En ce temps de Noël, l’hécatombe annuelle des sapins vient à point pour rappeler le rôle de la déforestation dans l’augmentation du CO2 fauteur, parmi d’autres, du réchauffement climatique d’origine humaine. Je ne gloserai pas sur le sapin et ses aiguilles toujours vertes, arbre à feuilles persistantes, symbole de la vie verdoyante qui résiste au cœur de l’hiver. Je sais par ailleurs que les producteurs de sapin de Noël replantent chaque année à peu près la même surface de conifères.

Ce phénomène annuel écologico-social des sapins de Noël me donne néanmoins l’occasion d’épingler une étude produite récemment par une équipe de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Au moment où l’on cherche à piéger le carbone du CO2, ce gaz à effet de serre, l’idée la plus naturelle, -c’est le cas de le dire,- est de planter des arbres, beaucoup d’arbres. On rêve de mille milliards d’arbres, soit des millions d’hectares, pour renverser la tendance à la déforestation. L’équipe de Zurich a calculé que planter neuf cents millions d’hectares, soit la surface du Brésil, permettrait de piéger deux-cent cinq gigatonnes (deux-cents-cinq milliards de tonnes) de CO2. Cela ne résoudrait pas le problème du réchauffement climatique; mais, même réalisée au dixième de ce rêve, la reforestation aurait, selon l’étude publiée, un impact significatif.

Reste à savoir où planter? En regardant du ciel les surfaces émergées, l’étude fournie par l’EPFZ évoque comme sites potentiels l’Australie (qui a déjà lancé un vaste programme de reforestation), la Russie, la Chine, le Canada, le Brésil, les États-Unis. Mais les initiatives d’ampleur plus modeste sont toujours bonnes à prendre. La Côte d’Ivoire a un projet de replantation de quelques millions d’hectares. La Belgique elle-même mise sur ses haies.

Tout cela coûtera cher. Il faut associer le privé au financement de cette entreprise d’intérêt mondial, suggère une autre étude de l’EPFZ. Je ne peux qu’approuver. Dans une sorte de mystique naturaliste, mon grand-père disait que chaque être humain doit planter au moins un arbre durant sa vie. Pour des raisons moins mystiques, mais plus vitales pour la maison commune, ce n’est pas un arbre, c’est dix fois plus que doit planter chaque habitant de la planète.

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