Les chroniques

Quel regard portent les jésuites sur l'actualité culturelle, économique, politique, vaticane, sociale ou bien encore médiatique ?
Faites-vous votre opinion en suivant leur chronique régulière. Et faites-leur part de vos réactions !


Cheminer avec...

Lassalle-Haus (ZG)/Adliswil (ZH), avril 2021 – Responsable du Service jésuite des réfugiés (JRS) de Suisse, Christoph Albrecht sj cheminait, hier en pèlerinage, en compagnie de deux demandeurs d’asile qui avaient fui l'Iran. «Tous deux ont des racines musulmanes mais ne font pas le Ramadan. Un jeune Éthiopien musulman qui voulait aussi venir marcher avec nous et qui nous a accueillis dans le camp d'urgence d'Adliswil, avait abandonné l’idée après avoir réalisé que la randonnée serait trop longue sans nourriture et sans une goutte d'eau à boire.» Une décision respectable. «Après tout, il sait ce que cela signifie d'être en route sans nourriture ni eau, ayant lui-même traversé le Sahara à pied à travers le Soudan et la Libye», explique le Père Albrecht.

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Plaidoyer pour la nuance

Par Étienne Perrot sj - Le président du Conseil d’administration de la SSR annonce, sur un ton qui semble n’admettre aucune réplique, la «tolérance zéro» en matière de harcèlement. Le mythe de la pureté a encore frappé! De même lorsque Joe Biden prétend que «la Russie ne détient aucune solution aux problèmes du monde». Aux vues de l’Afghanistan, de l’Irak, du Proche-Orient après le Vietnam –sans parler de la culture américaine qui n’a rien d’idéal– on pourrait porter un jugement analogue sur les États-Unis. Mais je m’en garderai bien; ce serait tomber dans ce que je dénonce.

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Étude, foi, questionnement et repas «écolo» à Zurich

Depuis plus de 100 ans, les jésuites gèrent l’aumônerie catholique universitaire (aki) de Zurich. Située en dessous de l'École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), l'une des plus importantes universités techniques d'Europe avec l’EPFL de Lausanne, la maison de l'aki dispose d'un jardin calme au milieu de la capitale économique de la Suisse. La ville accueille tous les ans des étudiant(e)s et des enseignant(e)s du monde entier. Ce sont elles et eux qui forment notre communauté universitaire catholique zurichoise. Aux côtés des jésuites, les jeunes explorent le trio «étude, foi et questionnement» lors d’ateliers, de randonnées, en célébrant l'Eucharistie ou bien encore en priant. Autre particularité importante de l'aki: le déjeuner ici est estampillé anti-gaspillage -no food waste- cuisiné une fois par semaine avec des restes, sur l'instigation de Silvia Berchtold, collaboratrice de l'aki et musicienne. 

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La résurrection ou le refus du confinement (Lc 24,35-48)

Même s’il se manifeste à travers un corps qui échappe aux lois connues de la physique, le Ressuscité n’est pas un pur esprit. Il est bel et bien une présence dans un monde qui ne se limite pas à sa matérialité. Celui qui fut crucifié et maintenant ressuscité ne rejoint pas les disciples pour les ramener au bon vieux temps, comme un club d’anciens combattants qui se consolent en évoquant des souvenirs d’autrefois. Il vient les arracher à leur enfermement, et leur confier une mission et les poussant à sortir vers le grand large: qu’ils ne restent pas à pleurer au bord d’une tombe dans le culte d’un mort.

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Un silence qui initie le mouvement

Située au cœur de la Suisse, l'institution Lassalle-Haus Bad Schönbrunn est un centre de spiritualité, de dialogue et de formation. Construit en 1968 dans un design harmonieux, il a été largement rénové en 2015.  «Le silence fait bouger» est l'expérience centrale des quatre voies spirituelles de la maison: le zen, les retraites, la contemplation et le yoga. Ceux qui veulent suivre leur chemin intérieur trouveront à Bad Schönbrunn une riche offre de retraites pour quelques jours, une semaine, ou même pour plusieurs mois.
Le centre offre environ 200 sessions de cours par an. Situé dans le cadre idyllique du parc pré-alpin suisse, il est aussi un hôtel de séminaires pour des réunions loin de l'agitation de la vie quotidienne. À Lassalle-Haus, des personnes d'origines culturelles et religieuses différentes se rencontrent.
La pasteure Noa Zenger, qui vit dans la maison depuis 2016 et fait partie de l'équipe de direction avec les jésuites, raconte. À voir et écouter ci-dessous.

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Une pause de midi musicale à l'église jésuite

L'église jésuite du centre de Lucerne est la première grande église baroque de Suisse. Sa première pierre a été posée en 1666. Construite en tant qu'église du collège jésuite, elle a été placée sous la responsabilité du canton de Lucerne en 1773, à la suite de l'abolition de l'ordre. Puis, avec l'interdiction de la Compagnie de Jésus en Suisse en 1848, les Pères ont dû renoncer à leurs activités notamment d'aumôniers d’université dans la métropole de la Suisse centrale.
Depuis 2006, un jésuite agit à nouveau sur place. L'église Saint-François-Xavier est d'un grand charisme. L'édifice baroque situé au bord de la Reuss accueille chaque mercredi les sermons des professeurs de la faculté de théologie et la musique d'église proposée en collaboration avec l'école de musique de Lucerne. Ces sessions attirent les gens loin à la ronde. Quiconque  cherche à s'asseoir pour échapper à l'agitation de la vie quotidienne pendant un moment est le bienvenu aux sessions de MittWortsMusik.
Ici, vous accédez à la visite virtuelle en ligne et à la visite via application.

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Mort du prince Philip

La mort (à 99 ans) du prince Philip, l’époux de la reine d’Angleterre, dont il porte le nom, a libéré, dans toutes les rédactions du monde entier, un flot de rétrospectives et de commentaires. Les «veaux froids», ces articles pré-rédigés et cent fois digérés en vue d’un événement inéluctable (la mort) concernant une personnalité marquante, ces textes écrits de longue date et conservés précieusement dans les salles de rédaction, disent tous, aujourd’hui, la même chose. Cet ancien héritier présomptif du trône de Grèce, issu d’une lignée qui se perd entre la Russie des Tsars, l’Allemagne des chanceliers et les rois de Grèce, était surtout connu des médias par son humour froid, ses jeux de mots douteux, ses gaffes calculées, sa rigueur morale qu’il tenta vainement d’imposer à ses enfants, et surtout sa tendre fidélité envers son épouse la reine Élisabeth II d’Angleterre. «Il est mon plus fidèle soutien», disait celle-ci.

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Le saut de la foi (Jn 20,19-31)

L’erreur de Thomas est d’avoir confondu la résurrection avec la réanimation du cadavre de Jésus. Pour croire à la résurrection, il exigeait de retrouver le corps physique de ce Jésus avec lequel il avait arpenté les routes de Palestine autrefois, de le toucher, d’avoir des preuves matérielles de sa présence. Comme si la résurrection devait être la remise en circuit des cellules, de la chimie et de la physiologie de celui dont il avait partagé la vie terrestre. En d’autres mots, le passé réactualisé, rendu présent.

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Nous avons tous une vocation à suivre

La vie n'est pas toujours facile et on a parfois besoin d'un temps de répit. Mais même lorsque tout va bien, «L'atelier du futur», géré par les jésuites d'Innsbruck, en Autriche, offre un espace où l'on peut se ressourcer et se recentrer. Situé au milieu des montagnes tyroliennes, le Zukunftswerkstatt en allemand est un lieu où les jeunes adultes sont invités à prendre le temps de faire le point sur leur vie, de se poser des questions importantes pour leur avenir, lors de retraites et de temps de prière. Bien que «L'atelier du futur» soit une proposition d'une communauté religieuse catholique, ses programmes s'adressent à toutes les femmes et tous les hommes âgés de 18 à 30 ans, quelle que soit leur foi ou leur origine ethnique. En plus des jésuites, on y rencontre des jeunes gens venant d'Autriche, du Tyrol du Sud, d'Allemagne ou de Suisse qui remplissent de vie l'établissement.

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Rencontrer Dieu en prison à Graz

Le travail d'aumônier dans les prisons a toujours été l'une des tâches les plus importantes de la pastorale. Dans la Bible, c'est l'une des sept œuvres de miséricorde. Les aumôniers dans les prisons sont là pour les détenus, mais aussi pour le personnel. Ils célèbrent les services religieux et dialoguent avec les prisonniers. Pendant leur incarcération, ces derniers ont du temps pour réfléchir à leur vie et ont besoin d’écoute. De nombreuses questions et problèmes remontent à la surface et ils peuvent ainsi les partager dans un climat de confiance. L'aumônier des prisons les aide à se réconcilier avec leur vie tout comme avec Dieu. Le Père Johannes König sj nous donne un aperçu de son travail dans les prisons de Graz, en Autriche. Il nous fait part de ses rencontres et de ses pensées en ce dimanche de Carême en prison.

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Vins suisses pour les fêtes pascales

L’expression «fêtes pascales» (comme –voici trois mois– le mot Noël) connote un sentiment d’euphorie. Familles et amis baignent dans une ambiance de fête. La fête est un moment où les hiérarchies sociales et familiales s’estompent, où les parents pardonnent facilement les bêtises de la marmaille, où l’on dégrade le protocole sans trop y penser, où l’on peut trinquer avec sa cheffe de service sans avoir trop à se tenir sur ses gardes, où l’on peut sans crainte se laisser aller à ses inoffensifs penchants refoulés.

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Locugee crée du lien entre locaux et réfugiés à Vienne

En mai 2018, le Service jésuite des réfugiés (JRS) de Vienne Lançait le projet de logement «Locugee», transformant une ancienne colocation pour deux réfugiés syriens en un projet de logement hébergeant quinze personnes issues de huit pays. Ce n'est pas seulement par son nom que «Locugee» met en relation les habitants (locals) et les réfugiés (refugees): «Son idée centrale et de faire vivre ensemble des réfugiés et des autrichiens du même âge pour qu’il se lient d'amitié, se serrent les coudes et apprennent les uns des autres», explique le Père Martin Rauch sj.
À «Locugee», des jeunes qui sont arrivés en Europe sans soutien familial retrouvent un foyer. D'une part, cela favorise leur processus d'intégration. D'autre part, cette approche renforce la compréhension et l'empathie de la population locale à l'égard des réfugiés.

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«On ne voit bien qu’avec le cœur» (Jn 20,1-9)

Par Pierre Emonet sj - La nouvelle de la résurrection de Jésus n’a pas déchiré la nuit comme un éclair dissipant les ténèbres. Les récits qui retracent la vie de la première communauté chrétienne le matin de Pâques ressemblent plus à une chronique du scepticisme qu’à l’exubérance d’une bonne nouvelle.

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La passion de la musique à Linz

Quel plaisir de rencontrer le Père Werner Hebeisen sj à Linz qui nous parle de sa grande passion pour la musique. Depuis son enfance, elle est présente dans tous les domaines de sa vie et de son travail: «Je suis né en 1952 dans la région d'Innviertel, en Haute-Autriche. J'ai commencé à apprendre le violon à l’âge de neuf ans. Depuis mes seize ans, je joue aussi de la guitare et j'écris des chansons. Je suis entré chez les jésuites en 1983. Outre mon engagement pastoral à l'église d'Ignace, communément connue dans le monde comme la vieille cathédrale, et à l'hôpital religieux de Linz, je suis un musicien passionné. En 1994, j'ai produit mon premier CD avec mes propres chansons. Depuis, j'ai appris à jouer d'autres instruments et j'ai composé d’autres morceaux de musique.»

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Unterhaching – Une communauté de seniors au nom illustre

La communauté Pedro Arrupe à Unterhaching, près de Munich, héberge 16 jésuites, dont 14 confrères âgés et demandant des soins spécifiques. La maison de retraite est gérée par les Sœurs de la charité qui œuvrent dans le domaine des soins infirmiers dans le monde entier. Après la seconde guerre mondiale, seules les religieuses étaient admises. À cette époque, les jésuites qui avaient besoin de soins étaient pris en charge par le collège Berchmans, à Munich, jusqu'à ce qu'ils soient autorisés à rejoindre les Sœurs de la charité dans les années 90. Ce fut le début de la communauté d'Unterhaching. Les jésuites y vivent côte à côte dans une aile de l'établissement. Ils ont leur propre salle commune et une petite bibliothèque. Ils peuvent célébrer la messe quotidienne entre eux, ou avec les sœurs de différentes communautés et des chrétiens du village. Le bâtiment fait actuellement l'objet d'une importante rénovation.

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Munich - La philosophie pour outil de réflexion

À quoi ressemble un système économique juste? Où se situent les limites éthiques de la médecine? Quelles sont les réponses valables aux défis de la numérisation et de l'Intelligence Artificielle? Et quel rôle jouent la religion et la spiritualité dans un monde globalisé imprégné de diversité culturelle?

22 HfPh Munich EingangCes questions parmi d'autres, les étudiants de l'École supérieure de philosophie de Munich se les posent. Dirigée par la Compagnie de Jésus, la HfPh est une université reconnue par l’État. Elle est située au milieu du quartier étudiant, entre l'Université Ludwig Maximilian et le Englischer Garten (le grand Jardin anglais munichois). Conçue à l'origine comme un centre d'éducation pour les jésuites, la HfPh est ouverte à tous les étudiants depuis les années 1970, indépendamment de leur religion, de leurs opinions politiques ou de leur origine sociale. Sur les quelque 600 étudiants, la moitié sont des femmes.

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«Oui vraiment, cet homme était le fils de Dieu!»

Nous voilà donc entrés dans la semaine de la Passion. «Ne rajoutons pas trop vite: et de la Résurrection. Ce sera pour le jour de Pâques, mais avant, il y a dans le texte de Marc cette entrée à Jérusalem et l’acclamation de joie sur le passage du “fils de David“», rappelle archéologique et exégète de la communauté de Montcheuil, Bernard Livio sj. S'il propose le texte prévu en début de liturgie en ce dimanche des Rameaux (ci-dessous), c'est qu'il n'est pas certain que vous l’entendiez, puisque toute procession a été interdite. «Même à Jérusalem: je viens de recevoir un message de là-bas, me disant que la procession n’aura pas lieu à travers les rues de la ville, en descendant depuis le mont des Oliviers pour traverser le vallon du Cédron et remonter jusqu’à la Porte des Lions et l’église Sainte-Anne. Comme chaque année, elle réunissait des milliers de fidèles, des communautés religieuses du pays, des pèlerins de passage, et … des curieux. J’ai aimé y participer chaque fois que je le pouvais - sauf les années où le gouvernement d’occupation interdisait la manifestation. Cette année, il semble que ce soit le covid-19 qui a gagné!»

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Encore un problème de rémunérations de dirigeants de régies publiques

Jeudi dernier, le Mouvement Citoyens genevois (MCG) a déposé au Grand Conseil de la République et Canton de Genève un projet de loi visant à limiter le montant de la rémunération des directeurs de régie publique. Les arguments pour et contre sont bien connus, de même que les courants politiques qui soutiennent le projet ou s’y opposent. Le problème n’est pas nouveau et il est bien argumenté.

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Éduquer les élèves à devenir des personnes responsables

Depuis plus de 1000 ans, Saint-Blaise abrite un établissement d'enseignement catholique. L'impressionnant bâtiment -autrefois un important monastère bénédictin- est depuis 1934 le collège jésuite de Forêt-Noire (Allemagne). Agréée par l'État, l’école comprend un pensionnat pour les filles et les garçons. La Cura personalis, -soit l’attention portée à l’individu comme personne unique, avec une vocation, un appel, une mission propre et irremplaçable- est caractéristique de la pédagogie ignatienne. C'est pourquoi les enseignants veillent quotidiennement non seulement aux performances des élèves, mais aussi à leur développement personnel. Le collège offre un large éventail d'activités permettant de renforcer les talents. Le profil particulier du collège comprend aussi un engagement social fort. Dans toutes les classes, les élèves apprennent à être «des humains au service des autres».

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L'humain au centre des préoccupations à Ludwigshafen

Apprendre et échanger, se rencontrer, réfléchir et développer des perspectives en groupe - la Heinrich Pesch Haus de Ludwigshafen est un établissement de formation continue et un centre de rencontre pour les acteurs sociaux. C'est ici aussi qu'est installé le Centre de pédagogie ignatienne (Zentrum für Ignatianische Pädagogik – ZIP).  Dans la tradition ignatienne, nous sommes convaincus que chaque personne peut et doit trouver sa propre voie afin de grandir en tant que personne. C'est pourquoi le ZIP a développé un programme de formation continue qui offre aux professionnels de la pédagogie une orientation dans leur travail. Quelle est la situation actuelle dans les écoles? Comment se passe l'enseignement à distance? Qu'est-ce qui aide les élèves à apprendre? Le directeur du ZIP, le Père Tobias Zimmermann sj, et la coach d'apprentissage scolaire Caroline von Saint Ange tentent des réponses.

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Éthiques scientifiques et politiques

«Sous son allure scientifique, la plateforme Réinfocovid.fr énonce des contre-vérités sur les manières de lutter contre le coronavirus. Les auteurs se présentent comme un collectif de soignants et de médecins, et plusieurs sont en Suisse.» Cette annonce parue dans Le Temps d’aujourd’hui (samedi 20 mars 2021) pose, une fois encore, le problème de l’autorité scientifique et de ses méfaits médiatiques et politiques. Depuis un an, se succèdent dans les médias des hommes et des femmes bardés de diplômes, médecins, biologistes, épidémiologistes. Du haut de leur savoir régional, ils parlent tous avec autorité et usurpent la fonction politique. Certes médecins et personnel soignant peuvent et doivent alerter les autorités politiques – éventuellement en investissant la sphère médiatique. Le principe de subsidiarité l’exige, comme d’ailleurs ce que les théologiens de la Renaissance nommaient la «justice légale».

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Une porte ouverte sur une oreille attentive à Mannheim

La ville allemande de Mannheim est le centre économique et culturel de la région métropolitaine Rhin-Neckar qui compte plus de deux millions d'habitants. Le Père Markus Franz sj, la septantaine flamboyante, est le supérieur de la communauté jésuite de Mannheim. Depuis août 2020, il est également le directeur de la Porte ouverte, une structure qui propose conseils et soutien à ceux qui sont en détresse émotionnelle. Il raconte les débuts de sa nouvelle activités apostolique en pleine pandémie de coronavirus.

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Quand Jésus se présente (Jn 12,20-33)

Impressionnés par les miracles et l’enseignement de Jésus, ces gens veulent le voir. Parce qu’ils sont des Grecs, ils nous entrainent au-delà du monde juif, vers un horizon plus largement ouvert, l’universalité du salut. Que prétendaient-il en demandant de «voir» Jésus? Faire la connaissance d’une personnalité hors du commun? Sans doute n’imaginaient-ils pas que Jésus allait leur ouvrir les arcanes les plus profondes de sa personnalité. Il les entraine jusqu’au point décisif de son existence, son «heure», ce moment unique où, dans un seul mouvement, se trouve ramassé tout ce qu’il est, tout ce qu’il vit, tout ce qu’il pense. Le seul portrait authentique qu’il présente à ceux et celles qui le questionnent sur son identité: mourir pour porter du fruit, accepter de se donner, de sortir de soi, pour vivre et faire vivre. Je est un autre, a dit le poète. Si cela reste encore théorique pour ces Grecs, ils le comprendront mieux lorsque «l’heure» de la mort et de la résurrection aura sonné.

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Pédagogie électronique

par Étienne Perrot sj - Voici un an, le 13 mars 2020, le Conseil fédéral décidait, -outre une restriction quant à la fréquentation des restaurants et des grandes manifestations, la fermeture des écoles. En Suisse comme dans la plupart des pays qui ont pris une semblable mesure, les enseignants ont réalisé le tour de force d’adapter leurs moyens électroniques et leur pédagogie, de manière à ne pas laisser en jachère les jeunes intelligences. Au terme d’une année, le bilan de ces adaptations reste médiocre. Les espoirs placés dans ces moyens pédagogiques up to date se sont révélés, à l’usage, moins efficaces qu’espéré, tout en exigeant des enseignants un effort supplémentaire d’adaptation. La gratification la plus noble -celle du plaisir d’enseigner et de voir grandir l’intelligence des élèves- fut rarement au rendez-vous. Maigre fut la compensation de pouvoir travailler chez soi. À quoi s’est ajouté une frustration soulignée par les sociologues: ici comme dans le domaine économique, la pandémie a creusé les écarts entre les enfants selon leur contexte familial, culturel et social.

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Au-delà du signe, la réalité signifiée (Jn 3,14-21)

Dans sa longue marche vers la terre promise, le peuple avait récriminé contre Dieu. Le châtiment ne s’était pas fait attendre: des serpents à la morsure mortelle avaient fait des ravages. Repentis, Dieu leur avait pardonné. Le signe de sa miséricorde était un serpent dressé au sommet d’un mât, l’ancêtre du caducée des pharmaciens ! Qui le regardait, échappait à la mort. Pour éviter toute superstition, le livre de la Sagesse précise: «celui qui se tournait vers ce signe était sauvé, non pas à cause de ce qu’il regardait, mais par toi le Sauveur de tous» (Sg 16,7). Au-delà du signe, la réalité signifiée. L’évangéliste Jean y voit une préfiguration du Christ en croix.

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La paroisse Saint-Ignace de Francfort innove

Saint-Ignace est l'église jésuite du centre-ville de Francfort. Ensemble, lors du premier confinement dû au coronavirus, jésuites et paroissiens ont expérimenté de nouvelles formes -interactives- de culte, et ce afin de continuer à se rassembler et permettre à la communauté de rester soudée. De la joie de l'improvisation est née une variété de propositions qui offrent de nouvelles perspectives pour aujourd'hui comme pour l’après Covid. Le Père Bernd Günther sj, recteur de l’église Saint-Ignace et délégué pastoral de la nouvelle province jésuite d'Europe centrale, nous emmène et nous fait découvrir toute la créativité dont la paroisse de Francfort fait preuve.

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L'Aloisiuskolleg à Bonn s'engage contre le harcèlement

L'Aloisiuskolleg -Collège Aloisius- est une école catholique pour filles et garçons entre 10 et 18 ans. Alors pourquoi ce nom de Kolleg? Par tradition. Au XVIe siècle déjà, les jésuites appelaient toutes leurs écoles "Kolleg" ou Collège. En tant que communauté religieuse nouvellement fondée, ils souhaitaient dès le début associer une bonne éducation scolaire à une éducation holistique de qualité, c’est-à-dire qui intègre les dimensions physique, émotionnelle, cognitive et de sens de l’être humain, sans omettre la créativité. Tout cela dans le but d'aider les élèves à devenir «des humains au service des autres».  Dans ce contexte, il est particulièrement  importante, pour offrir une bonne qualité d'enseignement, de lutter activement contre toute forme de harcèlement à l'école. Annalena Scholz (enseignante et chargée de prévention) et Viktoria Streicher (élève de 9e année et médiatrice lors de conflits) expliquent comment l'Aloisiuskolleg s'engage pour un climat scolaire serein à Bonn.

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Savants et politiques

Par Étienne Perrot sj - La pandémie de la Covid-19 a fait émerger un vieux problème, celui que le sociologue Max Weber, voici plus d’un siècle (1919), avait traité en deux conférences publiées sous le titre Le savant et le politique. L’idée paraît simple, mais la pratique difficile. L’idée simple est que celui qui sait (le savant) n’a pas le pouvoir, celui qui détient le pouvoir (le politique) ne sait pas. C’est pour résoudre ce dilemme que Platon, quatre siècles avant notre ère, proposait, dans La République, de confier le pouvoir politique à «ceux qui savent». L’expérience de ce type de technocratie montre que le résultat n’est pas souhaitable.

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Religion et affaires, un mauvais ménage (Jn 2,13-25)

Par Pierre Emonet sj - La scène n’est pas banale, déconcertante même. Celui que Renan appelait le doux rêveur de Galilée, pique une belle colère. Dans un des quartiers du Temple, le parvis des Gentils, Caïphe avait installé un marché de produits garantis casher: du bétail et des volailles pour les sacrifices, des bureaux de change pour se procurer la seule monnaie autorisée dans le périmètre sacré. Ce commerce engendrait pas mal de profit, surtout durant la haute saison, la période de la Pâque juive, lorsque les sacrifices dopaient le chiffre d’affaires.

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Hildebrand

«Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.» Je suggère à Philipp Hildebrand d’appliquer la devise de Guillaume le taciturne, prince d’Orange. Jeudi dernier 25 février 2021, l’ancien président de la Banque nationale suisse (BNS), actuel vice-président de BlackRock, vient de retirer sa candidature au poste de Secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, qui regroupe trente-sept parmi les principaux pays industrialisés). L’OCDE avait pris la suite de l’OECE (Organisation européenne de coopération économique) qui, après la guerre, avait été chargée de répartir l’aide Marshall. Ses compétences largement reconnues, et l’encouragement de la Confédération, avaient permis à Philipp Hildebrand de franchir les trois premières étapes de la sélection préalable au poste convoité. Mais en fin de course, seuls trois pays soutenaient sa candidature, la Suisse, bien sûr, mais aussi l’Autriche et le Luxembourg.

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