sang. Mais, à en croire un titre prophétique édité en 1990: La Suisse lave plus blanc.


Novembre 2016

Étonnement !

Je m’étonne de l’enthousiasme que suscite auprès de certains la biographie d’Ignace de Loyola de Enrique García Hernán (Seuil 2016). Dès sa parution en espagnol (Ediciones Taurus, 2013) j’ai lu attentivement cette biographie qui avait l’ambition de la nouveauté. Loin de m’enchanter, elle m’a déçu par le nombre d’inexactitudes concernant la vie d’Ignace, et l’apparent parti-pris avec lequel l’auteur traite les sources les plus autorisées. Je me permets de reproduire ci-dessous la note de lecture que j’avais rédigée alors. Les renvois aux pages concernent l’édition espagnole:

« Ce livre, qui a la prétention d’offrir une biographie d’Ignace de Loyola, n’en livre en réalité qu’une caricature perdue au milieu d’une foison d’informations historiques sur son époque. Le lecteur se trouve littéralement noyé dans l’abondance des détours et des digressions sur toutes sortes de personnages contemporains d’Ignace que l’auteur présume un peu trop facilement avoir été en relation avec son héros et avoir influencé son parcours. Les confusions dans la chronologie, les retours en arrières et les anticipations rendent la lecture fastidieuse et ajoutent à la confusion d’un récit qui tourne littéralement en rond (pp. 90-100).

» Il en résulte le portrait factice d’un Ignace dont le charisme serait d’être un médiateur, un homme doué pour accorder les extrêmes: action et contemplation, grâce et liberté, science et bible, âme et corps, science et expérience, etc. (p. 448). La dimension spirituelle d’Ignace et son itinéraire mystique n’apparaissent pratiquement jamais sous le plume de l’auteur qui tient absolument à se situer à rebours de ce qu’il appelle «l’historiographie jésuite». Des passages majeurs comme les expériences de Manrèse, du Cardoner, de la Storta sont alors passés sous silence ou évoqués avec une superficialité déconcertante. La conversion d’Ignace est expliquée d’une manière peu convaincante (p. 103). S’il verse des larmes durant la messe, comme l’atteste son Journal spirituel, c’est «sur commande»; le phénomène mystique est simplement évacué. Les motifs de son séjour à Alcalá, de son départ à Paris (retrouver des Erasmistes), celui de son séjour dans sa patrie natale pour raisons de santé (p. 225), l’explication des vœux de Montmartre (p. 220), les raisons d’aller à Rome (être reconnus mais pas pour se mettre au service du pape, p. 268) sont les fruits de l’imagination de l’auteur, en contradiction avec les affirmations claires des protagonistes. L’affirmation qu’Ignace ne devient jésuite qu’à partir de sa première messe relève de la pure fantaisie (p. 302), comme l’interprétation proposée du retardement de la célébration de sa première messe. C’est à Paris qu’Ignace change de nom et non pas à Rome (p. 285) comme le prétend l’auteur.

» Cette défiguration de la personnalité d’Ignace résulte d’une lecture arbitraire des sources les plus autorisées au profit d’interprétations personnelles inspirées par un apriori qui traverse tout l’ouvrage: Ignace de Loyola était un «alumbrado» (p. 287), disciple d’une béate, Maria de Santo Domingo (p. 119) qui a même inspiré ses expériences mystiques de Manrèse (p. 128). C’est dans cette perspective que l’auteur envisage la fondation de la Compagnie, la prétendue animation de groupes de femmes appelées des «iñigas» à Alcalá (p. 318-319) et la fondation imaginaire d’un ordre de femmes (p. 344)! L’acte fondateur de la Compagnie, la Délibération des premiers Pères, est présenté comme une épreuve de force entre les premiers compagnons. Le chapitre sur les Exercices montre que l’auteur n’a pas compris grand-chose aux Exercices (p. 303, 362) et son explication de la rédaction des Règles pour sentir avec l’Église est très fantaisiste (pp. 219, 262-263).

» L’affirmation que Nadal aurait trafiqué l’Autobiographie pour imposer un portrait idéal d’Ignace ne tient pas face aux sources les plus autorisées qui laissent entendre que la probable mutilation du récit autobiographique d’Ignace serait l’œuvre de son troisième successeur, François de Borgia (p. 295). Les relations d’Ignace avec l’Inquisition, surtout au Portugal, ne coïncident pas avec les réticences d’Ignace référées par Gonçalves da Câmara (p. 318). Quant à l’interprétation de la lettre à Carafa, elle est fort subjective (p. 258). Enfin, il est faux de prétendre qu’au moment où les forces d’Ignace déclinent sérieusement les compagnons, Polanco surtout, veulent lui enlever le pouvoir (p. 434).

» Toutes ces inexactitudes et ces interprétations arbitraires hypothèquent sérieusement le crédit que l’on pourrait accorder à une biographie d’Ignace de Loyola. Restent de nombreux détails historiques intéressants, qui peuvent aider à mieux comprendre le milieu dans lequel a évolué Ignace de Loyola.

Dans la Revue Manresa (n. 86, Julio-Septiembre 2014, pp. 309-312) un éminent spécialiste des études ignatiennes, le Père Manuel Ruiz Jurado sj, a publié une recension sévère de ce livre. »


Octobre 2016

La paix des morts

Dans l’Hexagone, même les morts nourrissent le débat politique. Le djihadiste Larossi A., qui avait tué en juin un policier et sa compagne dans la région parisienne avant d'être abattu par les forces de l'ordre, a été inhumé le week-end dernier au Maroc parce qu’aucune commune n’a accepté de recevoir son corps sur son territoire. Une mesure qui rappelle l’ostracisme imposé autrefois aux divorcés remariés, enterrés dans le carré des infâmes, hors sol aspergé d’eau bénite. Pécheur en deçà de la mort, pécheurs tu resteras au-delà de la mort. Audacieuse anticipation du jugement divin !

Un mort est inoffensif. Peut-être a-t-il même changé d’opinion et s’est-il repenti ! Mais, un djihadiste, direz-vous, sa tombe risque bien de devenir un but de pèlerinage. Une longue promenade dans le cimetière du Père Lachaise à Paris m’en fait douter. Les tombes des célébrités qui ont fait trembler le monde en voulant bouleverser la société sont désormais grises et poussiéreuses. Seule celle de la môme Piaf reste gentiment fleurie et couverte de messages amoureux.


Été 2016

Querelle de chiffonniers

Un «grand» débat agite la République: faut-il autoriser ou pas dans les piscines et autres bains publics le burkini, l’antipode du bikini, cet étonnant attifement balnéaire imposé, paraît-il, par la religion… ou les maris. Un peu encombrant et malcommode, j’imagine. Mais que ne ferait-on pas pour la religion ? Pas élégant, j’en conviens, mais tout de même pas plus que les mamelles fatiguées qu’exhibent sans honte ni goût certaines dames. Peu hygiénique ? Guère plus que le pipi des chers petits. Dangereux pour la santé ? Allons donc, belle excuse ! Chaque année, au retour de l’été, la mode défie impunément l’esthétique et la morale sans soulever de protestations. Alors que cache cette querelle de chiffonniers ? Je crains qu’il ne s’agisse que de l’habituelle myopie « laïcarde » d’une République incapable d’évoluer et de dépasser des dogmes sclérosés vieux de trois siècles.

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Lamentable duplicité

La Suisse se vante de faciliter les pourparlers de paix, les rencontres entre les adversaires de tous poils, et d’offrir ses bons services à tous ceux qui souhaitent œuvrer pour la paix en mettant un terme à la guerre. Actuellement, à Genève, les pourparlers pour trouver une issue au drame de la Syrie ont repris. Petite étincelle d’espoir, si fragile ! Au même moment je lis dans la presse qu’au cours du premier semestre 2016 la Suisse a vendu davantage d’armes de guerre. Un résultat que l’économie enregistre avec satisfaction comme un vrai progrès. L’argent n’a pas d’odeur, fût-il sale. Les lobbyistes qui, à Berne, décident de la politique du pays, sacrifient allègrement les sentiments humanitaires qui ont fait l’honneur du pays pour quelques poignées de millions. Belle hypocrisie ! De qui se moque-t-on ?

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Idéologie contre Évangile

Dans une lettre de 13 pages adressée au collège des cardinaux, 45 universitaires et prêtres catholiques demandent de faire corriger les « propositions erronées » de l’exhortation du pape François sur la famille. Ils ont relevé 19 passages en conflit avec la « doctrine catholique ». Rien que ça ! Ces courageux censeurs qui s’expriment sous le couvert de l’anonymat, sans signer personnellement leur pamphlet, font du lobbysme en faveur d’une Église qui impose des normes et juge. Refusant d’entrer dans ce jeu, le pape François rappelle que « l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile » (Evangelii gaudium, 47). Idéologie ou réalisme évangélique, deux conceptions du ministère s’affrontent. À ceux qui attendent des normes et des interdits, le pape répond : « je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie sur les chemins, plutôt qu’une Église malade de son enfermement et qui s’accroche confortablement à ses propres sécurités » (Id., 49). Face aux problèmes des couples, il privilégie l’accompagnement, le discernement et l’éveil des consciences. L’accès aux sacrements ne fait pas l’objet d’un discours général, mais d’un discernement qui tient compte des circonstances, tant il est vrai que la situation subjective d’une personne est indépendante de la norme objective.

Chargé de présenter l’exhortation apostolique sur le mariage, le cardinal archevêque de Vienne, Christoph Schönborn, rappelle aux censeurs de tout poil qu’il s’agit bel et bien d’un acte du magistère (Cf. La Croix du 7.07.2016).


Juin 2016

Le prix d’une bonne conscience

Les citoyens d’Oberwil-Lieli auraient-ils décidé de mimer l’histoire du bon Samaritain, dans l’évangile selon Luc (10,29) ? Lorsqu’il ne lui fut plus possible de s’occuper personnellement de la victime pour laquelle il s’était engagé, le bon Samaritain confia le blessé à l’aubergiste, avec une avance de deux pièces d’argent et la promesse d’assumer les frais supplémentaires. Une manière de continuer à prendre en charge par procuration le pauvre diable. À Oberwil-Lieli les citoyens ont décidé de payer au canton d’Argovie une certaine somme d’argent (290.000 .—Frs) pour ne pas avoir à accueillir chez eux des demandeurs d’asile. Cherchez la différence !

Le bon Samaritain a confié à un autre le blessé après s’être engagé personnellement ! Les braves citoyens d’Oberwil-Lieli paient pour ne pas s’engager … avec bonne conscience.


Mai 2016

Un zeste de schizophrénie

La Suisse va donc inaugurer en grande pompe le tunnel du Gothard : 17 ans de travaux pour percer le plus long tunnel du monde. Un exploit technique, mené de façon exemplaire comme l’a remarqué Madame Violeta Bulc, la Commissaire aux Transports de l’Union Européenne. Les accents triomphalistes emplissent déjà les chroniques des journaux, en attendant les discours officiels de l’inauguration. Plus que la performance technique, je retiens la performance symbolique. Avec le percement du Gothard, le verrou protecteur de la Suisse saute. Jusqu’ici, l’austère massif symbolisait la fermeture protectrice du pays, le bien nommé « réduit national ». Rassurés, les Suisses se sentaient à l’abri des invasions. Désormais, le passage est ouvert, comme un large corridor à parcourir à 200 km/h. A sens unique, du nord vers le sud, si j’en crois les commentaires plus ou moins officiels. Il est beaucoup question de commerce, un peu de tourisme, très peu des échanges culturels, encore moins de l’accès des réfugiés dont la vague déferle du sud vers le nord pour venir se heurter au massif protecteur. Le verrou reste bel et bien en place. Tout un symbole ! Une percée pour le commerce, et une barrière difficile à franchir pour les malheureux. Au moment où le verrou isolateur saute, la Suisse redirait son attachement au réduit ? Il y a comme un zeste de schizophrénie dans l’air.


Avril 2016

Roulez tambours

A l’école primaire, nous reprenions avec entrain le chant patriotique composé par Amiel : « Roulez, tambours pour couvrir la frontière. Aux bords du Rhin, guidez-nous au combat! Battez gaîment une marche guerrière, Dans nos cantons, chaque enfant naît soldat ! C'est le grand cœur qui fait les braves.» C’était la mob, l’époque où l’on craignait que l’Allemagne envahisse la Suisse. Aujourd’hui la Suisse envisage d’appeler l’armée aux frontières pour faire face à une nouvelle invasion. Celle des réfugiés, qui fuient la guerre. L’armée aurait une mission civile : surveiller, nourrir, soigner et transporter…. Sans céder aux exigences de l’UDC qui veut rendre les frontières plus hermétiques et n’a pas honte de clamer : «Il est proprement inadmissible que l’armée soit engagée pour accompagner des personnes et distribuer de la nourriture». Deux semaines après l’entrée en vigueur de l’accord « marchands de tapis » entre l’UE et la Turquie, le pape François s’est excusé auprès des réfugiés, dans un message vidéo diffusé le 19 avril 2016 : « Pardonnez la fermeture et l’indifférence de nos sociétés qui craignent le changement de vie et de mentalité que votre présence exige. (…) Traités comme un poids, un problème, un coût, vous êtes au contraire un don. (…) Chacun de vous peut être un pont qui unit des peuples éloignés, qui rend possible la rencontre entre cultures et religions diverses, un chemin pour redécouvrir notre humanité commune… Chacun de vous, réfugiés qui frappez à nos portes, a le visage de Dieu. » On peut oublier les tambours, mais se rappeler que « C'est le grand cœur qui fait les braves. »

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L’argent n’a pas d’odeur

Ainsi donc, le Conseil Fédéral a accepté de livrer des armes à l’Arabie Saoudite, un État engagé dans une guerre. Le Bahreïn aussi recevra des pièces de rechange pour les avions de combat F-5, et les Emirats arabes unis des pièces pour les chars blindés M109, comme ceux engagés au Yémen. Nos ministres se sont empressés de défendre leur virginité en précisant qu’ils ont rejeté les demandes de matériel susceptible d'être utilisé dans le conflit au Yémen. Sont-ils naïfs au point d’ignorer que certains de leurs clients ne s’encombrent guère des Droits de l’Homme, ou prennent-ils leurs concitoyens des benêts ? Traditionnellement, la Suisse humanitaire offrait ses bons services pour régler des conflits et trouver des chemins de paix. Aujourd’hui elle préfère se profiler parmi les marchands de canons. Tant il est vrai que l’argent n’a pas d’odeur. Il n’y a pas de quoi rire, Monsieur le Conseiller fédéral en charge de l’économie!


Mars 2016

Dis bonjour à la dame !

Grotesque cette querelle entre la direction des Transports Publics Genevois et le syndicat sur l’obligation ou non pour les employés de saluer les passagers au moment de prendre leur service. Une Genferei de plus ! Dans quelle société vit-on s’il faut donner des ordres pour que les collaborateurs soient tout simplement polis ou s’il faut revendiquer le droit de ne pas l’être ? Si la politesse devient l’objet d’un contrat négociable, ne vous étonnez pas que le climat social se dégrade à la vitesse que vous savez. Plutôt que de se chicaner sur la place publique, mieux vaudrait qu’administrateurs et syndicats des TPG s’accordent pour engager du personnel dont l’éducation n’est plus à faire. Et s’ils allaient voir à Zurich, Bâle ou Zoug comment les employés des transports publics se comportent avec les usagers ?


Février 2016

Avec un peu de retard Monseigneur !

Le nouveau nonce en Suisse, l’américain Thomas Gullickson, se définit lui-même comme « ultramontain et fier de l’être ». Ouvertement critique envers le pape François il ne cache pas sa sympathie pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (Ecône). Débarquant en Suisse, son Excellence n’a rien trouvé de mieux que de recommander chaleureusement la lecture du livre du prêtre catalan Félix Sardá y Salvany (1841-1916) dont le titre est tout un programme : « Le libéralisme est un péché » ! Ecrit en 1884, l’ouvrage s’inspire largement des thèses de l’encyclique Mirari Vos de Grégoire XVI (1832) et du Syllabus de Pie IX (1864) deux documents qui condamnent les libertés essentielles de culte, de pensée, de conscience et de presse. La couverture de la 7ème édition de l’ouvrage recommandé par son Excellence porte en exergue une phrase de la « Lettre collective des très Illustres et Révérends Prélats de la Province ecclésiastique de Burgos » : « Qu’on l’appelle rationalisme, socialisme, révolution ou libéralisme, il sera toujours de par sa nature et son essence la négation franche ou déguisée, mais radicale, de la foi chrétienne ». A se demander à quelle époque remontent les études de son Excellence.

***

L’argent n’a pas d’odeur.

Heureusement ! En aurait-il ? La Suisse, qui aime ce qui est « propre en ordre » se priverait de bonnes affaires. L’évêque de Bâle vient d’épingler dans l’hebdomadaire Schweizer Illustrierte (19 février) le gouvernement suisse qui représente les intérêts de l’Arabie saoudite, « un État comme on n’en veut pas » où les chrétiens ne peuvent pas porter de croix ou louer le Seigneur, où la seule possession d’une Bible est un délit, où il n’existe pas de liberté religieuse, et qui ferme ses frontières aux réfugiés d’Irak et de Syrie qui fuient la guerre tout en ayant la place et l’argent nécessaires. Mgr Felix Gmür estime « grave » que la Suisse « fasse des affaires avec ce genre de pays, comme si de rien n’était ». Selon lui, les grands patrons et les conseillers fédéraux devraient montrer davantage de fermeté. Mais il y a de l’argent à la clef. Vraiment sans odeur ?


Janvier 2016

L’ultime racket du voyage

L’opinion publique s’est émue en apprenant le projet du parlement danois, qui n’aime pas les réfugiés, de leur confisquer toute somme ou valeur supérieure à 3000 couronnes (400 euros). Le débat a révélé que, discrètement, la Suisse pratiquait déjà cette sorte de racket depuis une vingtaine d’années en s’appropriant (contre reçu !) toute somme ou objet d’une valeur supérieure à 1000. – CHF. Une vieille pratique qui avait enrichi le Reich. Comme s’il n’y avait pas d’autres moyens de faire participer les réfugiés aux frais de leur entretien. Il est vrai que les fonctionnaires suisses font preuve de plus de magnanimité que les préposés à la réception d’Auschwitz : ils ne saisissent pas les alliances. Il serait plus honnête de reconnaître qu’il s’agit d’une mesure de dissuasion : si vous venez chez nous, nous vous confisquerons ce qui a échappé aux passeurs et autres racketteurs de votre triste exode. Mais si vous voulez vous intégrer dans ce pays hospitalier, il vous faut apprendre la langue et savoir traduire le vieil adage « pas d’argent, pas de Suisse ».

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

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Année 2013

Vous avez dit : un bon journal ? - On ne prête qu'aux riches - Quand la santé devient une maladie - Des poltrons, ces cardinaux ? - Lamentable solution finale - Le cléricalisme, voilà l'ennemi - Le pasteur a relégué aux oubliettes le pontife. Espérons qu'il n'en ressortira pas.

Année 2014

Mauvais procès - Deux poids deux mesures - Le synode, un exercice de discernement - Propre  en ordre ! - Un tourisme pas si innocent - La fausse clef - Vous êtes vieux, suicidez-vous ? - J'Lui, elle ou ...ça ? - Hôpital de campagne et Croix-Rouge - Il y a de la folie dans l'air - Le secret du pape François

Année 2015

Un magistrat qui dérange l’ordre ! ; La Radio frappée de myopie culturellet ; Un idéal dans une réalité fragile : le mariage ! ; Deux terrorismes, un même style ; La bourde de son Éminence ; Au-delà du bien et du mal ; Gifler les pauvres ; Cachez ces crimes que je ne saurais voir ; Etrange mode ! ;  Nuance !

Année 2016

L’argent sans odeur, mais couleur rouge sang; Étonnement ! ; La paix des morts ; Querelle de chiffonniers ; Lamentable duplicité ; Idéologie contre Évangile ; Le prix d’une bonne conscience ; Un zeste de schizophrénie ; Roulez tambours ; L’argent n’a pas d’odeur (bis) ; Dis bonjour à la dame ! ; Avec un peu de retard Monseigneur ! ; L’argent n’a pas d’odeur ; L’ultime racket du voyage.

Année 2017

Conscience contre violence ; La démocratie en péril ; Mars, le dieu de la violence ; Strabisme ; La prière instrumentalisée ; Deviens ce que tu manges ; Des mœurs indignes ; Des records bien honteux ; Un carnaval hors prix ; Un cadeau d'anniversaire ; Quelle justice? ; Une belle hypocrisie ; Juteuse promotion ! ; Tardive reconnaissance ; Choquant ; Le temps n'abolit pas l'injustice ; Le culte de l’argent assassin.