Sosa Perou 2017 1cdfc© sjweb.info«Vincent Santuc et Antonio Ruiz de Montoya sont deux jésuites qui incarnent ce que nous appelons l’apostolat intellectuel, une des caractéristiques propres du mode de procéder de la Compagnie de Jésus» a rappelé le Père Général Arturo Sosa dans le discours qu’il a prononcé à l’Université Antonio Ruiz de Montoy (Lima), le 23 mars dernier. Il a rappelé à la Compagnie l'importance de fonder l'apostolat intellectuel «sur le vécu des personnes pour et avec lesquelles nous travaillons.» Arturo Sosa sj était au Pérou en mars pour participer à la rencontre de la conférence jésuite des provinciaux d'Amérique Latine (CPAL). L'occasion pour lui de visiter de nombreuses œuvres jésuites et communautés de la Province du Pérou.

«Ce que nous appelons apostolat intellectuel est central dans la mission de la Compagnie, aujourd’hui comme depuis ses origines. La complexité des problèmes du monde rend toujours plus urgente et centrale la réflexion intellectuelle, pour pouvoir rendre un service qualifié à l’humanité, à partir de la mission de l’Église. La Compagnie de Jésus, dès sa naissance, a associé l’apostolat intellectuel, la proximité des pauvres et la compréhension intellectuelle des processus humains. Aujourd’hui, elle confirme cette manière de procéder, qui conduit à approfondir l’engagement dans l’apostolat intellectuel.»
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«Le travail intellectuel est apostolat parce qu’il s’oriente clairement et explicitement vers la construction d’un monde plus proche des caractéristiques du Royaume de Dieu: la justice, la paix et l’amour, lien fondamental entre les êtres humains et avec Dieu.»

Lire le discours du Père Général dans son intégralité ci-dessous :

Discours à l’Université Antonio Ruiz de Montoya du Père Général Arturo Sosa sj
Lima, Pérou, le 23 mars 2017

«Je suis venu pour la première fois à Lima fin 1994, pour participer à une réunion préparatoire à la 34e Congrégation Générale. Le Père Ernesto Cavassa m’a alors guidé un peu partout dans la ville. Il m’accompagna lors de ma visite au P. Vincent Santuc, que je ne pouvais pas manquer de rencontrer. Je l’avais connu quelques années auparavant à Santiago du Chili, lors d’une réunion de l’Apostolat social latino-américain. Je faisais alors ma régence -cette étape de la formation jésuite avant les études de théologie- au Centre Gumilla de Barquisimeto, au Venezuela. Malgré la différence d’âge et de maturité spirituelle et intellectuelle, nous avons noué à cette époque une belle amitié. Cette rencontre avec l’ami, l’intellectuel, le jésuite engagé dans la mission de service de la foi et de promotion de la justice, me donna aussi l’occasion de connaître l’ébauche de l’Université Antonio Ruiz de Montoya, qui était alors une École de pédagogie, philosophie et lettres.

Vincent Santuc et Antonio Ruiz de Montoya sont deux jésuites qui incarnent ce que nous appelons dorénavant l’apostolat intellectuel, une des caractéristiques propres du mode de procéder de la Compagnie de Jésus.

Antonio Ruiz de Montoya déploya durant sa vie ces deux dimensions de manière impressionnante. Il faut un missionnaire infatigable au milieu des peuples indigènes avec lesquels il fonda treize réductions, en promouvant leur qualité de vie et en défendant cette vie de menaces croissantes émanant des bandeirantes portugais et des commerçants espagnols ou créoles, en quête d’esclaves et de richesses matérielles. Un apôtre mû par une curiosité intellectuelle insatiable, qui le poussait à aller au-delà des apparences, à comprendre à fond le territoire dans lequel il se déplaçait, sa flore et sa faune, reconnaissant la diversité culturelle et nouant des liens interculturels. Ruiz de Montoya se rendit chez l’autre en reconnaissant en lui un frère, ce qui explique qu’il apprit la langue et qu’il s’inséra dans la culture guarani. Il avait une curiosité intellectuelle insatiable, qui le conduisit à approfondir la connaissance de la nature, de la culture, des personnes et l’expérience de Dieu sur laquelle se fondait sa vie. Ses écrits abordent divers champs de la connaissance: géographie, biologie, ethnologie, grammaire et théologie mystique. C’est un énorme défi que relève cette université en adoptant le nom d’Antonio Ruiz de Montoya.

Trois siècles plus tard, Vincent Santuc a fait siennes les cultures latino-américaines auxquelles il a été envoyé. À partir de sa culture natale, il est allé à la rencontre d’autres réalités culturelles, dans diverses parties de l’Amérique latine. Il s’incultura autant parmi les paysans de Piura qu’avec les intellectuels de Lima ou de Paris. Originaire d’une famille de la campagne du sud-est de la France (Maylis), il a dû accomplir son service militaire durant la bataille d’Alger, une expérience qui l’incita à se confier pleinement à Dieu et qui fit grandir son désir de contribuer à l’humanisation de la société. Comme philosophe et homme de sciences sociales, Vincent Sanduc comprit que de profonds changements affectaient l’histoire de l’humanité. Mais il ne se limita pas à percevoir ces changements. Il s’efforça de leur donner sens, à partir des réalités humaines qui alimentaient sa pensée et de la foi qui animait son cœur. Sa pensée se nourrissait de sa proximité des personnes, les paysans de Piura, les habitants des quartiers urbains, les étudiants et les professeurs des universités et les frères jésuites du corps universel de la Compagnie. Il savait l’importance de l’action et de la pensée politiques, en lien à l’éthique, comme dimension de l’humanisation de l’histoire et sens de la vie humaine avec les autres.

Vincent Sanduc, fondateur et premier recteur de cette université, vécut de l’esprit qui anime cette institution. Il était conscient que le travail intellectuel ne commence ni ne s’achève à l’intérieur des murs ou des programmes de l’université. Vincent entame un travail universitaire après vingt ans consacrés à l’apostolat social, l’action et la promotion sociale au CUIPCA (centre d’investigation et de promotion de la paysannerie) de Piura. C’est là qu’il commença son travail intellectuel. Ses premiers écrits sont des brochures pour apprendre à lire et à écrire aux paysans pauvres de Piura. L’éducation populaire comme proposition théorique fera partie de ses écrits de ces années-là. Tout naturellement, il continuera à réfléchir au développement rural en relevant de nouveaux défis. Face à la dégradation de l’action politique, il réfléchit et il écrit sur le lien entre éthique et politique. Tout cela fera partie de ses cours et des publications à propos du langage, du sens, de la liberté possible. La condition humaine universelle, à partir de la situation concrète du Pérou et de l’Amérique latine, fut l’objet de sa réflexion et l’inspiration de son action.

En faisant mémoire de ces deux personnes, inspiratrices du sens de la tâche qui nous réunit cet après-midi à l’Université Antonio Ruiz de Montoya de Lima, permettez-moi quelques réflexions sur l’apostolat intellectuel comme dimension caractéristique de la mission de la Compagnie de Jésus.

Ce que nous appelons apostolat intellectuel est central dans la mission de la Compagnie, aujourd’hui comme depuis ses origines. La complexité des problèmes du monde rend toujours plus urgente et centrale la réflexion intellectuelle, pour pouvoir rendre un service qualifié à l’humanité, à partir de la mission de l’Église. La Compagnie de Jésus, dès sa naissance, a associé l’apostolat intellectuel, la proximité des pauvres et la compréhension intellectuelle des processus humains. Aujourd’hui, elle confirme cette manière de procéder, qui conduit à approfondir l’engagement dans l’apostolat intellectuel.

Le Saint Père François, lors de sa visite à la 36e Congrégation Générale, en octobre dernier, confirma la Compagnie dans cette dimension de son identité. Il nous invita à continuer à travailler à partir de la profondeur spirituelle, avec la profondeur intellectuelle et la vision des processus en œuvre dans les personnes et dans les relations de ces personnes entre elles et avec la nature. Il ne s’agit pas -nous dit-il- d’occuper des espaces, mais plutôt d’engendrer et d’accompagner des processus de croissance et de transformation, selon ce qui correspond à chaque circonstance, selon les personnes, les temps et les lieux, comme aimait à le dire Ignace de Loyola. Une vision profonde de ces processus complexes n’est pas possible sans analyse et réflexion. Le discernement qui conduit à choisir les actions à réaliser a besoin de cette profondeur intellectuelle.

Cette caractéristique de l’identité de la Compagnie de Jésus depuis sa fondation est fortement soulignée depuis la 34e Congrégation Générale. En décrivant les traits de ce qu’est un jésuite et la Compagnie de Jésus elle-même, la Congrégation a mis en évidence que l’apostolat intellectuel est une dimension de l’ensemble de la mission: elle doit faire partie de tout ce que nous faisons, comme le développa le Père Kolvenbach en diverses occasions1. La 34e CG réaffirma l’importance de la qualité intellectuelle de chaque travail promu par la Compagnie, qui contribue ainsi à faire découvrir le travail créateur de Dieu2. Les congrégations générales ultérieures insistèrent aussi fortement sur le travail intellectuel comme caractéristique de notre mode de procéder et de notre engagement pour une évangélisation intégrale.

Par conséquent, la dimension intellectuelle doit être présente en toute action apostolique entreprise par la Compagnie de Jésus comme corps, en chacune de ses œuvres apostoliques et dans l’activité personnelle de chaque jésuite. L’université est sans doute un espace privilégié pour déployer cette dimension. Nous savons que la profondeur intellectuelle ne surgit pas spontanément et qu’il ne suffit pas d’avoir le titre d’université pour atteindre cette dimension. Le travail intellectuel requiert un effort dans l’engagement. Il demande une sensibilité à la situation des personnes et des peuples. Il suppose de regarder au-delà de ses murs pour accompagner les processus complexes de l’histoire humaine.

Pour le jésuite et les institutions animées par la Compagnie de Jésus, il ne suffit pas d’atteindre la profondeur intellectuelle. Le vrai défi est qu’elle soit un apostolat, c’est-à-dire une manière d’annoncer plus effectivement la bonne nouvelle de l’Évangile, d’apprendre à saisir la présence de Dieu dans le monde et l’action de son Esprit dans l’histoire, pour se joindre à elle et contribuer à la libération humaine.

Le travail intellectuel est un apostolat :

a) Quand il se réalise dans le monde, c’est-à-dire quand il trouve sa signification en dehors de lui-même, en n’étant pas enfermé dans ses intérêts mais en trouvant son sens en fonction des personnes, des thèmes et des problèmes de l’humanité, et par conséquent aussi de l’Église.

L’apôtre écoute et répond, il contemple la situation du monde. Il suit le modèle de la méditation de l’incarnation dans les Exercices Spirituels de Saint Ignace: la Très Sainte Trinité écoute et ressent la situation du monde, de tant de personnes diverses, elle comprend de quoi il s’agit et elle prend la décision de se faire partie du monde pour ouvrir un chemin de libération.

b) Quand il a une orientation évangélique, parce qu’il souffre de ce qui arrive aux êtres humains et à la création. Le travail intellectuel est apostolat parce qu’il s’oriente clairement et explicitement vers la construction d’un monde plus proche des caractéristiques du Royaume de Dieu: la justice, la paix et l’amour, lien fondamental entre les êtres humains et avec Dieu.

c) Quand on est conscient de la nécessité de réaliser ce travail en collaboration avec d’autres. Quand on sait que la profondeur intellectuelle requiert l’écoute, le dialogue, le fait d’aller à la rencontre de l’autre. Le travail intellectuel est apostolat quand il se réalise au dehors, quand il ne s’enferme pas dans un cabinet, à l’abri de ses propres certitudes. Quand il est capable de dialoguer avec d’autres disciplines, de s’enrichir d’autres perspectives et de diverses visions du monde, de la science et de la culture. Il ne s’enferme pas dans sa propre vérité.

Il suit la dynamique de l’incarnation qui fait suite à la contemplation du monde. À Nazareth s’opère la rencontre entre la volonté libératrice de la Trinité et l’humanité. La foi de Marie rend possible la naissance de Jésus, qui grandit en famille avec Joseph, qui s’ouvre à la réalité de son peuple appauvri et colonisé, qui écoute la parole prophétique de Jean Baptiste et appelle ses disciples à collaborer à l’œuvre libératrice pour laquelle il a été envoyé.

d) Le travail intellectuel dans la Compagnie est apostolat quand il est vécu comme une mission reçue, comme un envoi. De ce fait, il se réalise comme service. Il ne cherche pas la reconnaissance ni la gloire auprès des personnes ou des institutions. C’est un effort intellectuel réalisé par des apôtres, c’est-à-dire par des personnes, jésuites ou autres, hommes ou femmes, qui le vivent comme une mission. La fréquente aridité de ce travail ou son éventuelle reconnaissance sont vécues comme une réponse généreuse à l’appel reçu à se mettre au service de la libération du monde.

Pour résumer, le travail intellectuel est un apostolat s’il maintient un lien vivant entre la réflexion profonde, la préoccupation pour la vie des personnes et la construction d’un monde plus humain et chrétien. Notre travail intellectuel est un apostolat s’il se fait avec profondeur, ouverture au monde et orientation vers la justice sociale et la réconciliation entre les personnes et avec la création, toujours en dialogue avec les croyants et les non croyants, en acceptant avec joie la richesse de la diversité culturelle. On se rend ainsi responsable de ce que l’on propose. On sait aussi ce que l’on doit à une communauté de personnes dans la société et à une communauté de chercheurs et de penseurs. On agit en regardant les personnes dans un espace bien concret, mais aussi en regardant le monde: ce travail est à la fois universel et local. De ce fait, il est interculturel: inculturé, en dialogue et universel.

De même que tout travail intellectuel n’est pas nécessairement un apostolat, il n’est pas non plus garanti qu’une université, par le simple fait d’être une université, réalise ce travail comme un apostolat qui réponde aux caractéristiques de la manière de procéder de la Compagnie.

Le discernement, la collaboration et le travail en réseau sont trois caractéristiques du mode de procéder de la Compagnie, soulignées par la 36e Congrégation Générale. A partir de ces trois éléments, l’Université Antonio Ruiz de Montoya et toutes les œuvres apostoliques de la Compagnie sont invitées à examiner leur propre mode de procéder. J’invite donc l’Université à discerner son apostolat intellectuel, ses thématiques et sa manière de le réaliser.

Une première question est de savoir si l’Université dispose d’espaces de discernement qui aident à orienter sa mission intellectuelle et si ceux-ci sont adéquats pour une telle tâche. Ensuite, il est important de se demander, comme point de départ de ce discernement, où se trouve Dieu dans la situation actuelle du Pérou, de l’Amérique latine et du monde, où nous rencontrons des signes de sa présence et de sa manière d’agir.

Pour vérifier que nous faisons un effort intellectuel en collaboration avec d’autres, il est nécessaire tout d’abord d’examiner le degré réel de collaboration existant à l’intérieur de la communauté universitaire Ruiz de Montoya. Examiner si une mission et une vision partagée nous unit et nous conduit à réaliser cette mission, chacun à partir de sa position. Examiner si nous nous sentons partie d’une mission plus grande, la mission de la Compagnie de Jésus au Pérou, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Se demander si la recherche, l’enseignement et les programmes d’échange avec la société de l’Université se nourrissent de la réflexion conjointe avec d’autres groupes apostoliques insérés dans les zones populaires, le monde indigène, la zone amazonienne ou ceux qui gèrent tous les jours les problèmes d’éducation. Il convient de se demander si l’Université se sent collaboratrice de l’effort des personnes, des institutions, des mouvements et des groupes de divers types qui luttent pour la justice, la réconciliation et la paix en Amérique latine et dans le monde.

La collaboration débouche facilement sur la nécessité d’augmenter le travail en réseaux. Examiner jusqu’où l’Université Ruiz de Montoya se sent partie du réseau des universités confiées à la Compagnie de Jésus en Amérique latine et dans quelle mesure elle contribue à ce réseau et à d’autres réseaux universitaires du Pérou ou du continent. Se demander si le contact avec d’autres œuvres apostoliques ou la collaboration avec des personnes et des groupes peut mieux s’organiser à travers des réseaux qui rendent plus effective la collaboration et aident à configurer, à fortifier et à orienter le travail intellectuel de l’Université.

Tout cela a en outre des spécificités selon chaque région du monde. En Amérique latine, il y a une tradition particulière de réaliser le travail apostolique comme «apostolat» et en «collaboration», qui peut apporter quelque chose à l’ensemble de la Compagnie, tout comme la Compagnie en Amérique latine peut incorporer et développer des éléments du mode de réaliser cette mission sous d’autres latitudes.

À l’origine de l’Université Antonio Ruiz de Montoya, il y a une manière de réaliser l’apostolat intellectuel de la Compagnie de Jésus en Amérique latine qui se caractérise par le fait de se développer :

a) En répondant à des problèmes concrets et des situations concrètes. Fréquemment, nous sommes parvenus à énoncer des questions théoriques et plus universelles à partir de l’urgence de résoudre les problèmes concrets des personnes et des communautés, à partir du souci de construire des conditions de vie meilleures pour elles, de l’urgence de réconcilier, de défendre, d’accompagner avec justice les personnes et les communautés.

b) En étant engagés personnellement. L’apostolat intellectuel nous a engagés comme missionnaires. Les apports théoriques venant de la théologie, de la sociologie ou même d’autres disciplines -comme la linguistique et l’art- dans la tradition jésuite latino-américaine ont engagé non seulement la réflexion mais aussi la vie et même la sécurité de nos missionnaires. Nous avons des martyrs de l’apostolat intellectuel latino-américain, pour lesquels nous rendons grâce à Dieu et à ceux qui se sont engagés sur ce chemin difficile.

c) Avec d’autres et intersectoriellement. Notre tradition est une tradition de groupes de travail, qui vont des groupes de réflexion biblique aux équipes de réflexion sociale ou de travail d’innovation éducative populaire, universitaire et sociale. Une caractéristique de l’apostolat intellectuel latino-américain est qu’il s’est développé de manière créatrice dans des espaces institutionnels divers -universitaires, centres sociaux ou de spiritualité, institutions éducatives, paroisses, mission indigènes.

Telle est la réflexion intellectuelle qui se fait apostolat et que la Compagnie désire poursuivre et promouvoir. Une réflexion intellectuelle qui, en cherchant à répondre à des situations concrètes de la vie des personnes, approfondit les problèmes et collabore à la recherche de solutions.

Une réflexion intellectuelle qui se nourrit de l’amitié sincère des personnes avec lesquelles elle partage la situation et la recherche de transformation. Un travail intellectuel qui se réalise en participant et en partageant la vie de la communauté. Qui n’est pas un travail d’individus isolés, mais de personnes en dialogue, de communautés, d’équipes, d’institutions qui pensent ensemble, qui cherchent à formuler des propositions et des compréhensions communes sur des thèmes et des problèmes qui affectent la communauté.

Un apostolat intellectuel qui nous fait sortir de nos édifices et de nos sécurités institutionnelles, qui est engagé pour la justice, la réconciliation, la démocratie et le développement durable de nos peuples comme chemin vers une paix durable. Une réflexion qui nous conduit à prendre position face à des situations qui sont inacceptables, rationnellement et évangéliquement, au risque de souffrir la persécution et la mort, conscients de ce que la réflexion se fortifie et la mission se confirme dans les difficultés.

Merci de tout cœur pour cette occasion de partager ces idées et surtout le désir et la volonté de cheminer ensemble dans la tâche passionnante de contribuer avec tant d’êtres humains à faire réalité ce qui nous paraît aujourd’hui impossible.

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1 Par exemple: The Intellectual Dimension of Jesuit Ministries, Krakow, Poland, 2002.
2 CG 34 D. 16

 

La voix de Nicolàs

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