Le coup d'épingle d’Étienne Perrot sj

EPerrot18 Les journaux sont pleins de phrases extraordinaires. Car les journalistes laissent parfois couler de leur plume des mots... à double sens, des contradictions flagrantes, des lapsus qui révèlent l'inconscient social caché sous des évidences élémentaires. Étienne Perrot sj, polygraphe posté aux frontières de l'économie, de la sociologie et de la politique, s'est piqué au jeu.

Tous les huit ou dix jours, il épingle un mot, une phrases, une expression triviale et creuse les enjeux de société qui sont enfouis dedans.

Étienne Perrot tient également un blog sur le site de la revue Études  www.revue-etudes.com

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Problème de genres

Hermaphroditus fresco 19eJ’épingle un entrefilet découvert dans un journal du soir (Le Monde, Paris 9-11 juin 2019): «De même que nous avions fait le choix de ne pas utiliser le point médian (pour l’écriture inclusive), nous réserverons l’utilisation du pronom ‘iel’ à des cas très particuliers.» De quoi s’agit-il ? D’un problème typographique posé par les personnes qui ne sont ni en accord avec leur sexe de naissance (cisgenre), mais ne reconnaissant cependant pas dans le sexe opposé (transgenre). Ces personnes, soit ne se reconnaissent ni totalement dans un genre, ni totalement dans un autre (non-binaire), soit ne se reconnaissent dans aucun (agenre). Ce peut-être aussi des personnes dont le genre varie au cours du temps (gender fluid). Bref, où trouver un pronom personnel adapté à quelqu’un que l’on ne peut désigner ni par «il», ni par «elle». La solution envisagée, rejetée provisoirement par le journal, est le composé de «il» et  elle», ce qui donne le pronom «iel», que Le Monde dit ne réserver que «à des cas très particuliers».

Je ne peux qu’approuver le bon sens de la Rédaction de ce journal français. Car, en associant dans le même graphe les deux genres, il ne saurait désigner que le genre «binaire», qui fait trop penser à l’hermaphrodite. Quelle que soit l’aura religieuse qu’il a pu avoir dans le Proche-Orient antique, l’hermaphrodite présente à l’imagination une représentation douteuse. Contre Lacan qui prétendait que «le sexe, c’est le destin», Simone de Beauvoir affichait que «l’on ne nait pas femme, on le devient». Puisque l’on devient femme, la logique veut que l’on puisse également devenir homme. Ce qui implique une sorte de fusion primitive des genres, et nous rapproche de Platon qui, dans son Banquet, voit dans le mythe de l’hermaphrodite primordial l’origine de l’attirance des sexes, tous genres confondus.

Plus sérieusement, ces questions typographiques me semblent passer à côté de la question douloureuse de l’identité. Savoir si l’individu se reconnaît dans le «il», dans le «elle», dans le «iel», ou tout autre signe pronominal à inventer, n’est manifestement pas simplement un problème personnel. C’est un problème de société car il relève, -n’en déplaise à certains psychologues et aux tenants du développement personnel-, du regard sur soi-même qui reflète toujours l’intériorisation du regard d’autrui. Même si on a l’impression de se regarder le nombril, on se voit toujours dans le miroir de son milieu social.

Comme dit le sociologue Baumann, notre société est fluide, et l’on peut penser que, dans un tel contexte culturel, ne cessera d’augmenter le nombre de nos contemporains qui se classeront dans le gender fluid, ces personnes dont le genre varie au cours du temps. Ils auront, j’en suis sûr, la force d’âme suffisante pour échapper au destin de Narcisse qui, nous dit la légende, s’est noyé en regardant le reflet de son image dans l’eau d’un bassin. La société -du moins cette partie de notre société qu’agite la question du genre- n’est-elle pas le bassin, ce monde fluide, où chacun peut se couler, dans les deux sens, -positif et négatif,- du mot?

Illustration: Fresque d'Herculanum (XIXe siècle) © Wikimedia Commons. Source: Bibliothèque des Arts Décoratifs, Paris, France.

Pensions à vie sur la sellette

FreysingerMaudet CoupEpingle19Oskar Freysinger et Pierre Maudet au cœur des débats sur "Les pensions à vie perçues par les membres des gouvernements". © wikimedia commonsLes pensions à vie perçues par les membres des gouvernements -tout comme avantages procurés par le statut des fonctionnaires dans beaucoup de pays, notamment en France voisine-, ont été conçues pour garantir l’indépendance des édiles et de leurs Services. Cette idée d’indépendance reflétait la conviction selon laquelle les représentants de la collectivité, quel que soit leur grade et leur fonction politiques ou administratives, transcendent les intérêts particuliers des citoyens. Serviteurs de la loi qui est faite, aux dires d’un Révolutionnaire de 1789, non pas pour le charcutier ou pour le tapissier, mais pour le citoyen, ils étaient supposés hors d’atteinte des récriminations a priori partisanes. Comme le disait l’article 75 de la Constitution de l’an VIII (1800): «nul fonctionnaire ne peut être tenu pour responsable de ses actes» car, à la manière des gouvernants, il est réputé n’être que le fidèle exécutant de la volonté générale.

Malheureusement, cette idéalisation de la fonction gouvernementale a beaucoup pâti des errements -vrais ou faux, relativisés ou gonflés par les médias- de nos dirigeants politiques. Certes, on est toujours surpris de voir réélus des politicien(ne)s précédemment condamnés par la justice; mais il n’empêche que «la femme de César» a peu à peu perdu sa virginité. D’autant plus que la culture dominante d’aujourd’hui fait spontanément passer l’intérêt personnel avant celui de la collectivité, au point que chacun considère les services de gouvernement avant tout comme un service qui lui est dû personnellement, indépendamment de l’intérêt d’autrui.

Cette érosion du sens de la collectivité permet d’expliquer que l’opinion publique trouve inappropriées les rentes à vie des anciens membres des gouvernements. Les cantons du Jura, de Fribourg et du Valais se préparent à supprimer les rentes pérennes des membres de leur gouvernement. L’affaire Maudet ayant chauffé les esprits, il est question pour le canton de Genève, de suivre le même chemin.
Je ne suis pas favorable à ce que se renouvelle dans les cantons helvétiques ce que les révolutionnaires français ont accompli durant la «nuit du 4 août», connu sous le nom de «l’abolition des privilèges». Car avant de parler de privilège à propos de la pension versée aux anciens gouvernants, il convient de voir si la contrepartie de cet avantage indéniable a été honorée, et si l’avantage acquis est proportionnel au service rendu. Quel fut le coût personnel du service rendu par le membre du gouvernement? coût familial et financier, bien sûr, auxquels il faudrait ajouter les coups reçus, psychologiques ou autres. C’est cela qu’il faut peser avant de trancher au nom de l’idéologie dont Robespierre fut le plus illustre et le plus tragique représentant.

Mariage de l'écologie et de la finance

EnvironmentFinances pixabayLa lutte pour le climat n’est pas qu’un effet de mode. L’arme des règlements contraignants se révélant souvent difficile à faire aboutir, celle des manifestations publiques se heurtant à l’inertie des élus, il reste l’arme de la finance. Déjà, dans certaines Assemblées générales d’actionnaires, des motions d’inspirations écologiques furent présentées, capables de sensibiliser les dirigeants de quelques grandes entreprises dont les activités contribuent à dégrader l’environnement. Du coup, en France, l’entreprise qui produit le plus d’électricité d’origine éolienne est EDF !

Les Fonds communs de placement forment ici la cheville ouvrière sans laquelle une telle stratégie financière est inopérante.

Dans cette ligne, plus immédiatement opératoire est l’activisme des Caisses de pensions. C’est ainsi que des personnalités romandes demandent à la Caisse de pensions de l’État de Vaud de n’investir que dans les énergies renouvelables et les entreprises respectueuses du climat. Jusque-là, je ne peux être que d’accord, sous réserve d’examiner de près non seulement le cœur de métier de ces entreprises, mais aussi les conditions de production d’amont et d’aval. Car les fournitures et l’entretient peuvent rogner les avantages écologiques affichés. On se souvient que les diatribes n’ont pas manqué autour du bilan écologique globale des éoliennes, comme autour des batterie lithium-ion qui nourrissent la plupart des téléphones portables et des voitures électriques. Mais je relativise ces discussions car, au fur et à mesure où le souci écologique se répand dans toutes les branches économiques, le bilan écologique globale de chacun des produits ne peut que s’améliorer.

J’épingle cependant une remarque émise par les personnalités vaudoises qui exigent que la Caisse de pensions de l’État de Vaud n’investisse que dans les énergies renouvelables, sans attendre le résultat d’une votation d’initiative populaire allant dans ce sens. Aux arguments écologiques s’est ajouté un argument financier: cela pourrait améliorer la performance.

Associer le souci écologique, qui relève de la morale sociale, avec l’appât du gain, qui relève de l’intérêt catégoriel, c’est une bonne tactique. Malheureusement, ce lien relève d’une affirmation sans fondement empirique. Certes, on peut toujours trouver des exemples particuliers où le souci écologique et un résultat juteux sont allés de pair pendant quelques années. Il est même possible de justifier par la théorie le lien probable entre les deux, sur le long terme. Mais le long terme peut durer plusieurs décennies, alors que la Caisse de pensions doit pouvoir payer régulièrement dans l’intervalle. Les résultats à court et à moyen terme -et les gestionnaires de la Caisse de pensions de l’État de Vaud ne peuvent pas l’ignorer- dépendent de circonstances complexes qui ne relèvent pas du seul souci écologique. D’ailleurs, si l’écologie était le critère dominant de la performance financière, il suffirait de laisser faire les financiers. Personne n’a envie de tenter l’expérience.

Morale de l’histoire: ne méprisons pas les actuels et futurs pensionnaires de l’État de Vaud au point de limiter leur motivation au seul résultat économique de leur Caisse. Eux aussi sont capables de miser sur le bien commun.

"20 Minuten" et l'impôt ecclésiastique

20Minuten Logo ab mai 2013Le 1er mai dernier, le quotidien gratuit alémanique 20 Minuten, sans doute pour honorer la gratuité, donnait des conseils à ceux qui voulaient se dispenser de payer leur «impôt ecclésiastique» sans toutefois avoir à renoncer totalement à ce que les sociologues nomment «les biens de salut» (disons les rituels et cérémonies religieuses).

D’après le journal, il semble aussi facile de quitter l’Église en ne payant pas son impôt ecclésiastique que de quitter certaines loges maçonniques en ne payant pas sa cotisation annuelle. D’autant plus que «dans certaines circonstances» précise l’article incriminé, il est encore possible de bénéficier gratuitement des services de l’Église.

À juste titre les Églises, particulièrement l’Église Réformée du canton de Zurich, ont protesté; car l’impôt ecclésiastique ne sert pas uniquement à payer les officiants des cultes et l’entretien des temples; il sert également à payer toute la formation du personnel ecclésiastique et, pour la plus grande part des versements, à financer les œuvres sociales dont l’utilité, contestée par personne -mais oubliée par le journaliste-, a été confirmée par des études diligentées par l’Université de Zurich.

J’ajoute deux sous dans la musique en épinglant ce qu’a de dissonant l’expression «impôt ecclésiastique». Un impôt est un prélèvement obligatoire. Certes, à la différence des prélèvements fiscaux, l’impôt ecclésiastique ne s’impose -c’est le cas de le dire- qu’aux membres de l’Église dans certains cantons (pas dans tous, et pas dans tous les pays). Or nul ne peut être contraint de faire partie d’une Église; c’est le b.a.-ba des droits humains. D’où la question de savoir s’il est légitime de bénéficier d’un service d’Église sans contribuer à son fonctionnement institutionnel.

20 Minuten ne se situe pas sur ce terrain de la «légitimité», mais sur celui de la pure «légalité» au sens du droit interne de l’Église; ira-t-on jusqu’à parler «d’abus de droit» dans la mesure où le journal incite ses lecteurs à jouer sur les subtilités de la règle pour chiper au passage quelques services gratuits. On peut en discuter.

En revanche, sur le plan de la légitimité, en dépit de ce que peut avoir de choquant cette pratique de self-service gratuit, il faut rappeler avec toute la netteté voulue que, du moins dans les Églises chrétiennes qui ont lu les Actes des apôtres, les «biens de saluts» -disons les sacrements, baptême, Cène pour les Réformés, et pour les Catholiques baptême eucharistie, confirmation, réconciliation, ordre, mariage et onction des malades- sont et doivent rester gratuits, sous peine de simonisme. (Le simonisme -du nom de Simon le pharisien qui voulait acheter auprès des apôtre les charismes de l’Esprit- consiste pour l’officiant à faire payer ce qui est un don gratuit de Dieu.) Quant aux actes non sacramentels (confirmation, mariage, funérailles, cure d’âme et œuvres caritatives pour les Réformés; funérailles, accompagnement spirituel et œuvres caritatives pour les Catholiques) ils relèvent du sens religieux de chacun. «Religieux» étant à prendre tant dans son acception ecclésiastique que civile -la solidarité qui s’impose surtout envers les laissés-pour-compte de l’Assistance publique-.

Nuisances au quartier des Eaux-Vives

GEV travaux© CEVA, Crédits: CEVA et Groupe 13.76, O. Zimmermann

Suite aux énormes travaux de la Nouvelle Comédie et du Léman express (le CEVA) les nuisances impactent sensiblement l’activité économique et commerciale dans le quartier des Eaux-Vives. Les démarches individuelles auprès de l’Administration se sont révélées vaines. Aussi, restaurateurs et commerçants se sont regroupés, espérant ainsi se faire entendre des pouvoirs publics. Le but étant d’obtenir quelques indemnités pour le préjudice subis. Las! Les autorités publiques se défaussent les unes après les autres, les SIG sur des CFF, les CFF sur la ville de Genève, la ville sur le canton. Mais ce ne sont là que des faux-fuyants. La véritable raison de fond(s), c’est que les travaux déclarés d’utilité publique ne sauraient donner lieu à indemnité pour nuisances privées, qu’en cas de «dommages considérables».

J’épingle le qualificatif «considérable». Il est vague et polyvalent. Comme le risque, son proche parent, le dommage considérable est relatif à la personne concernée. Considérable pour qui? Considérable pour quand? Les chiffres donnés par certains plaignants des Eaux-Vives sont effrayants. Que faut-il de plus pour honorer le qualificatif de «considérable» ? «Le tribunal appréciera» dira l’avocat, pendant que la partie adverse, celle du Maître d’œuvre au premier chef, se réfugiera derrière les impératifs du Maître d’ouvrage, l’Administration publique, qui l’enserre dans des contraintes budgétaires contractuellement négociées.

Ce drame économique né dans le quartier des Eaux-Vives à Genève met au jour le point aveugle de la politique, la contradiction souvent occultée par les responsables de l’Administration publique. Dans le meilleur des cas, avec bonne conscience et sans arrière-pensée, les politicien•e•s, ou encore toutes celles et tous ceux qui accomplissent leur devoir civique par la votation, pensent agir pour l’intérêt général, au point d’en oublier souvent que toute décision prise au nom de l’intérêt général impacte, positivement ou négativement, parfois successivement, des intérêts particuliers. C’est le lot de toute décision politique. Quand les acteurs publics en prennent conscience, ils le vivent souvent douloureusement. C’est ce qui fait à la fois la difficulté et la grandeur de l’engagement politique.

Pressions extérieures

Votations19Mai19Parmi les multiples projets soumis à la votation du dimanche 19 mai 2019, deux au moins procèdent d’une pression extérieure sur la Suisse. La loi sur les armes et la réforme fiscale liée, pour la circonstance, au financement de l’AVS.

J’épingle ce dernier paquet, connu sous le nom de réforme RFFA. Que la concurrence fiscale pour attirer les entreprises internationales soit mal vu de nos partenaires internationaux, cela est compréhensible; même si la manœuvre a souvent été utilisée par ceux qui la dénoncent aujourd’hui.

Ce qui l’est moins, c’est effectivement la différence de traitement fiscal selon l’origine de ces entreprises. Selon les données reprises par Le Courrier «certaines sont imposées à des taux très bas (11,6% de taux moyen à Genève, alors que les entreprises ordinaires sont imposées à 24,2%). Dans certains cantons, ce taux descend à 8%». En tenant compte des aménagements autorisés au nom des dépenses de recherche et de développement, une déduction supplémentaire de 50% au maximum sera possible, ce qui, finalement, conduira le taux d’imposition, variable selon les cantons, vers 13,79% déjà en vigueur pour les Vaudois, et 13,99% dans le canton de Genève.

Si dimanche prochain les Genevois -suivant la préconisation du Conseil d’État, des partis de droite (à l’exception de l’UDC) et des milieux économiques- acceptent cette réforme au niveau cantonal, les multinationales, taxées en moyenne à 11,6%, verraient leurs impôts augmenter, tandis que les entreprises suisses, taxées à 24,2%, les verraient baisser. Du coup, en 2020, le canton et les communes perdraient près de 230 millions de francs et jusqu’à 400 millions après cinq ans. Car, en parallèle, un impôt sur le capital des entreprises sera annulé progressivement. C’est pourquoi, pour ne pas contraindre le budget cantonal sans restreindre celui des ménages, les opposants préconisent une taxation générale des entreprises à un taux avoisinant 15 à 16 %.

Le plus surprenant se joue à mes yeux au niveau confédéral. Comme l’explique la chronique du Courrier «cette réforme devrait coûter 2 milliards de manque à gagner aux caisses fédérales. Dans le cadre d’un accord politique, la droite a accepté des mesures -principalement financées par une hausse des cotisations sociales et la TVA- pour un montant équivalent à injecter dans l’AVS. À gauche, seul le Parti socialiste suisse soutient cet arrangement.» Le chroniqueur précise avec juste raison «accord politique». Je n’en vois pas bien la cohérence économique ni l’esprit démocratique. Lier les deux dans une même votation, c’est vouloir contourner la démocratie. Rassemblant plusieurs objets dont aucun ne bénéficie d’une majorité assurée, on espère ainsi obtenir une majorité de circonstance. Ce n’est pas là l’esprit politique du «citoyen de Genève». Sauf à distinguer la volonté générale (incarnée par celle du Conseil fédéral ?) de la volonté de la majorité (celle du peuple) !

Notre image est issue de l'Information officielle diffusée  sur YouTube par le Conseil fédéral suisse sur la votation populaire du 19 mai 2019: Loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l’AVS (RFFA): l'https://youtu.be/CDWIEArFmEw

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
de Jean-Blaise Fellay sj

Le triptyque du quotidien
de Julien Lambert sj

La chronique de l'invité
des jésuites

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