ArbreVilleÉtienne Perrot sj - «Massacre à la tronçonneuse, le bétonnage, ça suffit, sauvons nos arbres…» Contre le plan directeur cantonal 2030, quelques centaines de manifestants viennent de protester à Genève.
Les raisons ne manquent pas pour rappeler les bienfaits écologiques d’un arbre.

Outre les raisons esthétiques favorables au cadre de vie, les arbres ajoutent à l’architecture urbaine, -même la plus belle,- cette pincée d’aléa que produit inévitablement toute vie biologique. Le corps humain en ressent d’emblée une sorte de connivence avec son milieu de vie. De leur part, les spécialistes de la géologie hydrique soulignent que l’arbre retient une part de l’eau de pluie, ce qui évite la précipitation dans les tuyaux et les égouts, et les éventuels débordements. Les climatologues font remarquer qu’en période de canicule, l’arbre contribue à humidifier l’atmosphère et rend l’air plus respirable. La physiologie animale, elle aussi, découvre dans l’arbre un lieu de protection d’insectes multiformes, nourritures des oiseaux, ce qui freine, dans une certaine mesure, la disparition d’espèces, disparition qui hypothèque des découvertes pharmacologiques possibles.

Certes, les arbres sauvés à Genève ne compenseraient pas la déforestation amazonienne, même si l’on ajoute dans la balance l’extension de la forêt française depuis la dernière guerre mondiale. Mais «comparaison n’est pas raison» disait ma grand’mère. D’autant plus que la question n’est pas seulement un enjeu global pour la planète. Qu’importe de sauvegarder, pendant quelques siècles encore, la viabilité biologique de Gaïa la terre, si l’humanité périt, desséchée qu’elle sera peut-être par un environnement construit sur le mode de l’esprit de géométrie. Pour que l’environnement reste humain, il est nécessaire d’y ajouter un peu d’esprit de finesse pour que chacun puisse ressentir une intime connivence avec son milieu de vie. L’intégration mécanique dans une société, aussi bien pensée qu’elle soit, est déshumanisante; car elle ne donne pas sens à la vie humaine.

«Auprès de mon arbre, je vivais heureux; je n’aurais jamais dû m’éloigner d’mon arbre», chantait Georges Brassens. Mais un arbre ne suffit pas; il faut près de l’arbre tout un tissu économique et culturel, un travail, des habitations, des commerces, des moyens de communication,… C’est du moins ce que ressentent les électeurs les plus réfléchis. Les responsables politiques le savent. Même les plus écologiques d’entre eux se heurtent alors à des exigences contradictoires qui les conduisent vers des compromis souvent mal compris.

Reste la dimension symbolique de l’arbre. Les racines bien enfoncées dans la terre, les branches tendues vers le ciel, les feuilles exposées aux rayons du soleil, son développement représente assez bien la figure biblique de «l’arbre de Jessé», l’ancêtre mythique de Jésus, et dont le symbole chrétien, la croix, a repris l’image du salut. Même en dehors de cette tradition cultuelle, je reste convaincu de l’importance humaine de l’arbre. C’est la raison pour laquelle je souscris à l’aphorisme de mon grand-père «chacun doit planter au moins un arbre dans sa vie!»

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

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logos presse 24a03Retrouvez les chroniques d’Étienne Perrot sj de l'année 2017 ou l'art d'épingler les petites phrases d'apparence anodine qui ne sont pas si banales que ça!

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