Cette année, à cause de la pandémie, nous vivons un temps de Pâques très sombre: partout dans le monde et ici en Suisse, des personnes tombent malades, des personnes meurent, et les familles et communautés concernées ne peuvent être accompagnées, sont laissées seules avec leur deuil. Dans cette situation difficile, le message de Pâques vaut d’autant plus: la mort n’a pas le dernier mot; de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ jaillit une nouvelle dynamique de vie, qui brise le pouvoir de la mort. Ces jours sont aussi le temps de la fête juive de Pessa’h –en mémoire de la sortie hors de la détresse et de l’oppression. Dieu veut la vie!
Christoph Albrecht sj, responsable du Service jésuite des réfugiés en Suisse (JRS Schweiz), appelle toutes et tous les Helvètes à signer l'Appel de Pâques appelant le Conseil fédéral à poser dans ces prochains jours un signe clair, susceptible de sortir l’Europe de son impasse actuelle: il décide d’accueillir 5000 fugitifs des camps grecs comme requérants d’asile en Suisse.

La pandémie a suscité une grande vague d’entraide, de solidarité. Mais elle a aussi accentué les inégalités de par le monde:

les plus faibles dans la société sont aussi ceux qui sont les plus exposés au danger.

Cela se manifeste également dans le manque de solidarité à l’égard des fugitifs. Non seulement l’Évangile, mais aussi notre Constitution fédérale nous appelle à lutter contre ces inégalités, puisqu’elle mesure «la force de la communauté» au «bien-être du plus faible de ses membres.» (préambule). Dans notre pays, mais aussi globalement, personne ne doit être délaissé.

#LeaveNoOneBehind, tel est l’impératif du jour.

Actuellement, des dizaines de milliers de personnes vivent, dans des conditions indignes, sur les îles et la terre ferme de Grèce, dans des camps fermés et bondés. La forteresse Europe les expose à la faim, aux maladies, à la violence et à la mort, et la pandémie constitue un danger dévastateur de plus. S’il ne se passe rien tout de suite, nous laissons à la mort le dernier mot !

Par les accords de Schengen et de Dublin et par sa participation à Frontex, la Suisse est co-responsable de la misère dans la mer Égée. La Suisse fait partie de l’Europe, et il est grand temps de montrer de la solidarité, aussi avec la population grecque laissée pour compte. Par nos collectes de Pâques, nous aidons déjà sur place.

C’est pourquoi nous appelons le Conseil fédéral à poser dans ces prochains jours un signe clair, susceptible de sortir l’Europe de son impasse actuelle: il décide d’accueillir 5000 fugitifs des camps grecs comme requérants d’asile en Suisse.

Les capacités d’accueil sont données, et elles ne seront pas épuisées par l’arrivée d’un grand nombre de personnes accueillies directement de Grèce. Les moyens techniques sont à disposition. Partout en Suisse des villes, des communes et des paroisses, des organisations d’entraide ecclésiales ou non-ecclésiales peuvent accueillir et assister ces personnes. Nous sommes prêts et attendons de la part du Conseil fédéral un oui porteur d’espérance en faveur d’une solidarité avec les plus faibles qui soit généreuse et dépasse les frontières.

C’est la vie, et non la mort, qui doit avoir le dernier mot!

Appel de Pâques
Christoph Albrecht sj vous invite à signer ici cet appel de Pâques, en suivant ce lien: https://www.migrationscharta.ch/appel-de-paques-de-milieux-deglise-au-conseil-federal

 


Ci-dessous, le message œcuménique communiqué par la Conférence des évêques suisses, datée de ce 9 avril 2020

Pâques: Il faut un acte d’humanité

La situation des requérants d’asile sur les îles grecques est catastrophique et s’aggrave encore compte tenu de la pandémie de coronavirus. Les trois Églises nationales lancent un appel au Conseil fédéral pour demander que les groupes de réfugiés non accompagnés qui ont de la parenté en Suisse puissent être rapidement évacués dans ce pays. Face à l’extension de la pandémie, il n’y a pas de temps à perdre. Il faut agir vite, surtout en cette période pascale.

Des dizaines de milliers de réfugiés vivent sur les îles de la mer Égée dans des conditions indignes, dans des camps fermés et clôturés. L’infrastructure élémentaire en matière d’hygiène fait défaut, de sorte que la pandémie de coronavirus représente une menace terrible pour la vie de ces personnes. « Dans cette situation difficile, le message pascal donne du point de vue chrétien un signe d’espérance et de confiance : la mort n’a pas le dernier mot. Pâques offre au contraire une nouvelle dynamique de vie », relève Felix Gmür, président de la Conférence des évêques suisses CES. Dans cet esprit, les Églises apportent leur aide par des collectes et au travers de leurs œuvres engagées sur place.

Un acte d’humanité de la Suisse ne signifie pas faire cavalier seul dans la politique d’accueil des réfugiés

Le fait que l’Europe n’ait pas encore trouvé de réponse commune à la catastrophe des réfugiés ne décharge pas la politique suisse de sa responsabilité. En vertu des accords de Schengen et de Dublin, la Suisse assume aussi une part de responsabilité dans la situation des réfugiés et de la population locale. Une évacuation, ne serait-ce que d’un petit nombre de personnes ayant un lien avec la Suisse, serait donc absolument nécessaire. «Un acte d’humanité de la Suisse ne signifie pas faire cavalier seul dans la politique d’accueil des réfugiés en Europe», souligne Gottfried Locher, président de l’Église évangélique réformée de Suisse EERS. «En cette période pascale, la Suisse peut se montrer un modèle en Europe en termes d’humanité et d’attitude envers les réfugiés.»

La Suisse doit accueillir les requérants d’asile mineurs non accompagnés ayant un lien avec elle

Les trois Églises nationales appellent le Conseil fédéral et le monde politique à faire en sorte que les requérants d’asile mineurs non accompagnés (MNA) hébergés à Lesbos et dans d’autres lieux d’accueil de réfugiés soient rapidement regroupés avec leurs familles en Suisse. Jusqu’ici, seule une vingtaine de mineurs non accompagnés ayant de la parenté en Suisse ont été identifiés. Les chiffres réels des MNA sont cependant bien plus élevés. Il serait donc nécessaire que la Suisse officielle intensifie ses efforts pour identifier avec les autorités locales les personnes admissibles. «Nous appelons le Conseil fédéral à donner ces prochains jours un signe clair d’espoir et à accueillir en Suisse comme requérants d’asile ces jeunes réfugiés vulnérables et menacés vivant dans les camps grecs», demandent les trois Églises nationales dans leur appel de Pâques.

Les Églises et les particuliers sont prêts à apporter leur contribution

En de nombreux endroits en Suisse, des villes et des communes, des paroisses et des organisations d’entraide ecclésiales et non ecclésiales pourraient accueillir et prendre en charge ces personnes. La population Suisse l’a régulièrement montré par le passé lors de nombreuses initiatives et projets d’aide. Les Églises sont prêtes à le faire. Elles attendent du Conseil fédéral un oui porteur d’espoir en faveur d’un geste généreux pour le bien des plus faibles. «C’est la vie – et non la mort – qui doit avoir le dernier mot, car le message pascal d’espérance vaut pour tous les êtres humains » conclut Harald Rein, évêque de l’Église catholique chrétienne en Suisse.

Évêque Felix Gmür, Président Conférence des évêques suisses (CES)

Gottfried Wilhelm Locher, Président Église évangélique réformée de Suisse (EERS)

Évêque Harald Rein, Église catholique-chrétienne de Suisse

Les chroniqueurs

Le coup d'épingle
d'Etienne Perrot sj

Le point de vue
de Pierre Emonet sj

La méditation
de Bruno Fuglistaller sj

Le billet spirituel
de Luc Ruedin sj

D'hier à aujourd'hui
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