Entre le 22 et le 25 avril, les jésuites de Suisse, d’Autriche, d’Allemagne, de Suède, de Lituanie et de Lettonie qui formeront dès 2021 la future province d’Europe centrale (ECE) se sont réunis à Schwäbisch-Gmünd, en Allemagne. Pascal Meyer, jeune jésuite suisse œuvrant à Genève au sien de JWL (www.jwl.org) en faisait partie. Il nous livre ses impressions et réflexions.

Il semble que les jésuites aient choisi de résider à l’hôtel «Schönblick» pour son atmosphère de recueillement et de piété. À moins que cela ne soit pour une raison bien plus pragmatique, le lieu offrant la possibilité de célébrer une messe pour presque 200 personnes.

Sur les 190 participants au symposium, vingt-cinq jésuites suisses représentaient notre province. Pendant trois jours et demi, nous nous sommes efforcés de discerner sur les différents défis qui attendent la future province «Europa Centralis-ECE». L’un des sujets principaux de réflexion a été la mise en œuvre des nouvelles préférences apostoliques de la Compagnie qui ont été publiées au mois de mars dernier.

Pour expliciter le propos et présenter l’une des manières de répondre à plusieurs Préférences apostoliques dans un même projet commun, j’ai parlé de l’association pour laquelle j’œuvre depuis plusieurs mois: «Jesuit Worldwide Learning – Higher Education at the in Margins». L’éducation proposée par JWL aux hommes et aux femmes dans des régions en crise peut en effet être l’une des réponses aux Préférences apostoliques posées par le P. Général. Pourquoi? Parce que ce projet combine plusieurs aspects importants: il s’adresse aux jeunes qui, dans la grande majorité des cas, sont confrontés à la pauvreté et de ce fait n’ont pas une conscience écologique aiguë. Éduquer permet de modifier la vision du monde et de sensibiliser sur des mesures à prendre pour préservation l’environnement. Comme le prône JWL: «Apprendre ensemble transforme le monde».

Les questions écologiques sont au centre de nos préoccupations: comment pouvons-nous réagir en tant que jésuites aux défis posés par le réchauffement climatique? Quel impact a notre manière de vivre dans les communautés? Gaël Giroud sj, un jésuite français, a présenté différentes hypothèses quant aux conséquences d’un réchauffement climatique non maitrisé. Ces scénarios n’ont laissé personne indifférent tant ils choquent par leur importance et leur gravité. Mais un choc peut-il changer la donne en profondeur et contrer la «tyrannie de la commodité»?

Durant les trois jours du symposium, nous avons beaucoup parlé des Préférences apostoliques liés à l’éducation, au social et à la spiritualité. Chaque présentation a été suivie d’une discussion nourrie, par petits groupes, pour favoriser les échanges d’opinions et d’idées. Certains groupes ont révélé que cela leur avait permis de mieux se comprendre entre compagnons.

L'un des point culminant du symposium a été la messe solennelle du mercredi durant laquelle le Père Claus Pfuff sj, directeur du Service Jésuite des Réfugiés (JRS), a prononcé ses derniers vœux. Johannes Siebner sj, le provincial d’Allemagne, a rappelé dans son homélie qu’il était important de bien écouter la voix de Dieu dans la vie et d’être attentif à son appel.

Rencontres fraternelles

Ce qui pour moi a été très important durant ce symposium, ce sont les rencontres avec les autres scolastiques des différentes provinces. Les échanges personnels sont -à mon avis- l'une des conditions essentielles pour garantir un avenir harmonieux à la future province ECE.

A l'issue de l'événement, on est en droit de se demander si quatre jours de symposium sont suffisants pour discerner sur des Préférences apostoliques qui devront être poursuivies par nous tous, notamment quand il s’agit de débattre des grands défis qui se posent à nous comme les questions liées à l’écologie ou au rôle des institutions dans nos provinces. Pour les Allemands notamment, la question des vocations est cruciale et urgente : pour le moment leur nombre n'est pas suffisant pour imaginer maintenir en l'état toutes les maisons de retraite ou bien encore les écoles supérieures du pays.
Une autre question cruciale qui se pose à tous les jésuites, c’est la relation de la Compagnie et de ses membres à la jeune génération. Est-ce que nous, jésuites, arrivons vraiment à capter l’attention des jeunes et à entrer en communication avec eux? Quels sont les valeurs autour desquelles nous pouvons nous rencontrer? Comment susciter de l’intérêt pour une vie au sein de la Compagnie ?

Certes, de nombreuses questions persistent et semblent même parfois insolubles. Pourtant, je veux rester optimiste. Les grands défis auxquels nous devons faire face, nous devons les aborder avec espoir, à l’image de ces fêtes de Pâques que nous venons de célébrer, cette résurrection du Christ qui nous appelle à l’espérance.

Pascal Meyer sj

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