Kassem 1 1d7ffLe conflit lui a enlevé une grande partie de son enfance – mais pas de préoccupations pour Kassem. Il est prêt à affronter bravement le défi d’un nouveau monde. (©Kristóf Hölvényi/Le Service Jésuite des Réfugiés) Ce 15 mars 2017 marque le sixième anniversaire du début du conflit syrien. «Contrairement à ce que semblent indiquer les impressions superficielles sollicitées par certaines nouvelles, la Syrie continue à souffrir». Tel est le message clef que le Jesuit Refugee Service (JRS) a voulu lancer par le biais de la diffusion d’un dossier contenant notamment de nombreuses données relatives à la situation sur le terrain recueillies en prise directe.
Au cours des prochaines semaines, le JRS racontera les histoires de Majeda, Kassem et d'autres Syriens "leurs histoires de lumière triomphant sur l'obscurité, leurs témoignages de persévérance menant à l'espoir."

Dans l’après-midi du 14 mars -peut-on lire dans le rapport rédigé par le Père Cedric Prakash sj- «une bombe a fait un mort et plusieurs blessés dans la ville de Homs. Le 12 mars, un double attentat dans les environs d’un sanctuaire chiite populaire de Damas a tué plus de 50 personnes alors qu’un plus grand nombre encore a été blessé. Depuis décembre, les zones orientales d’Alep ont été évacuées mais les bombardements se poursuivent».

Ce 15 mars -peut-on lire dans le document parvenu à l’Agence Fides, «on estime que 13,5 millions de syriens ont besoin d’assistance humanitaire, sachant que la moitié de ce nombre est composé d’enfants. Les enfants ont perdu leur enfance. Près de 3 millions d’enfants syriens de moins de 5 ans ont grandi sans connaître d’autre réalité que celle de la guerre. Plus de 6,3 millions de personnes ont été évacuées. Quelques 4,9 millions de personnes -en majorité des femmes et des enfants- ont fui dans les pays du Proche-Orient, dont le Liban, la Turquie, la Jordanie, l’Egypte et l’Irak. Cela a mis sous pression les communautés d’accueil, avec des répercussions importantes d’ordre social, économique et politique. Des centaines de milliers de personnes ont fait des voyages dangereux par voie de mer à la recherche d’un refuge et personne ne sait combien sont morts en mer».

Les grandes puissances et le vaste réseau d’intérêts constitués à commencer par ceux du complexe militaro-industriel – peut-on lire dans le document du JRS -«continuent à dévaster les vies et les destins des syriens. Des colloques de paix ont bien lieu entre «gros poissons» mais peu nombreux sont ceux qui se fient de leurs éventuels résultats.

A Damas et à Homs, le JRS gère en particulier des centres de formation, des programmes de protection s’adressant aux enfants et s’apprête à lancer une nouvelle initiative centrée sur la collecte de récits relatifs à des expériences significatives de résilience vécues par les syriens dans des situations extrêmes de conflit. (Fides/réd.)


Kassem6 jrs 18e25Kassem espère qu’un jour il deviendra enseignant des arts. Il est habile au billard et passe une bonne partie de son temps libre à jouer au billard avec ses amis. (©Kristóf Hölvényi/Service jésuite des réfugiés) Baalbek, 15 mars 2017 – C’est une tragédie, qui restera pour toujours gravée dans sa mémoire. Il la raconte comme si c’était arrivé hier. Il rappelle la date exacte de ce qui est arrivé au mois d’août 2013. Kassem avait huit ans (maintenant il a environ 12 ans); comme tout enfant en Syrie il aime les jeux et s’amuser, oubliant le conflit qui a marqué les vies de sa famille et de leurs voisins.

En cette journée fatidique, une bombe est tombée sur la maison de leur voisin dans son village de Al-Ghouta (Deir Al Asafir). Toute sa famille a couru hors de la maison pour voir ce qui était arrivé et pour leur propre sécurité. Sa mère, qui était alors enceinte de six mois, est rentrée dans la maison pour éteindre le gaz. Kassem ne se rappelle pas ce qui est arrivé après. On lui a dit ensuite qu’une autre bombe est tombée sur eux – tuant en quelques secondes son père, ses deux sœurs et son frère ; sa mère enceinte et lui-même ont été les seuls survivants. La bombe a emporté sa jambe droite.

Avec quelques membres de sa famille et des amis, ils ont dû laisser toute chose derrière eux et s’enfuir à Jaramana (dans le Damas rural). Quelque temps après, avec grandes difficultés, sa mère a réussi à entrer au Liban avec Kassem. Là elle a accouché d’un garçon qu’ils ont appelé Hammud. Aujourd’hui, Baalbek, dans la vallée Bekaa, est leur foyer. Sa mère a eu la chance de trouver un travail dans un magasin de meubles pour aider à nouer les deux bouts

Pour Kassem, d’une certaine manière, la vie fait son cercle complet. Il s’épanouit dans le Noor-2 Educational Centre du JRS à Baalbek. Le Centre est un lieu où il trouve acceptation et appartenance et, surtout, la possibilité de faire quelque chose de positif dans sa vie. « Oh oui, » dit-il, « quelques-uns de mes amis se moquent de moi et m’appellent « sans jambe ». Il dit cela avec peine car il n’aime certainement pas être taquiné. Toutefois, avec une confiance en soi qui le caractérise, Kassem dit : « Je sais faire tout ce qu’ils font et quelquefois bien plus ! » Pour me le prouver, il dévale un étage d’escaliers au Centre, ce qui pourrait embarrasser un enfant robuste de son âge.

Kassem a des rêves. Il aime beaucoup les arts et l’anglais. Son professeur préféré est son professeur d’arts. Il espère qu’un jour il deviendra enseignant des arts lui aussi. Il est habile au billard et passe une bonne partie de son temps libre à jouer au billard avec ses amis.

C’est vrai, le conflit lui a enlevé une grande partie de son enfance – mais pas de préoccupations pour Kassem. Il est prêt à affronter bravement le défi d’un nouveau monde.

 Kristóf Hölvényi

Mission Jésuite

Fondation jésuites international

jesuitenwelweit 66228

La Fondation jésuites international suisse dans la monde - jesuitenmission weltweit en allemand - est l'œuvre d'entraide suisse des jésuites pour l'action sociale et pastorale en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
www.jesuiten-weltweit.ch

Mercy in Motion

MerciMotion2 7a497

MercyMotion logo 4f7d5Mercy in Motion est la Campagne internationale du Service jésuites des réfugilés (JRS) qui vise à donner l'accès à l'éducation à queqlue 100 000 enfants réfugiés. Elle vise ainsi à récolter des dons pour financer des écoles dans les camps.
www.mercy-in-motion.org

Réseau de bénévoles

S'immerger dans une autre culture

jesuitvolunteers 8fdd6

Le service volontaire international des jésuites s'adresse particulièrement aux jeunes. Il leur propose de s'immerger dans un autre continent, dans une culture étrangère, en participant à un projet social des Jésuites, visant à défendre la justice dans un monde globalisé, en plus de grandir spirituellement par la foi.
www.jesuit-volunteers.org

JRS Suisse

Avec les réfugiés en Suisse

JRSSuisse 7fd47

Le Service jésuite des réfugiés de Suisse – (JRS) est une ONG d'aide d'urgence aux réfugiés. Sa mission touche divers domaines : éducation, formation, services d'emploi pour les personnes en fuite et les requérants d'asile. Cette organisation vise également à sensibiliser la population et lui faire prendre conscience des problèmes des réfugiés.
http://jrs-schweiz.ch

JRS international

Avec les réfugiés dans le monde

jrsnet 28ddc

Le Service jésuite des réfugiés (JRS) est une ONG d'aide d'urgence aux réfugiés dans les régions du monde en conflits. Sur la base des besoins des réfugiés et des possibilités de l'organisation, le JRS fournit une large gamme de services à environ 950.000 réfugiés et autres personnes déplacées de force. Ces services sont fournis aux réfugiés et personnes déplacées indépendamment de leur race, origine ethnique ou croyances religieuses.
http://jrs-schweiz.ch