smilefutur aout2019Vendredi 9 août 2019, à Lausanne, la «Marche pour le climat» a été marquée d’une musique originale. Certes, toutes les manifestations de rue, pour peu qu’elles soient organisées, convoquent musique, parfois même chant plus ou moins martial. On se souvient de l’Internationale, inséparable des manifestations orchestrées par la CGT de jadis. Aujourd’hui, on se contente d’un orphéon d’instruments à vent suffisamment puissant pour attirer l’attention des badauds du trottoir. Nos aïeux, cherchant à réveiller l’oreille endormie de la divinité, entamaient dans l’espace public des cantiques dont les plus populaires ont les mêmes caractéristiques que la musique qui accompagne la plupart des manifestations de rue: cadence à deux temps, rythme adapté à l’âge et à la pugnacité des manifestants.

La manifestation du 9 août pour le climat n’échappe nullement à cette loi générale. Elle a cependant un trait original: musique et paroles ont été choisies par une quinzaine de jeunes venus de divers pays européens. La langue anglaise s’impose, car elle est aujourd’hui, à la manière du latin au Moyen-Âge, ou du français dans les Cours européennes aux XVII° et XVIII° siècle, la langue vernaculaire quasi-universelle. (Même les jeunes jésuites européens parlent anglais entre eux, qu’ils soient Français, Belges, Allemands ou Hongrois.) Rythme et mélodie choisis sont finalement ceux de We are the champions, vecteur facile de mots adaptés à la circonstance, Let’s save the climate.

Ce qui me frappe dans cet événement, c’est que les jeunes européens qui ont élaboré ce slogan chanté ont délibérément choisi le «nous» plutôt que le «vous». L’hostilité agressive habituelle dans ce genre littéraire fait ainsi place à une implication plus personnelle. Cette posture m’apparaît d’autant meilleure que, selon le dernier rapport du GIEC, la modification de nos modes de vie s’avère indispensable pour sauvegarder la viabilité humaine de notre planète. Prétendre maintenir tels quels nos habitudes, sous prétexte qu’ils nous conviennent aujourd’hui, est une illusion mortifère. Je souhaite donc que l’esprit -sinon le texte ou la musique- du chant issu en terre lausannoise souffle au-delà les limites européennes.

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

Archives

Année 2016

logos presse 24a03Retrouvez les chroniques d’Étienne Perrot sj de l'année 2016 ou l'art d'épingler les petites phrases d'apparence anodine qui ne sont pas si banales que ça!

Année 2017

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