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Un nouveau directeur international a été nommé à la tête du Service Jésuite des Réfugiés (JRS). Thomas Smolich sj entrera en fonction le 1er février en 2015. « Je suis à la fois honoré et reconnaissant que le Père Général m'ait donné cette mission car le JRS parle au cœur de l'identité jésuite et de notre mission en tant que jésuites. Cela revient à aller là où les besoins sont les plus grands. », s'est-il exclamé !

Balleis et Smolich JRS 39727L'actuel Directeur International, le père Peter Balleis sj (à gauche) aux côtés du futur Directeur International, le père Tom Smolich sj (à droite).
Photo: Christian Fuchs/Service Jésuite des Réfugiés

Depuis huit ans, Tom Smolich - le président de la Conférence Jésuite des Etats-Unis - s'est rendu aux quatre coins du monde en tant que représentant des Jésuites américains auprès de la Compagnie de Jésus. En tant que futur Directeur International du Service Jésuite des Réfugiés (JRS), le père Smolich devra ajouter de nouvelles pages à son passeport.

En 2015, cela fera 35 ans que le JRS, fondé en 1980 par le père Pedro Arrupe, le Supérieur Général de la Compagnie de Jésus d'alors, accompagne, sert et défend les droits des réfugiés et autres personnes déplacées de force. Le Bureau International se trouve à Rome et il y a dix bureaux régionaux dans le monde. L'organisation compte plus de 1800 personnes engagées et volontaires, dont 70 jésuites, et répond, chaque année, aux besoins de 950'000 réfugiés. Outre les services en matière de santé et d'éducation, le JRS propose chaque année, des services dans l'éducation formelle et informelle – de la maternelle à la formation professionnelle en informatique, sans oublier les cours de langue – à quelque 280.000 enfants, jeunes gens et adultes.

Du fait de leur travail dans des régions déchirées par la guerre, les employés et les volontaires du JRS se trouvent souvent en première ligne dans les conflits mondiaux. En juin, le père Alexis Kumar sj, Directeur d'un JRS de pays, a été enlevé en Afghanistan. On ne sait toujours pas ce qu'il est devenu. Le père Smolich reconnaît que « l'on fait souvent appel à l'Eglise pour des missions dangereuses. Je pense que chacun doit s'y préparer du mieux qu'il peut, tout en prenant conscience que c'est là que nous sommes appelés à aller – sur les frontières – et les frontières sont parfois des lieux dangereux. »

Cette semaine, après avoir démissionné de son poste de président de la Conférence jésuite, le père Smolich commencera une session de cinq mois à la Faculté de Théologie Jésuite de l'Université de Santa Clara à Berkeley, Californie. Il y étudiera le Français et travaillera sur divers projets. Le père Smolich qui maîtrise déjà la langue espagnole espère acquérir des compétences en Français et en Italien avant de commencer sa nouvelle mission.

Une année pour s'imprégner
Pour se préparer à son nouveau poste, le père Smolich commencera l'année 2015 au sein du JRS dans la partie orientale du Congo, où il travaillera auprès des Congolais déplacés et des réfugiés du Rwanda et d'autres pays de l'Afrique centrale. Il sera intégré dans l'équipe du JRS sans savoir exactement ce qu'il devra faire car, précise-t-il, « cela dépendra de la qualité de mon Français. »

En mai 2015, il se rendra au Liban pour travailler avec le JRS du Moyen Orient, à ce jour la plus grande région où se trouve le JRS. Ill aidera à répondre aux besoins des personnes déplacées à l'intérieur de la Syrie et des réfugiés qui se trouvent à Beyrouth, Liban, et à Amman, Jordanie.

L'été prochain, il se rendra à Rome pour apprendre l'Italien et pendant l'automne 2015 il travaillera côte à côte avec le père Peter Balleis sj, le directeur sortant du JRS. Une fois aux commandes du Service Jésuite des Réfugiés en tant que Directeur International, il fera de nombreux voyages, et se rendra chaque année dans chacune des 10 régions du JRS pour visiter les projets.

Le père Balleis sj a déclaré : «Au cours des dix années passées le JRS a doublé en taille. Le père Smolich est l'homme idoine pour nous guider dans cette période de croissance continue étant donné son engagement de toujours dans les questions sociales. Il comprend le JRS et ce qui nous motive, l'importance de l'accompagnement et notre proximité avec les réfugiés. Le temps qu'il passera avec le personnel du JRS sur le terrain avant qu'il ne prenne son poste de Directeur International à Rome lui permettra d'expérimenter l'amour et la compassion qui animent nos projets. »

D'une paroisse latino au JRS
Ordonné en 1986, le père Smolich a d'abord été envoyé en Bolivie pour y apprendre l'Espagnol. Alors qu'il aurait dû y rester un an son séjour a été écourté par la typhoïde « Normalement on doit peler les fruits mais je pensais que je pouvais m'en dispenser car j'étais dans le pays depuis assez longtemps. C'est ma faute ».

Il est rentré plus tôt que prévu et a été temporairement envoyé à la « Dolores Mission », une paroisse latino située dans la partie orientale de Los Angeles, afin qu'il puisse pratiquer son Espagnol. Les trois mois d'obédience ont duré sept ans. Le père Smolich officiait comme curé adjoint et gérait le «Proyecto Pastoral», le fonds non-lucratif de développement communautaire de l'église. « J'y ai pris un plaisir extrême, mais je ne savais pas lire un bilan financier ».

Désireux de travailler dans le développement communautaire, il a demandé à son provincial de suivre une formation en gestion. Il est alors allé à l'Université de Stanford où il a réussi un MBA en 1996. Après sa nomination auprès d'une institution qui promeut l'accès au logement social, le père Smolich a été pressenti pour devenir directeur de la planification, de la formation et des vocations pour la Province Jésuite de Californie. De 1999 à 2005, il a été Provincial de la Province de Californie. Après quoi, il a été nommé Président de la Conférence Jésuite, un poste qu'il a occupé pendant huit ans.

Drôle d'histoire
En pensant à sa prochaine obédience, le père Smolich rit. En relisant sa vie de jésuite, il prend conscience qu'elle n'a rien à voir avec ce qu'il imaginait lorsqu'il est entré au noviciat de la Compagnie à l'âge de 19 ans.

«Dès le lycée je me suis senti attiré par la Compagnie de Jésus, et je pensais qu'après mon ordination je retournerais comme enseignant dans un lycée jésuite. Ça ne s'est pas passé comme ça, mais j'ai vécu des choses fantastiques.» (JRS)

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